A la recherche des dragons vivants 3

Par Richard Freeman

Dragon en bronze de la dynastie Han, ( 206 av JC-220 après JC)

Dragons d’Asie

Sans surprise, les dragons modernes sont également signalés en Asie.

Le 8 août 1934, un squelette de presque 10 mètres de long a été trouvé parmi les roseaux à Yingkou, dans la province du Liaoning, dans le nord-est de la Chine. Les restes avaient 28 vertèbres et un crâne avec de longues cornes. Il a été exposé sur une jetée locale et le public a considéré qu’il s’agissait du squelette d’un dragon. Un journal local  Sheng-ching Shih-pao  a publié plusieurs articles à ce sujet. Les restes ont ensuite été conservés dans une école, mais semblent avoir disparu pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’article sur le dragon de 1934. Les témoins expliquent que le dragon était très faible et se tordait de douleur. Une toile a été dressée au dessus de lui pour le protéger du soleil, et les villageois se relayaient pour hydrater la créature. Puis le dragon disparu, et quelques jours plus tard un corps, déjà en état de composition, aurait été retrouvé à plusieurs centaines de mètres.

En 1944, des centaines de personnes ont vu une créature d’une douzaine de mètres de long, noire, comme un lézard, couché sur une plage de sable près du village de Chenj iaweizi, dans la province de Jilin. Il était couvert d’écailles et avait des moustaches.

Dans province chinoise de Jilin, le lac Tianchi abriterait encore ce que les témoins nomment un dragon.

Décrit cette fois de la taille d’une maison, avec un long cou, écailleux, un dragon vert avec des dents formidables aurait mangé des pêcheurs et du bétail dans un lac au Tibet. Dans les années 1940, il aurait attaqué un homme dans un bateau à rames, attirant à la fois l’homme et le bateau sous l’eau. Jiao Jiao, secrétaire général de la région, et deux amis ont vu la bête au début des années 1970. Ils l’ont décrit comme ayant un corps en forme de bœuf de la taille d’une pièce avec un long cou. Ils l’ont observé pendant plusieurs minutes. En 1980, il aurait tué et mangé un yak appartenant à un officiel du parti communiste local qui avait attaché son animal au bord du lac.

En mai 2003, David Nardiello enseignait l’anglais au lycée Nigshimozu dans la ville de Watagh Shinke-Cho, Osaka, Japon. Il rentrait chez lui à vélo tard dans la nuit sous une pluie battante. Le torrent avait fait déborder une piscine dans certaines rizières à proximité. Nardiello a vu un animal blanc sortir de l’eau et se tourner pour le regarder. Il avait un long cou et une tête de serpent avec des yeux noirs de requin et des crocs. Le corps et la queue étaient semblables à celles d’un lézard tandis que les quatre pattes ressemblent à celles d’un chat. L’animal avait des ailes «  en cuir » et sans plumes. Il a volé dans les airs à une hauteur de trente mètres, et Nardiello – de plus en plus effrayé- a pédalé jusqu’à sa maison aussi vite qu’il le pouvait.

Plus tard cette nuit-là, il l’observa voler à travers le ciel nocturne depuis son appartement. Il a demandé à ses voisins s’ils l’avaient vu, mais aucun ne l’avait aperçu. Certains ont cependant dit qu’ils avaient entendu des cris bizarres dans les champs pendant quelques nuits. Son collègue Kato Sensi l’a surnommé Nekohebitori ou « chat, serpent, oiseau ». Nardiello était fermement convaincu que l’animal était un prédateur et qu’il était dangereux.

Dragon de Maruyama Ōkyo, peintre japonais du 18ème siècle
Chen Rong  (1235 – 1262), est un peintre et poète chinois, particulièrement réputé pour ses dessins de dragons.

