Le Kalanoro de Madagascar

Statue de kalanoro, Vakona forest lodge

Le cas de la créature nommée Kalanoro de Madagascar est assez singulier. Son nom est bien connu parmi les amateurs d’énigmes animales, en tant que primate bipède, et un tantinet agressif. Mais sur ce terrain, le dossier est assez mince. Peu de témoignages, pas d’empreinte, pas de photo floue. Peu d’articles pertinents, hormis celui-ci.

  Le Kalanoro se déploie tout simplement ailleurs. Il  est en fait un digne représentant du petit peuple sur cette île, un «  lutin malgache » dont le rôle dans la médecine et la religion traditionnelle, est absolument central, aujourd’hui encore. Le Kalanoro est bien vivant, dans son contexte culturel il représente l’équivalent local du lutin de nos contes de fées d’antan. Le dossier du Kalanoro, sur ce terrain est très épais.

texte : « Les kalanoros : Je suis un kalanoro, nous sommes de petits lutins des bois der l ‘Est de Madagascar. Nous ne sommes pas méchants, nous mangeons les fruits que la forêt nous donne, mais notre plat préféré sont les écrevisses. Il arrive malheureusement que nous nous coincions les doigts sous les pierres, nous sommes alors visibles, soyez gentils, n’ayez pas peur delibrez nous et alors nous aurons le privilège d’exaucer un de vos voeux. Mais chut, ne dites à personne que l ‘on s’est rencontré. »

L’île de Madagascar est située dans l’océan Indien, près de la côte est de l’Afrique et l’île est la quatrième plus grande du monde.

L’île s’est détachée de la péninsule indienne il y a environ 88 millions d’années et, par la suite, la flore et la faune de l’île ont évolué de manière complètement isolée. En raison de cette histoire géologique unique, l’île abrite une abondance d’espèces et d’écosystèmes uniques qui ne peuvent être observés nulle part ailleurs sur Terre.

La plupart des Malgaches, vit dans les hautes terres et autour d’Antananarivo, la capitale. Malgré l’accroissement de la population une grande partie de l’intérieur de l’île est dépourvue d’activités et de contacts humains. Il s’agit d’une forêt pluviale immense qui est restée intacte pendant de nombreux siècles.

La population de Madagascar est composée de 18 groupes ethniques, et peut être classée comme l’aboutissement d’un métissage poussé entre les premiers occupants Austronésiens et Africains, et dans une certaine mesure avec des Arabes. Génétiquement parlant, le métissage est très vigoureux, sauf parmi les populations des Hautes Terres, où l’endogamie a préservé le phénotype indonésien. Bien que statistiquement 50% des Malgaches soient chrétiens, une partie des gens vit encore selon les anciennes traditions, et la croyance religieuse aux « esprits ».

Localisation approximative des habitats des 18 différents groupes ethniques malgaches.

A Madagascar, les personnes adeptes du culte ancestral reconnaissent l’existence d’une divinité supérieure, créatrice du monde, appelée Zañahary. Ce dieu est considéré comme trop lointain, ainsi les demandes sont adressées aux esprits plus proches que sont les ancêtres, mais attention pas n’importe lesquels. Il s’agita d’abord des esprits royaux et princiers, (car il y avait à Madagascar   des rois et des reines depuis le 16ème siècle, jusqu’à la colonisation en 1897) ainsi que ceux de certains notables qui ont joué un rôle plus ou moins important à leur époque et se voient ensuite attribuer le titre de saints. Selon cette croyance lorsque les peuples autochtones meurent, leurs esprits résident dans de nombreux endroits, que ce soit sur le sol, sur la pierre ou dans le tronc. Ainsi, les indigènes du passé protègent encore la patrie et bénissent leurs descendants.

Les vazimba désignent une catégorie d’esprits intermédiaires devenus des divinités, bienfaiteurs ou malveillants selon les représentations populaires. Vazimba signifie « ceux de la forêt » en proto-Barito du Sud-Est, une ancienne langue austronésienne qui regroupe le malgache et des langues parlée par des peuples Dayaks du bord du fleuve Barito à Bornéo.

