A la recherche des dragons vivants 3

Par Richard Freeman

Dragon en bronze de la dynastie Han, ( 206 av JC-220 aprĂšs JC)

Dragons d’Asie

Sans surprise, les dragons modernes sont également signalés en Asie.

Le 8 aoĂ»t 1934, un squelette de presque 10 mĂštres de long a Ă©tĂ© trouvĂ© parmi les roseaux Ă  Yingkou, dans la province du Liaoning, dans le nord-est de la Chine. Les restes avaient 28 vertĂšbres et un crĂąne avec de longues cornes. Il a Ă©tĂ© exposĂ© sur une jetĂ©e locale et le public a considĂ©rĂ© qu’il s’agissait du squelette d’un dragon. Un journal local  Sheng-ching Shih-pao  a publiĂ© plusieurs articles Ă  ce sujet. Les restes ont ensuite Ă©tĂ© conservĂ©s dans une Ă©cole, mais semblent avoir disparu pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’article sur le dragon de 1934. Les tĂ©moins expliquent que le dragon Ă©tait trĂšs faible et se tordait de douleur. Une toile a Ă©tĂ© dressĂ©e au dessus de lui pour le protĂ©ger du soleil, et les villageois se relayaient pour hydrater la crĂ©ature. Puis le dragon disparu, et quelques jours plus tard un corps, dĂ©jĂ  en Ă©tat de composition, aurait Ă©tĂ© retrouvĂ© Ă  plusieurs centaines de mĂštres.

En 1944, des centaines de personnes ont vu une crĂ©ature d’une douzaine de mĂštres de long, noire, comme un lĂ©zard, couchĂ© sur une plage de sable prĂšs du village de Chenj iaweizi, dans la province de Jilin. Il Ă©tait couvert d’Ă©cailles et avait des moustaches.

Dans province chinoise de Jilin, le lac Tianchi abriterait encore ce que les témoins nomment un dragon.

DĂ©crit cette fois de la taille d’une maison, avec un long cou, Ă©cailleux, un dragon vert avec des dents formidables aurait mangĂ© des pĂȘcheurs et du bĂ©tail dans un lac au Tibet. Dans les annĂ©es 1940, il aurait attaquĂ© un homme dans un bateau Ă  rames, attirant Ă  la fois l’homme et le bateau sous l’eau. Jiao Jiao, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la rĂ©gion, et deux amis ont vu la bĂȘte au dĂ©but des annĂ©es 1970. Ils l’ont dĂ©crit comme ayant un corps en forme de bƓuf de la taille d’une piĂšce avec un long cou. Ils l’ont observĂ© pendant plusieurs minutes. En 1980, il aurait tuĂ© et mangĂ© un yak appartenant Ă  un officiel du parti communiste local qui avait attachĂ© son animal au bord du lac.

En mai 2003, David Nardiello enseignait l’anglais au lycĂ©e Nigshimozu dans la ville de Watagh Shinke-Cho, Osaka, Japon. Il rentrait chez lui Ă  vĂ©lo tard dans la nuit sous une pluie battante. Le torrent avait fait dĂ©border une piscine dans certaines riziĂšres Ă  proximitĂ©. Nardiello a vu un animal blanc sortir de l’eau et se tourner pour le regarder. Il avait un long cou et une tĂȘte de serpent avec des yeux noirs de requin et des crocs. Le corps et la queue Ă©taient semblables Ă  celles d’un lĂ©zard tandis que les quatre pattes ressemblent Ă  celles d’un chat. L’animal avait des ailes «  en cuir Â» et sans plumes. Il a volĂ© dans les airs Ă  une hauteur de trente mĂštres, et Nardiello – de plus en plus effrayĂ©- a pĂ©dalĂ© jusqu’à sa maison aussi vite qu’il le pouvait.

Plus tard cette nuit-lĂ , il l’observa voler Ă  travers le ciel nocturne depuis son appartement. Il a demandĂ© Ă  ses voisins s’ils l’avaient vu, mais aucun ne l’avait aperçu. Certains ont cependant dit qu’ils avaient entendu des cris bizarres dans les champs pendant quelques nuits. Son collĂšgue Kato Sensi l’a surnommĂ© Nekohebitori ou « chat, serpent, oiseau ». Nardiello Ă©tait fermement convaincu que l’animal Ă©tait un prĂ©dateur et qu’il Ă©tait dangereux.