Un autre cas étrange vient du lac Chini au sud-est de Pahang en Malaisie. L’ingénieur britannique Arthur Potter, son commis – Inch Baharuddin bin Lajan – et deux ouvriers nommés Lajan et Malik, ont tous vu une créature ressemblant à un dragon en mai 1959. M. Potter a affirmé qu’il était dans sa maison-péniche sur le lac vers 22h30 quand il s’est mis à pleuvoir. La pluie a cessé – puis a recommencé. Il a raconté:

« Puis nous avons vu le toit du bateau, en feuilles séchées, se soulever et j’ai crié à Baharudd d’allumer la torche. Le toit était à environ 2 mètres 50 du plancher du bateau. Lorsque la torche a été braquée, nous avons vu un trou béant dans le toit de près de 1 mètre de diamètre. Et nous avons vu, aussi, un œil rouge qui nous regardait au travers. Il était de la taille d’une balle de tennis.

Nous ne pouvions pas en voir davantage,  car la torche n’était pas très puissante et le toit barrait la vue. Quelle que fut cette chose, elle ressemblait exactement à la couleur du toit. Elle a ensuite disparu de notre vue. Nous avons tous pensé que c’était un énorme serpent et on n’en a pas fait grand cas jusqu’au matin suivant quand nous avons trouvé les marques laissées par le monstre quand il était ressorti de l’eau.

The spokesman review 23 aout 1962

En partant depuis la berge, nous avons trouvé des traces de plus de 5m de large. Il semblait que quelque chose de visqueux était passé sur ce sol. Les traces ont continué sur seulement 1 m 50, puis se sont arrêtées. Mais nous les avons retrouvées à nouveau à plus de 100 mètres. Ils étaient de la même largeur, mais continuaient sur 50 mètres « 

L’observation a valu à M. Potter le surnom de «Dragonwick».

Au début des années 1960, une équipe d’hommes-grenouilles de la Royal Air Force a plongé dans le lac, mais n’a rien trouvé.

L’explorateur Stewart Wavell a visité le lac Chini dans les années 1960, et a été informé de l’ancienne pratique de sacrifice humain dédiés au culte du dragon, ayant lieu autour d’un grand pilier rocheux qui dépasse hors des eaux. Ces sacrifices étaient censés pacifier le dragon. Un de ses guides, Che Yang, lui a parlé d’une grande inondation qui avait frappé la ville de Pekan quelques années auparavant. Beaucoup de gens s’étaient demandé si c’était le dragon qui exigeait des sacrifices, même s’ils n ‘étaient plus pratiqués depuis des générations. Un jour, une fille faisant sa lessive sur le lac, est tombée de son radeau et s’est noyée. On a remarqué que les eaux se sont immédiatement reculées. Les citadins croyaient que le dragon était maintenant satisfait – après avoir pris sa victime.

Publié à l ‘origine en 1965, cet ouvrage suit les pas d’une expédition d’universitaires de Cambridge à la recherche de traces de civilisations disparues en Malaisie
Naga couronné, et doré, en bois sculpté, Yogjakarta, Indonésie

Un autre dragon hanterait le Tasek Bera un autre lac Malaisien.

À la fin des années 1950, un officier de la police malaise est allé nager dans le lac. Après avoir amarré son bateau à côté de Tanjong Keruing – un petit promontoire – il a plongé dans l’eau. En regardant en arrière par-dessus son épaule, il a vu un énorme cou s’élever au-dessus d’un bouquet de mauvaises herbesflottante à une trentaine de mètres de distance. Deux courbes grises argentées apparaissaient derrière le cou. Paniqué, l’homme a nagé jusqu’au bateau, et a pagayé aussi vite qu’il le pouvait. En regardant en arrière une dernière fois, il a vu le monstre le regarder fuir.

Le lac Bera est relié au lac Chini

Le commandant de l’homme a transmis son rapport à Stewart Wavell, qui était aussi producteur pour la radio malaisienne. Wavell fut tellement impressionné par le témoignage et les détails donnés qu’il se rendit au lac en 1957 dans l’espoir d’enregistrer le cri de l’animal qui ressemblait disait-on à un barrissement d’ éléphant.