 Les croyances populaires définissent les vazimba comme étant des personnages secrets ayant vécu dans les Hauts plateaux à une époque très lointaine. Ils suscitaient chez les Malgaches aussi bien de la crainte que du respect. Le vazimba est décrit comme de petite taille, à la peau cuivrée, au visage allongé, aux lèvres larges et pendantes cachant de très longues dents, auxquels s’ajoute un front comprimé. Le tout réuni lui donne un aspect très laid et répugnant jusqu’à inspirer une peur viscérale.

Waka-« grand canoë à balancier » austronésien (qui a donné en malgache le mot vahoaka-le « peuple »), les premiers Ntaolo austronésiens ont probablement utilisés de semblables pour parvenir jusqu’à Madagascar en partant de l’Indonésie.

Les Merina, habitants de la région autour de Tananarive, sur les Hautes Terres centrales, les craignent : les lieux susceptibles d’en abriter sont respectés par l’observance de certains rites comme l’invocation, ou la remise d’offrande. Ainsi, actuellement, les endroits dits « où il y a un vazimba » sont sacrés : les rivières, les lacs, les bois, les tumulus, les grottes, des régions entières, etc. Ces places sont réputés interdit de porc, mort ou vivant, d’oignon, d’alcool, et de gros mots et il est interdit d’avoir un acte sexuel complet Ces petits hommes vazimba évitaient, paraît-il, tout objet ayant contact avec le sel. On affirme que leur niveau de culture était assez limité. Ils étaient, semble-t-il, loin de maîtriser la métallurgie et auraient fabriqué des armes avec de l’argile et des roseaux.

Leur disparition, l’absence de documents et de tradition orale assez fiable à leur sujet ainsi que l’imagination humaine a fait de ce  peuple  de véritables divinités anonymes.

Statuette génie Mahafaly – Vazimba 1960/70

Pourtant il est établi que les vazimbas ont réellement existé,  ils sont les premiers habitants de l’Imerina, l’intérieur de l’île de Madagascar.  Les vazimba ont donné leur nom à une période de l’histoire malgache qui prend fin au début du XVIe siècle. Ils sont en réalité probablement les descendants des premiers pionniers austronésiens ayant débarqués à Madagascar au début de notre ère aux environ de l’an 1.  L’état actuel des recherches scientifiques confirment à ce jour une présence humaine à Madagascar au moins cinq siècles avant J.-C. Les conflits territoriaux entre les vazimbas et les hova, arrivés ultérieurement dans l’île, aboutirent à la domination relative des territoires par les hova, caractérisés par leur ingéniosité et leur organisation. Les vazimbas se sont probablement fondus dans la population et il est devenu impossible de déterminer leurs traits originels en dehors des récits légendaires. Classiquement, les vazimbas, chasseurs cueilleurs vivant dans les forêts, étaient considérés comme des hommes sauvages par les habitants des plaines côtières, éleveurs et cultivateurs.

Les femmes vazimba, eu égard à leurs longs cheveux, sont souvent confondues avec les nains magiques-Kalanoro et les sirènes-Zazavavindrano. Vazimbas et Kalanoro sont souvent associés mais malgré leurs points communs, ils sont en théorie bien distincts : les vazimbas sont des esprits civilisés, humains, et donc considérés comme  » positifs », les Kalanoro sont des esprits sauvages, qu’il faut apprivoiser, vus à priori comme  » négatifs ».

Dans Les Angano, les contes et légendes malgaches, on trouve de nombreuses créatures fantastiques formant les esprits de la nature /Manankasina. Par exemple, les bibiolona qui équivaux aux centaures, les esprits des eaux ou lolon‑drano, (lac, rivière, ruisseau, cascade…), dont les zazavavindrano, « filles‑des‑eaux » (ondines), et les andriambavirano, ou encore les lolo vokatra/morts vivants ou zombies. Mais le plus important est le Kalanoro.