Dragon de Maruyama ƌkyo, peintre japonais du 18ùme siùcle
Chen Rong  (1235 – 1262), est un peintre et poĂšte chinois, particuliĂšrement rĂ©putĂ© pour ses dessins de dragons.

Un autre cas Ă©trange vient du lac Chini au sud-est de Pahang en Malaisie. L’ingĂ©nieur britannique Arthur Potter, son commis – Inch Baharuddin bin Lajan – et deux ouvriers nommĂ©s Lajan et Malik, ont tous vu une crĂ©ature ressemblant Ă  un dragon en mai 1959. M. Potter a affirmĂ© qu’il Ă©tait dans sa maison-pĂ©niche sur le lac vers 22h30 quand il s’est mis Ă  pleuvoir. La pluie a cessĂ© – puis a recommencĂ©. Il a racontĂ©:

« Puis nous avons vu le toit du bateau, en feuilles sĂ©chĂ©es, se soulever et j’ai criĂ© Ă  Baharudd d’allumer la torche. Le toit Ă©tait Ă  environ 2 mĂštres 50 du plancher du bateau. Lorsque la torche a Ă©tĂ© braquĂ©e, nous avons vu un trou bĂ©ant dans le toit de prĂšs de 1 mĂštre de diamĂštre. Et nous avons vu, aussi, un Ɠil rouge qui nous regardait au travers. Il Ă©tait de la taille d’une balle de tennis.

Nous ne pouvions pas en voir davantage,  car la torche n’Ă©tait pas trĂšs puissante et le toit barrait la vue. Quelle que fut cette chose, elle ressemblait exactement Ă  la couleur du toit. Elle a ensuite disparu de notre vue. Nous avons tous pensĂ© que c’Ă©tait un Ă©norme serpent et on n’en a pas fait grand cas jusqu’au matin suivant quand nous avons trouvĂ© les marques laissĂ©es par le monstre quand il Ă©tait ressorti de l’eau.

The spokesman review 23 aout 1962

En partant depuis la berge, nous avons trouvĂ© des traces de plus de 5m de large. Il semblait que quelque chose de visqueux Ă©tait passĂ© sur ce sol. Les traces ont continuĂ© sur seulement 1 m 50, puis se sont arrĂȘtĂ©es. Mais nous les avons retrouvĂ©es Ă  nouveau Ă  plus de 100 mĂštres. Ils Ă©taient de la mĂȘme largeur, mais continuaient sur 50 mĂštres « 

L’observation a valu Ă  M. Potter le surnom de «Dragonwick».

Au dĂ©but des annĂ©es 1960, une Ă©quipe d’hommes-grenouilles de la Royal Air Force a plongĂ© dans le lac, mais n’a rien trouvĂ©.

L’explorateur Stewart Wavell a visitĂ© le lac Chini dans les annĂ©es 1960, et a Ă©tĂ© informĂ© de l’ancienne pratique de sacrifice humain dĂ©diĂ©s au culte du dragon, ayant lieu autour d’un grand pilier rocheux qui dĂ©passe hors des eaux. Ces sacrifices Ă©taient censĂ©s pacifier le dragon. Un de ses guides, Che Yang, lui a parlĂ© d’une grande inondation qui avait frappĂ© la ville de Pekan quelques annĂ©es auparavant. Beaucoup de gens s’Ă©taient demandĂ© si c’était le dragon qui exigeait des sacrifices, mĂȘme s’ils n ‘Ă©taient plus pratiquĂ©s depuis des gĂ©nĂ©rations. Un jour, une fille faisant sa lessive sur le lac, est tombĂ©e de son radeau et s’est noyĂ©e. On a remarquĂ© que les eaux se sont immĂ©diatement reculĂ©es. Les citadins croyaient que le dragon Ă©tait maintenant satisfait – aprĂšs avoir pris sa victime.

PubliĂ© Ă  l ‘origine en 1965, cet ouvrage suit les pas d’une expĂ©dition d’universitaires de Cambridge Ă  la recherche de traces de civilisations disparues en Malaisie
Naga couronné, et doré, en bois sculpté, Yogjakarta, Indonésie

Un autre dragon hanterait le Tasek Bera un autre lac Malaisien.