Wavell a établi son camp avec ses deux guides sur Tanjong Keruing. Alors qu’il préparait son magnétophone et sa caméra, le cri du monstre a retenti de l’autre côté du lac :

« Un seul cri staccato parti du milieu du lac… C’était une sorte de soufflet reniflant, strident, strident comme la sirène d’un navire, le cri d’unéléphant, et le râle d’un lion de mer tout en un. « 

Quand il a allumé son magnétophone, le cri s’est arrêté..

En 1962, une expédition De la R.A.F a visité le lac mais n’a trouvé aucun monstre.

Berita Harian est le principal quotidien de Malaisie, le 23 mars 2015 il a publié un témoignage récent d’une observation de Naga sur le lac Chini. Le serpent était large comme un tonneau ou un tambour affirme le témoin, qui a quitté son emploi de chauffeur de bateau de tourisme après cela.

Le 18 août 1901, le premier officier F. Wolfe qui travaillait pour le service des douanes chinoises se trouvait au large de l’île Tai Yue Shan, Hong Kong. Il a repéré un animal ressemblant à un dragon, entortillé sur la surface de la mer qui maintenait sa tête à environ un mètre au-dessus de l’eau. La créature possédait une crête sur son crâne, et deux nageoires qui partaient de la base du cou. Wolfe ordonna stupidement à son second officier V. Kuster et à d’autres marins, de tenter de tuer l’animal avec un harpon. Mais le serpent a attrapé une des rames et l’a propulsée à une quinzaine de mètres hors de l’eau avant de plonger et de disparaître. Les hommes ont estimé sa longueur à douze à quinze mètres.

Hans Hegede saint-patron du Groënland aurait observé ce serpent de mer en 1734

Une autre série d’observations avait eu lieu à dans la baie d’Along, sur la côte du Vietnam quatre ans auparavant. La canonnière française Avalanche a rencontré à plusieurs reprises des reptiles ressemblant à des dragons dans cette baie parsemées d’’îles sur la côte du Tonkin. La première rencontre se déroula en juillet 1897. Le capitaine du navire, le lieutenant de vaisseau Lagrésille raconte l’histoire, parue initialement le 5 novembre 1898 dans le jounal «  Le courrier d’Haiphong »

Baie d’Along aujourd’hui

«Au mois de juillet dernier (1897), l’Avalanche apercevait pour  la première fois, au large de La baie d’Along, deux animaux de forme bizarre et de grandes dimensions; leur longueur fut évaluée à environ 20 mètres, et leur diamètre de 2 à 3m. La particularité de ces animaux était que leur corps n’était pas rigide comme celui des cétacés connus, mais présentait des mouvements ondulatoires semblables à ceux d’un serpent, mais dans le sens vertical. Un canon-fut armé et un coup tiré à 600 mètres, distance légèrement trop courte. Aussitôt ils plongèrent en soufflant bruyamment et laissant à la surface un remou analogue à celui des brisants. Ils n’ont pas réapparu, on avait cru apercevoir leur tête, qui fut jugée petites dimensions.

Cet épisode n’était que le premier d’une série de rencontre entre l’équipage de l’Avalanche et ces mystérieux animaux. Lagrésille, toujours pour le Courrier d’Haiphong poursuit son récit :

Le 15 février de cette année (1898), en traversant la baie de Fai-tsi-long, j’ai aperçu des animaux similaires à nouveau. Aussitôt, je leur ai donné la chasse et fis armer les canons-revolvers. Plusieurs coups furent  tirés sur l’un d’eux, à des distances de 300 et 400 mètres, et au moins deux projectiles l’atteignirent sans avoir l’air de lui  faire le moins de mal, les obus éclatant à la surface. J’ai cherchait aussi à l’ atteindre avec l’avant du bâtiment, mais sa vitesse était supérieure à  celle de l’Avalanche. Chaque fois, cependant, que cet animal arrivait dans des petits fonds, il rebroussait chemin, ce qui me permettait de gagner du terrain sur lui et ce qui prouva ses fortes dimensions. Il émergeait fréquemment, et on a toujours remarqué ses mouvements ondulatoires.  Chaque émersion a été précédée d’un jet d’eau, ou plutôt d’une vaporisation d’eau faite par un souffle fort, à l’encontre des souffleurs ordinaires qui aspirent de l’eau, et la lancent à une certaine hauteur.