Le mot Kalanoro repose sur le sanskrit kala, « noir, bleu-noir », et l’arabe nūr, « lumière » littéralement, Kalanoro serait la noire‑lumineuse ».  Mais  ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

Il semble que le mot kala ait subi un glissement sémantique important en Imerina. En effet, actuellement, personne ne le met en rapport avec une couleur ; kala, mot quotidien en Imerina, signifie désormais fille, par opposition à koto, sobriquet pour un garçon. Etymologiquement, Kalanoro c’est « la fille qui s’appelle Noro » et Noro qui se lit comme Nour est peut-être lié à ce prénom arabe masculin qui veut dire « lumière.

Statuette de kalanoro, on peut remarquer les pieds « à l’envers » et une allure relativement androgyne.

Le Kalanoro est une créature de la forêt. Jamais on ne la voit, mais tout le monde en parle.

Les récits concernant les Kalanoro rapportent généralement qu’ils sont des êtres discrets, voire invidsibles, qui vivent en forêt, sous les rochers, à proximité de l’eau ou dans des lieux isolés. Le Kalanoro est un humanoïde, de très petite taille, particulièrement petit, ne mesurant même pas un mètre. Malgré sa petite taille, ils est exceptionnellement fort, son corps recouvert par la chevelure et velu, leur pilosité leur confère de grandes capacités magiques, les mâles ont une grande barbe. Leurs mains sont courbées, tous ont aux pieds et aux mains des ongles crochus avec lesquels ils se défendent, griffant grièvement ceux qui veulent les prendre Il n’y aurait que trois orteils sur leurs pieds, pointés vers l’arrière. D’après l’histoire, les pieds d’un Kalanoro sont à l’envers, pour leur permettre de semer ses poursuivants. En effet, ces petites créatures sont souvent pourchassées, car elles procurent la richesse à leur propriétaire.

En général, et même si les descriptions varient selon les régions, on les décrit avec des yeux rouges sinistres, parfois avec une bosse dans le dos. A la fois, considéré comme un esprit bienfaiteur et un esprit malin, le Kalanoro aurait une voix de vieillarde au nez pincé.  

Les Kalanoro,  contractent des mariages entre eux et ont des enfants. Selon certains, ils se nourrissent de lait, pour d’autres, de miel, de crabes crus ou d’animaux et d’insectes. Leurs rapports avec les humains dépendent de leur volonté et de leur amitié ils peuvent ainsi se rendre visibles quand ils veulent offrir leur affection à un humain. Les écrits rapportent surtout qu’ils sont de « savants médecins », qu’ils « savent la vertu de toutes sortes d’herbes, d’arbres, de pierres, et toutes choses propres à la guérison des maladies, savent les choses futures, et en avertissent les hommes et femmes qu’ils affectionnent, connaissent où il y a des mines d’or, de fer, d’acier et autres minéraux. Ils sont également définis comme des « puissants êtres invisibles » mais peuvent apparaître en rêve comme de petits hommes aux cheveux touffus.

Haut : Représentation de kalanoro par l’artiste malgache de renom Jean-Nirina Razafindralambo. Bas : Représentation de Distin Betora, membre de la communauté locale. 

 Ils enseignent là où il y a du miel à leurs amis, et même leur en amassent pour leur donner. Les Kalanoro sont capables de donner la vie à ceux qui demandent un enfant . « parfois visibles sous la forme de petits êtres noirs » ; ils sont considérés comme les maîtres du sel, de l’eau, du miel et des plantes ainsi que de certains animaux (crocodiles, serpents, anguilles) .

Le terme d‘ Angalampona, d‘origine betsimisaraka, désigne les Kalanoro des autres régions de l’île éloignées des hautes terres centrales. Ce sont des gnomes de Ia forêt, d’aspect humain, noirs, velus, à la voix faible, tous semblables d’aspect. Ils vivent deux par deux, se nourrissent de crabes, d’écrevisses et se reposent sur des cocons de soie. Leur cri : kou kou, houlou, rappelle celui du torotoroka, la chouette malgache (Otus madagascariensis). Quand on imite son cri, Angalampona se venge en jetant des pierres sur le toit, en ébranlant la case, et surtout en éteignant le foyer dont il disperse les tisons. Il s’introduit la nuit clans les cases isolées pour se chauffer à la flamme du foyer et pour marauder des bribes de nourriture, mais jamais du porc ou du sanglier. La force des Angalanipona serait, dit-on, considérable, et bien qu’ils ne soient pas méchants, leur rencontre serait de mauvais augure.