À la fin des annĂ©es 1950, un officier de la police malaise est allĂ© nager dans le lac. AprĂšs avoir amarrĂ© son bateau Ă  cĂŽtĂ© de Tanjong Keruing – un petit promontoire – il a plongĂ© dans l’eau. En regardant en arriĂšre par-dessus son Ă©paule, il a vu un Ă©norme cou s’Ă©lever au-dessus d’un bouquet de mauvaises herbesflottante Ă  une trentaine de mĂštres de distance. Deux courbes grises argentĂ©es apparaissaient derriĂšre le cou. PaniquĂ©, l’homme a nagĂ© jusqu’au bateau, et a pagayĂ© aussi vite qu’il le pouvait. En regardant en arriĂšre une derniĂšre fois, il a vu le monstre le regarder fuir.

Le lac Bera est relié au lac Chini

Le commandant de l’homme a transmis son rapport Ă  Stewart Wavell, qui Ă©tait aussi producteur pour la radio malaisienne. Wavell fut tellement impressionnĂ© par le tĂ©moignage et les dĂ©tails donnĂ©s qu’il se rendit au lac en 1957 dans l’espoir d’enregistrer le cri de l’animal qui ressemblait disait-on Ă  un barrissement d’ Ă©lĂ©phant.

Wavell a Ă©tabli son camp avec ses deux guides sur Tanjong Keruing. Alors qu’il prĂ©parait son magnĂ©tophone et sa camĂ©ra, le cri du monstre a retenti de l’autre cĂŽtĂ© du lac :

« Un seul cri staccato parti du milieu du lac… C’Ă©tait une sorte de soufflet reniflant, strident, strident comme la sirĂšne d’un navire, le cri d’unĂ©lĂ©phant, et le rĂąle d’un lion de mer tout en un. « 

Quand il a allumĂ© son magnĂ©tophone, le cri s’est arrĂȘtĂ©..

En 1962, une expĂ©dition De la R.A.F a visitĂ© le lac mais n’a trouvĂ© aucun monstre.

Berita Harian est le principal quotidien de Malaisie, le 23 mars 2015 il a publiĂ© un tĂ©moignage rĂ©cent d’une observation de Naga sur le lac Chini. Le serpent Ă©tait large comme un tonneau ou un tambour affirme le tĂ©moin, qui a quittĂ© son emploi de chauffeur de bateau de tourisme aprĂšs cela.

Le 18 aoĂ»t 1901, le premier officier F. Wolfe qui travaillait pour le service des douanes chinoises se trouvait au large de l’Ăźle Tai Yue Shan, Hong Kong. Il a repĂ©rĂ© un animal ressemblant Ă  un dragon, entortillĂ© sur la surface de la mer qui maintenait sa tĂȘte Ă  environ un mĂštre au-dessus de l’eau. La crĂ©ature possĂ©dait une crĂȘte sur son crĂąne, et deux nageoires qui partaient de la base du cou. Wolfe ordonna stupidement Ă  son second officier V. Kuster et Ă  d’autres marins, de tenter de tuer l’animal avec un harpon. Mais le serpent a attrapĂ© une des rames et l’a propulsĂ©e Ă  une quinzaine de mĂštres hors de l’eau avant de plonger et de disparaĂźtre. Les hommes ont estimĂ© sa longueur Ă  douze Ă  quinze mĂštres.

Hans Hegede saint-patron du Groënland aurait observé ce serpent de mer en 1734

Une autre sĂ©rie d’observations avait eu lieu Ă  dans la baie d’Along, sur la cĂŽte du Vietnam quatre ans auparavant. La canonniĂšre française Avalanche a rencontrĂ© Ă  plusieurs reprises des reptiles ressemblant Ă  des dragons dans cette baie parsemĂ©es d’’Ăźles sur la cĂŽte du Tonkin. La premiĂšre rencontre se dĂ©roula en juillet 1897. Le capitaine du navire, le lieutenant de vaisseau LagrĂ©sille raconte l’histoire, parue initialement le 5 novembre 1898 dans le jounal «  Le courrier d’Haiphong Â»