Bulletin de la Société Zoologique de France. Les nombreux récits d’observations de serpents de mer ont nourri un débat scientifique passionné au début du 20 ème siècle, notamment au travers du bulletin de la Société Zoologique de France
Anthonie Cordelis Oudemans, zoologue néerlandais, publie en 1892 un ouvrage consacré au mythique serpent de mer, qui pour lui serait une espèce inconnue de phoques géants pouvant atteindre 10 mètres de long

La couleur de l’animal était grise avec plusieurs nageoires noires. Il était facile de le suivre à cause de son souffle, qui a formé des cercles de 4 à 5 mètres de diamètre sur la surface de la mer, qui était alors parfaitement calme. À un moment j’ai pensé l’avoir atteint. La poursuite a continué pendant une heure et demie et a dû être abandonné car la nuit tombait

Lagresille a tout à fait tort d’affirmer que les baleines aspirent de l’eau et l’expulse. Le souffle d’une baleine est en fait de l’air (et un peu d’eau) qui s’accumule dans une cavité concave et qui est craché quand les baleines font surface pour respirer. Lagresille est invité, une semaine après sa dernière observation, à une réception organisée par l’amiral de la Bedollière, donnée en l’honneur de Paul Doumer, gouverneur général d’Indochine puis président de la France. En entendant son histoire, beaucoup de ses collègues officiers ont toussé, mais Lagresille a été réhabilité dès le lendemain.

Cas d’observation similaire, au large de l ‘Australie cette fois, par un autre équipage français en 1925. Le croquis a été réalisé quelques minutes après l ‘observation, et le rapport transmis lors d’une écale au Vietnam

Il a invité plusieurs des contradicteurs à visiter l’archipel de Fai-tsi-long sur l’Avalanche. Pendant le déjeuner, il a été signalé que les deux dragons de mer étaient revenus. Ils se sont tous précipités sur le pont, et là devant des yeux sceptiques, les monstres ont nagé à environ 200 mètres. Lagresille :

« Nous avons donné la chasse à l’un d’eux pendant trente-cinq minutes, et à un moment particulier, nous l’avons vu clairement à 200 mètres de la proue, flottant horizontalement. Il a eu trois ondulations  fluides, terminées avec l’apparition de sa tête, qui ressemblait beaucoup à celle d’un phoque, mais deux fois la taille normale. Nous ne pouvions pas voir si elle avait un cou, ou s’il faisait partie du corps, de dimensions relativement beaucoup plus grande.: c’était la seule fois où nous avons vu onduler le corps en continu. Jusque-là, nous aurions pu penser que ce que nous les avons pris pour des bosses apparaissant successivement: mais d’après le témoignage de tous les témoins le doute n’est plus permis, car, avant qu’ils n’ apparaissent, nous avons vu l’animal émerger sur toute la longueur de son corps. Deux des officiers présents possédaient une caméra : ils auraient dû l’utiliser à ce moment-là, mais ils ont été tellement surpris par ce qu’ils ont vu, que lorsqu’ils ont pensé prendre des photos, l’animal a plongé, pour ensuite s’éloigner beaucoup plus loin avec des conditions beaucoup moins claires et défavorables à la prise d’une photo.

Pour résumer, les animaux vus par l’Avalanche  ne sont pas connus. Leur longueur est d’environ 20 mètres (minimum), leur couleur est grise et noire, leur tête ressemble à celle d’un phoque, et leur corps est soumis à des ondulations parfois très marquées : enfin, leur dos est recouvert d’une sorte de dents de scie qui enlève toute ressemblance avec les cétacés connus; comme ces derniers ils révèlent leur présence en soufflant bruyamment, mais ils ne projettent pas un jet d’eau inhalée comme des baleines; c’est plutôt leur respiration violente qui provoque une sorte de vaporisation de l’eau qui est éjectée et pas un jet. Sans aucun doute, ces animaux, connus et craints par les Annamites, ont dû donner l’idée du Dragon, qui a été modifié et amplifié par la légende, que l’on retrouve dans l’emblème national. « 

Il adressa à l’amiral de la Bedolliere un rapport de ce qu’il avait vu. L’amiral répondit immédiatement à Lagresille et s’excusa d’avoir douté de sa parole. Il voulait maintenant un effort concerté pour capturer un spécimen de l’espèce avec les canonnières. Le plan était d’en chasser un dans les eaux peu profondes où il se serait échoué et pourrait être capturé. Une crise diplomatique avec la Chine a a annulé ce projet..