Comme ces créatures mythiques sont connues pour ne sortir que la nuit, certains  disent que ces Kalanoro profitent de l’obscurité pour s’introduire dans les cases des villageois. Ils se servent en nourriture puis repartent dans la forêt. Il faut toujours les laisser s’en aller sous peine de subir un supplice. La croyance malgache leur attribue la disparition d’enfants qu’ils emportent dans leur tanière et obligent à manger. Si l’enfant mange ce qu’ils leur offrent, les Kalanoro le gardent avec eux et considèrent l’enfant comme étant l’un des leurs. Pour récupérer les enfants, les parents doivent faire certaines choses ou les offrir aux esprits de la forêt, par exemple du riz ou du rhum. ( article)

Cette offrande est alors apportée aux Kalanoro par l’intermédiaire d’un médium, nommé à Madagascar Mpitaiza. Le médium peut être un homme ou une femme, dans lequel l’esprit des Kalanoro s’introduit pour prendre le contrôle. D’une voix aiguë et enfantine, le médium parle alors comme les Kalanoro et transmet leurs exigences. Si les parents ont accédé aux souhaits des Kalanoro, ils récupèrent leurs enfants, généralement dans une grotte. Plusieurs de ces incidents se seraient produits dans la grotte d’Andoboara, dans le parc national d’Ankarana. Le professeur Joe Hobbs du département de géographie de l’université du Missouri-Columbia, les a étudiés alors qu’il était avec les tribus locales dans la réserve spéciale d’Ankarana, à Madagascar. Le 15 mai 2000, Hobbs a décrit la façon dont les habitants du village d’Ambalakedi considèrent la grotte d’Andoboara comme « sacrée parce qu’à trois reprises, la dernière fois il y a seulement deux ans, des parents accablés de chagrin dont les enfants s’étaient égarés dans la forêt les ont récupérés vivants ici » après que de la nourriture ait été laissée aux Kalanoro en échange du retour de leurs enfants.

 Certains membres de l’éthnie Betsileo croient que les Kalanoro volent les nourrissons et les remplacent par leurs semblables, ou jettent des malédictions sur les enfants pour arrêter leur croissance. En conséquence, les personnes de petite taille sont souvent appelées « enfants des Kalanoro ».

Si on arrive à en attraper un, le Kalanoro est un génie malin, un croisement entre le génie de la lampe et un gremlin. Il exauce tous les vœux de son propriétaire ou bien il lui ramène de l’or, des pierres précieuses ou du mercure. En revanche, il ne doit jamais être vu par une autre personne que son propriétaire. Il dictera aussi les autres fady (interdits) à son propriétaire ainsi que ses désidératas qui, dit-on, iraient du miel jusqu’au sacrifice humain. Aujourd’hui, dès qu’un malgache réussit, très vite, la rumeur va dire qu’il élève un Kalanoro chez lui. Sur ce fil de discussion, une jeune femme soupçonne son père d’une relation avec une créature kalanoro car il a pris l’habitude de se rendre souvent dans la forêt avec des provisions.

Selon les croyances des ethnies Betsimisaraka , Sakalava et Bara, les Kalanoro seraient des êtres primitifs semblables aux légendaires vazimba. Les Tanala les appellent Fahasivy et supposent qu’ils vivent cachés au plus profond de la forêt, à l’abri des regards indiscrets de l’homme. Mais selon les Antankarana et les Tsimihety, ils vivent dans des grottes  disséminées dans toute l’île. Exemple de témoignage récent par un producteur de café en forêt de Tanala :
Habitant dans un endroit isolé, il a été réveillé une nuit par l’aboiement de ses chiens et au moment où il parvenait devant sa véranda, il aperçut des ombres d’hommes de petites tailles s’enfuirent de chez lui…il en conclut que c’étaient des malgaches habitant des grottes en forêt de Tanala qui n’avaient aucun contact avec la population locale vivant en autarcie mais qui étaient venus ce soir chez lui, affamés, à la recherche de nourritures facile. il assure que de telles communautés vivaient encore dans ces grottes isolées de cette forêt….