Baie d’Along aujourd’hui

«Au mois de juillet dernier (1897), l’Avalanche apercevait pour  la premiĂšre fois, au large de La baie d’Along, deux animaux de forme bizarre et de grandes dimensions; leur longueur fut Ă©valuĂ©e Ă  environ 20 mĂštres, et leur diamĂštre de 2 Ă  3m. La particularitĂ© de ces animaux Ă©tait que leur corps n’Ă©tait pas rigide comme celui des cĂ©tacĂ©s connus, mais prĂ©sentait des mouvements ondulatoires semblables Ă  ceux d’un serpent, mais dans le sens vertical. Un canon-fut armĂ© et un coup tirĂ© Ă  600 mĂštres, distance lĂ©gĂšrement trop courte. AussitĂŽt ils plongĂšrent en soufflant bruyamment et laissant Ă  la surface un remou analogue Ă  celui des brisants. Ils n’ont pas rĂ©apparu, on avait cru apercevoir leur tĂȘte, qui fut jugĂ©e petites dimensions.

Cet Ă©pisode n’était que le premier d’une sĂ©rie de rencontre entre l’équipage de l’Avalanche et ces mystĂ©rieux animaux. LagrĂ©sille, toujours pour le Courrier d’Haiphong poursuit son rĂ©cit :

Le 15 fĂ©vrier de cette annĂ©e (1898), en traversant la baie de Fai-tsi-long, j’ai aperçu des animaux similaires Ă  nouveau. AussitĂŽt, je leur ai donnĂ© la chasse et fis armer les canons-revolvers. Plusieurs coups furent  tirĂ©s sur l’un d’eux, Ă  des distances de 300 et 400 mĂštres, et au moins deux projectiles l’atteignirent sans avoir l’air de lui  faire le moins de mal, les obus Ă©clatant Ă  la surface. J’ai cherchait aussi Ă  l’ atteindre avec l’avant du bĂątiment, mais sa vitesse Ă©tait supĂ©rieure Ă   celle de l’Avalanche. Chaque fois, cependant, que cet animal arrivait dans des petits fonds, il rebroussait chemin, ce qui me permettait de gagner du terrain sur lui et ce qui prouva ses fortes dimensions. Il Ă©mergeait frĂ©quemment, et on a toujours remarquĂ© ses mouvements ondulatoires.  Chaque Ă©mersion a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e d’un jet d’eau, ou plutĂŽt d’une vaporisation d’eau faite par un souffle fort, Ă  l’encontre des souffleurs ordinaires qui aspirent de l’eau, et la lancent Ă  une certaine hauteur.

Bulletin de la SociĂ©tĂ© Zoologique de France. Les nombreux rĂ©cits d’observations de serpents de mer ont nourri un dĂ©bat scientifique passionnĂ© au dĂ©but du 20 Ăšme siĂšcle, notamment au travers du bulletin de la SociĂ©tĂ© Zoologique de France
Anthonie Cordelis Oudemans, zoologue néerlandais, publie en 1892 un ouvrage consacré au mythique serpent de mer, qui pour lui serait une espÚce inconnue de phoques géants pouvant atteindre 10 mÚtres de long

La couleur de l’animal Ă©tait grise avec plusieurs nageoires noires. Il Ă©tait facile de le suivre Ă  cause de son souffle, qui a formĂ© des cercles de 4 Ă  5 mĂštres de diamĂštre sur la surface de la mer, qui Ă©tait alors parfaitement calme. À un moment j’ai pensĂ© l’avoir atteint. La poursuite a continuĂ© pendant une heure et demie et a dĂ» ĂȘtre abandonnĂ© car la nuit tombait

Lagresille a tout Ă  fait tort d’affirmer que les baleines aspirent de l’eau et l’expulse. Le souffle d’une baleine est en fait de l’air (et un peu d’eau) qui s’accumule dans une cavitĂ© concave et qui est crachĂ© quand les baleines font surface pour respirer. Lagresille est invitĂ©, une semaine aprĂšs sa derniĂšre observation, Ă  une rĂ©ception organisĂ©e par l’amiral de la BedolliĂšre, donnĂ©e en l’honneur de Paul Doumer, gouverneur gĂ©nĂ©ral d’Indochine puis prĂ©sident de la France. En entendant son histoire, beaucoup de ses collĂšgues officiers ont toussĂ©, mais Lagresille a Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ© dĂšs le lendemain.