La Décidée

Quelques années plus tard, même rencontre, au même endroit. Le lieutenant L’Eost fait un rapport officiel au contre-amiral de Jonquieres d’un monstre qu’il a vu depuis la canonnière La Decidée en mai 1903 :

Ce jour-là, la canonnière La Décidée avait appareillé pour un exercice sous le commandement du lieutenant de vaisseau L’Eost.

Dans l’après-midi, à la hauteur d’un Plot baptisé « La Noix », l’attention de l’Eost fut attirée par une tache noire gisant à 300 mètres à bâbord du navire.

– Sans doute un banc de roches qui n’est pas marqué sur la carte, pensa L’ Eost.

Il décida de réparer cette omission et mit le cap sur les roches inconnues.

– Curieux, dit le docteur Lowitz qui se tenait aux côtés de L’Eost sur la passerelle, on dirait une tortue.

– Une énorme tortue, alors, si votre hypothèse est exacte, répondit L’Eost.

Les deux hommes avaient saisi leurs jumelles. Cette roche était curieuse en effet. Des algues paraissaient en couvrir la surface, évoquant des écailles. La couleur était jaune foncé.

– Une énorme tortue, répétait L’Eost.

Ils allaient être fixés.

Dans le Bulletin de la Société Préhistorique de septembre 1936, un article expose les différentes explications biologiques au phénomène. L’hypothèse d’une représentant isolé d’une espèce inconnue ou « disparue » est débattue :
Réfutant les hypothèses sur de jonques retournées, des poissons géants, de mammifères ou des cétacés, Alfred Matthieu Giard, zoologue, privilégie lui, en 1904, la survie de spécimens proches des dinosaures

La Décidée approchait. Un canot avait été armé, prêt à être mis à l’eau. Tous à bord gardaient un silence tendu.

Comme si la mer s’était retirée brusquement, d’autres rochers apparurent, sur une même file, mais très près les uns des autres, séparés par une distance d’un mètre à un mètre cinquante.

– Ils remuent !

Cette exclamation du timonier Sourimant ne traduisait pas une impression, mais bien une réalité car les rochers se déplaçaient, en effet, animés d’une sorte de translation horizontale.

– Un mouvement sismique… murmure L’Eost.

C’était une hypothèse acceptable. Toutefois, il était étonnant que la mer restât calme, hormis un léger remous causé par le déplacement des rochers.

Quelques secondes s’écoulèrent encore. L’Eost avait donné l’ordre de stopper les machines. Il ne croyait plus au mouvement sismique, mais à la présence d’un ou plusieurs animaux dont il imaginait mal l’espèce.

– Je mets à l’eau le canot, commandant ?

L’Eost n’eut pas le temps d’en donner l’ordre. Les rochers venaient de subir une fantastique métamorphose. Aux yeux stupéfaits de l’équipage de la canonnière, apparaissait une masse allongée, ondulant sur une longueur de vingt mètres et évoquant un énorme reptile à la peau rugueuse, de couleur brune.

La tête restait invisible. Soudain, le serpent disparut.

Mosasaurus est un reptile marin géant qui vivait au Crétacé supérieur, il y a entre 70 et 65 millions d’années. Il mesurait 17 mètres de long. C’est un proche parent des varanidés et des serpents. Comme les baleines et les dauphins, Mosasaurus était adapté à la vie marine et respirait à l’air libre. Il occupait le sommet des chaînes alimentaires, il chassait des tortues, des plésiosauridés, des ptérosaures, des calmars, des poissons et des mosasauridés plus petits. (wiki)
Ichthyosaure et Plesiosaure  par Édouard Riou, 1863

– Vous avez vu, commandant? demanda un matelot.