Vue d’artiste d’un village de vazimba du XVIe siècle dans les hautes terres de Madagascar (1978)

D’après les traditions orales de Madagascar, les Kalanoro sont donc liés aux devins malgaches, communément appelé Mpitaiza dans le dialecte local. Lorsque les Kalanoro œuvrent avec les Mpitaiza, ces derniers en retirent des pouvoirs de guérison. Les guérisseurs tromba, ceux qui pratiquent la possession par les esprits, s’associent avec des Kalanoro, qu’eux seuls peuvent voir et qui connaissent les plantes qui soignent et peuvent faire des diagnostics. Cette association avec un et ou une kalanoro est pour le client du Mpitaiza guérisseur, une garantie d’efficacité. Davantage d’une union, et la dimension sentimentale voire charnelle de cette relation de couple entre le guérisseur et la créature joue un rôle en arrière-plan, comme on peut le voir à travers le conte Le jeune guérisseur et la sainte kalanoro.

Les guérisseurs-kalanoros sont les plus rares et les plus chers des médiums malgaches et ils ne sont sollicités qu’en dernier recours, lorsque tout a échoué, ou lorsque le problème survient d’une offense faites à une esprit de la nature ou bien qu’un tabou traditionnel ( fady) a été enfreint. L’association avec le kalanoro est donc non seulement revendiquée, mais en plus le guérisseur peut organiser une rencontre physique entre le client et le kalanoro qui va le guérir. ( plus ici)

Mais le client n’est pas autorisé à voir un Kalanoro lorsqu’il possède un médium. Au lieu de cela, pendant la consultation, le médium est assis derrière un rideau blanc dans une pièce obscure, ou une grotte. Selon certains témoignages, lorsque le Kalanoro arrive, on l’entend marcher et frapper au plafond et aux murs de la maison, sa parole est rapide, saccadée et aigue, de sorte qu’il est difficile à comprendre. Il est tabou d’avoir un chien présent pendant une séance avec un Kalanoro, car les chiens peuvent les voir.

Grotte sacrée de Antakarana

Grotte sacrée de Ambatomazava

Dans ce témoignage, un homme consulte un guérisseur tromba pour guérir une petite vérole. Pour faciliter à l’esprit son apparition, on fit dans la case une séparation avec un tissu et on attendit en « servani » (chants, invocations). Enfin on entendit du bruit sur le toit, l’esprit descendit. On lui donna à manger, à boire, on entendit sa voix étrange ; il indiqua, d’une manière bourrue, des remèdes à chercher dans la forêt (plantes et racines), il se plaignit qu’on l’eût dérangé pour si peu et disparut.

Il est aisé de considérer ces consultations auprès d’un kalanoro comme des affabulations. Dans une mise en scène qui peut rapprocher à celle de l ‘Oracle de Delphes, combien de fois, des escrocs ont-ils abusé de pauvres gens en se cachant derrière un lambahoany (tissu) et en dictant des idioties et des demandes de paiement d’argent en se pinçant le nez ? ( comme sur cette vidéo ?)

Pour conclure, on ne peut qu’être étonné de la place énorme donnée au kalanoro dans la culture populaire malgache aujourd’hui encore. Pour certains, le kalanoro désigne une tribu cachée, issue des mythiques vazimbas des origines. Un hominidé, une espèce humaine proche de l’ homme de Florès, qui aurait peuplé la région du Betsileo avant l’arrivé des sapiens sapiens qui vivrait dans l’ombre des forêts des grottes. Pour d’autres c’est un nain magique, un lutin traditionnel local aux pouvoirs de guérison télépathiques.

Pour d’autres encore, le kalanoro serait tout simplement un espèce animale locale. Car Madagascar, c’est un fait que nous n’ allions pas éluder, abrite également une espèce de primate unique : le lémurien. Ces animaux arboricoles et nocturnes sont petits et sont souvent entendus plutôt que vus. Les lémuriens ont été découverts pour la première fois au 17e siècle. Or, ce n’est que dans les années 1950 et 1960 que les primates ont été étudiés. De plus, depuis lors, près de 100 espèces ont été découvertes, dont certaines dans les années 1990.