L’Eost ne répondit pas à la question naïve.

– Ce qui m’étonne, dit enfin le docteur Lowitz, c’est que je n’ai pas aperçu la tête.

– Il m’a semblé la distinguer, dit L’Eost. Elle était plate et triangulaire.

Les deux hommes guettaient la surface de l’eau, dans l’espoir d’une seconde apparition.

– Là-bas !

A 150 mètres de la canonnière, précédé d’un tourbillon d’écume, le corps rugueux surgissait de nouveau, comme une énigme posée sur la mer. Cette fois il avançait avec rapidité.

– La tête !

Elle avait émergé brusquement. On discernait le crâne triangulaire, l’oeil plissé. Le diamètre de la tête était de 80 centimètres environ. Elle soufflait un fin jet d’eau vaporisée.

– Il vient vers nous !

L’animal ondulait en direction de la canonnière qu’il ne semblait pas voir. L’équipage eut le loisir de l’observer, comme une illustration d’une légende de la mer qui s’animerait sous leurs yeux, la légende de ce serpent de mer dont le nom fit trembler des générations de marins, mais qui, en cette occurrence, semblait inoffensif.

Il plongea à l’arrière de la coupée, surgit de nouveau quelques secondes à tribord. Enfin, il disparut, cette fois définitivement.

Il s’agit d’un cas intéressant car il a de nombreux témoins, tous des marins expérimentés, qui ont observé le monstre à partir d’un certain nombre de points de vue différents.

Ce mégalithe est situé sur la montagne Mokhnataya dans la région de l’Altaï, à environ 20 kilomètres de la ville de Belokurikha. Les traits de ce dragon sont uniques, différents du dragon chinois. Ce mégalithe a été découvert en 2017, est considéré comme âgé d’au moins 12 000 ans ce qui en ferait une des plus anciennes représentation de dragon connues. Des recherches doivent être entreprises pour tenter d’en savoir plus sur ces formations rocheuses, que certains soupçonnent être d’origine naturelle.

Bizarrement, l’Extrême-Orient russe a produit des histoires aussi.

L’explorateur russe Alexander Remple a été raconté de nombreuses histoires sur des créatures ressemblant à des dragons dans la taïga. Connus par les indigènes sous le nom de paymurs, ils sont décrits comme ayant des têtes comme le poisson de karissme, mieux connu sous le nom de poisson-chat wels (Silurus glanis) et les corps comme les crocodiles. Il convient de noter ici que les dragons d’Extrême-Orient ont été dit d’avoir des barbeaux comme ceux sur le museau d’un poisson-chat.

Le silure glane (Silurus glanis) est le plus grand poisson d’eau douce d’Eurasie et le troisième plus grand au monde, pouvant atteindre plus de 2,7 m de longueur et 130 kg

Un homme, Anatoly Komandigu, a parlé de trois chasseurs qui ont établi leur campement près d’un monticule couvert de neige au crépuscule, et ont allumé un feu. Ils se sont assis avec le dos face au monticule et se sont réchauffés près du feu. Soudain, ils ont senti le monticule dans leur dos vibrer. En se tournant, il vit que le  «monticule» était un énorme reptile recouvert d’épaisses écailles grises et noires. Il avait les jambes courtes et une longue queue. Nul besoin de préciser que les hommes ont fui. Trois jours plus tard, ils sont revenus pour récupérer l’équipement laissé dans la panique. Ils ont découvert les restes d’un animal, peut-être la proie du dragon de cette région.

Huit boucles de ceinture à effigie de dragon, datée de plus de 2000 ans, ont été trouvées au milieu des années 1970 dans un champ labouré de la république de Kakhassie. On retrouve ici le caractère très ancien et unique du dragon de Sibérie : «En Chine à cette époque, c’est l’ère Han, et l image stable d’un dragon, plus tard l’un des principaux symboles de l’identité nationale, n’existait pas encore. Pourtant, à la même période en Sibérie, nous avons de nombreuses images de dragons dans une pose serpentine typique  », a déclaré Andrei Borodovsky, chercheur à l’Institut d’archéologie et d’ethnographie, qui fait partie de la branche sibérienne de l’Académie russe des sciences.