Bien qu’ils ressemblent plus à des ratons laveurs qu’à des primates, ils ont des ongles au lieu de griffes, ils peuvent marcher sur deux pattes à la fois et utiliser des outils. Cependant, contrairement à la plupart des primates, certaines espèces ont de grands yeux et des nez humides. Et certaines espèces, qui ont vécu jusqu’à il y a – 2000 ans, étaient parfois aussi volumineux que des gorilles . Enfin, certains croient que Kalanoro est un lémurien nocturne proche de l’Aye Aye (photo) ou l’Aye Aye lui-même dont la morphologie est tellement horripilante qu’il doit faire très peur la nuit.

Le Aye-aye (Daubentonia madagascariensis), minuscule, aussi mignon qu’effrayant,

FIN

..

4 commentaires

  1. Scientists believe the kalanoro is a folk memory of the sloth lemur: lemurs were believed to be stupid creatures but recently have been shown to be advanced memory and thus learning abilities. I would suppose perhaps we can assume lemur intellect is that of the Old and New World monkeys (but below that of baboons and relatives and the capuchins), and it is possible kalanoros imitate human speech. Given teh shamanistic tradition it is possible the Malagasy peoples never realized the kalanoro became extinct, but it has to be said Queen Ranavalona of the Malagasy Kingdom threw her enemies (including her new husbands), into a canyon of jagged rocks home to the kalanoro, this canyon never being explored. Since the sloth lemur became extinct in the 15th century, despite humans arriving in 600 BCE and presumably earlier (i.e. first the Negritoes, followed by Pygmy relatives related to the Hadza – possibly related to the Vendaoids?), and no doubt Madagascar always been known to fishermen and traders since it was just off the coast. The other creatures described to not appear to be Kalanoro, but seem to be folk memories of these peoples, and they possibly still exist as the lower strata of Malagasy society but were not investigated by the French Republic.

    The intermediate spirits remind one of demigods such as nymphs (which were worshipped but were not immortal), and many peoples were supposed to be descended from the gods (Adam is called God’s son). Indeed, the elves of Germanic mythology appear to have been spirits of whitewater (since the Norse »alfr » refers to « whitewater » and appears to be related to the Norse « baldr » and the Anglic « pale »), despite seemingly being a folk memory of pre-Germanic people who lived to the east of Mannheim (meaning they were proto-Laplandic people who split off from the Dene-Caucasians after both split off from the Nostratics, hence the vague claim the elves lived in the east). This could mean these Malagasy « spirits » actually existed albeit not being Austronesian (since all Malagasy are Austronesian) but presumably Pygmies (indeed the Pygmies of central Africa are supposed to have magical powers and were considered animals like chimpanzees, which is why the Niger-Congo peoples enslaved the Pygmies).

    J’aime

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire, concernant le peuplement de Madagascar, selon l ‘archéologue malgache Tanambelo Rasolondrainyla : « la proximité – 400 km – de Madagascar avec l’Afrique continentale, berceau de l’humanité rend probable une toute première occupation par une population africaine. Les premières indications de la présence humaine à Madagascar incluent des os modifiés – identifiés comme portant des marques de coupe et de boucherie – d’oiseaux éléphants datés d’environ 8 000 ans avant notre ère du site de Christmas River dans le centre-sud de Madagascar, des hippopotames nains datés de 2000 à 1 400 ans avant notre ère de la grotte d’Anjohibe au nord-ouest, et de 30 ans avant notre ère à 440 de notre ère à Lambohara et Ambolisatra dans le sud-ouest, et des lémuriens géants datés du quatrième siècle avant notre ère du site de Taolambiby, dans le sud-ouest. Ces évidences suggèrent que les auteurs de ces modifications, traces de coupe et de boucherie, étaient des chasseurs-cueilleurs, c’est-à-dire qu’ils étaient plus rapprochés des Africains subsahariens que des navigateurs austronésiens ou arabes. » Il me semble avoir lu la prééminence de gènes bantous chez les malgaches, alors que la langue elle est clairement asiatique.

      J’aime

Répondre à Rikhard Ravindra Tanskanen Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.