Alexander Remple a interviewé un homme de 71 ans, Vladimir Semyonovich Kuzetsov. C’était un chasseur chevronné dans la taïga russe. Quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, il est tombé sur ce qui semblait être un rituel païen exécuté par des nomades de la taïga. Il avait repéré un feu de joie et entendu chanter. Il s’approcha tranquillement du clearing et observa un demi-cercle de personnes autour du feu, chantant des chansons dans une langue qu’il ne comprenait pas. Par le soleil couchant, il les vit accomplir des gestes incompréhensibles avec leurs mains. Ils ont commencé à s’incliner. De la direction du coucher du soleil, il percevait quelque chose d’énorme rampant hors de la forêt. La forme est finalement apparue être un serpent noir géant d’une dizaine de mètres de long. Kuzetsov croit qu’il a vu des petites pattes avant de la créature, mais ne peut pas être sûr. Le peuple a haussé la voix dans un chant guttural et Kuzetsov a eu peur. Tournant, il s’enfuit follement à travers les arbres ne voyant pas la piste. Il a oublié combien de temps il a couru, mais ses mains et son visage étaient couverts de coupures quand il s’est finalement arrêté.

Lac Labynkyr, Yakoutie le « Loch Ness » sibérien. Situé à 5000km à l ‘est de Moscou, le lac n ‘est qu’à 60km de la colonie d’Oymyakon, l ‘endroit habité le plus froid sur terre. Or, le lac Labynky ne gèle pas pendant l ‘hivers, contrairement à tous les autres lacs de la région
Lyudmila Emelyanova, professeure agrégée en biogéographie, de l’Université d’État de Moscou travaille avec un sonar pendant une expédition au lac Labynkyr en Yakoutie
Lyudmila Emelyanova : avec le sonar, nous avons enregistré une« ombre » à quelque 15-17 mètres sous notre bateau, il faisait environ 6,5 mètres de long. C’était assez clair, ce n’était pas un poisson et pas un arbre. Il ne peut pas y avoir de poisson aussi gros, et un tronc aurait eu une signature différente. Quelle est donc cette chose qui peut nager sous l’eau?  » les scientifiques ont dessiné en rouge à quoi ils imaginaient que la créature aurait pu ressembler

Comment les grands reptiles pourraient-ils survivre dans des climats si froids ? Nous savons que certains dinosaures ont fait face à des climats frais, mais rien d’aussi extrême que les hivers sibériens. L’énorme tortue luth à dos de cuir (Dermochelys coriacea) est un reptile qui peut survivre dans les eaux froides en étant gigantothermic. Sa taille l’aide à conserver sa chaleur corporelle. La tortue luth n’est pas une créature allongée comme nos dragons sibériens. Les animaux allongés font des gigantotherms beaucoup moins efficaces que les créatures de forme plus trapue comme les tortues. Peut-être que nos dragons hibernent et sont actifs pendant les brefs mois d’été. Mais cela n’explique pas les observations des monstres dans la glace et la neige.

Les légendes de dragon ont beaucoup de fils tissant une tapisserie riche des légendes remontant à l’époque préhistorique. Il semble qu’au moins certaines de ces histoires sont basées sur des rencontres avec plusieurs types de reptiles massifs inconnus de la science moderne.

FIN

Richard Freeman, membre éminent du Center for Fortean Zoology, http://www.cfz.org.uk/, il est la définition même du cryptozoologue : un passionné, un aventurier, un écrivain, un libre-penseur, quelqu’un qui consacre sa vie à enquêter sur les mystères du monde animal, aux quatre coins du monde. Son dernier ouvrage est disponible notamment ici : https://www.bookdepository.com/Adventures-Cryptozoology-Richard-Freeman/9781642500158

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