Cas d’observation similaire, au large de l ‘Australie cette fois, par un autre Ă©quipage français en 1925. Le croquis a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© quelques minutes aprĂšs l ‘observation, et le rapport transmis lors d’une Ă©cale au Vietnam

Il a invitĂ© plusieurs des contradicteurs Ă  visiter l’archipel de Fai-tsi-long sur l’Avalanche. Pendant le dĂ©jeuner, il a Ă©tĂ© signalĂ© que les deux dragons de mer Ă©taient revenus. Ils se sont tous prĂ©cipitĂ©s sur le pont, et lĂ  devant des yeux sceptiques, les monstres ont nagĂ© Ă  environ 200 mĂštres. Lagresille :

« Nous avons donnĂ© la chasse Ă  l’un d’eux pendant trente-cinq minutes, et Ă  un moment particulier, nous l’avons vu clairement Ă  200 mĂštres de la proue, flottant horizontalement. Il a eu trois ondulations  fluides, terminĂ©es avec l’apparition de sa tĂȘte, qui ressemblait beaucoup Ă  celle d’un phoque, mais deux fois la taille normale. Nous ne pouvions pas voir si elle avait un cou, ou s’il faisait partie du corps, de dimensions relativement beaucoup plus grande.: c’Ă©tait la seule fois oĂč nous avons vu onduler le corps en continu. Jusque-lĂ , nous aurions pu penser que ce que nous les avons pris pour des bosses apparaissant successivement: mais d’aprĂšs le tĂ©moignage de tous les tĂ©moins le doute n’est plus permis, car, avant qu’ils n’ apparaissent, nous avons vu l’animal Ă©merger sur toute la longueur de son corps. Deux des officiers prĂ©sents possĂ©daient une camĂ©ra : ils auraient dĂ» l’utiliser Ă  ce moment-lĂ , mais ils ont Ă©tĂ© tellement surpris par ce qu’ils ont vu, que lorsqu’ils ont pensĂ© prendre des photos, l’animal a plongĂ©, pour ensuite s’Ă©loigner beaucoup plus loin avec des conditions beaucoup moins claires et dĂ©favorables Ă  la prise d’une photo.

Pour rĂ©sumer, les animaux vus par l’Avalanche  ne sont pas connus. Leur longueur est d’environ 20 mĂštres (minimum), leur couleur est grise et noire, leur tĂȘte ressemble Ă  celle d’un phoque, et leur corps est soumis Ă  des ondulations parfois trĂšs marquĂ©es : enfin, leur dos est recouvert d’une sorte de dents de scie qui enlĂšve toute ressemblance avec les cĂ©tacĂ©s connus; comme ces derniers ils rĂ©vĂšlent leur prĂ©sence en soufflant bruyamment, mais ils ne projettent pas un jet d’eau inhalĂ©e comme des baleines; c’est plutĂŽt leur respiration violente qui provoque une sorte de vaporisation de l’eau qui est Ă©jectĂ©e et pas un jet. Sans aucun doute, ces animaux, connus et craints par les Annamites, ont dĂ» donner l’idĂ©e du Dragon, qui a Ă©tĂ© modifiĂ© et amplifiĂ© par la lĂ©gende, que l’on retrouve dans l’emblĂšme national. « 

Il adressa Ă  l’amiral de la Bedolliere un rapport de ce qu’il avait vu. L’amiral rĂ©pondit immĂ©diatement Ă  Lagresille et s’excusa d’avoir doutĂ© de sa parole. Il voulait maintenant un effort concertĂ© pour capturer un spĂ©cimen de l’espĂšce avec les canonniĂšres. Le plan Ă©tait d’en chasser un dans les eaux peu profondes oĂč il se serait Ă©chouĂ© et pourrait ĂȘtre capturĂ©. Une crise diplomatique avec la Chine a a annulĂ© ce projet..

La Décidée

Quelques annĂ©es plus tard, mĂȘme rencontre, au mĂȘme endroit. Le lieutenant L’Eost fait un rapport officiel au contre-amiral de Jonquieres d’un monstre qu’il a vu depuis la canonniĂšre La DecidĂ©e en mai 1903 :

Ce jour-lĂ , la canonniĂšre La DĂ©cidĂ©e avait appareillĂ© pour un exercice sous le commandement du lieutenant de vaisseau L’Eost.

Dans l’aprĂšs-midi, Ă  la hauteur d’un Plot baptisĂ© « La Noix », l’attention de l’Eost fut attirĂ©e par une tache noire gisant Ă  300 mĂštres Ă  bĂąbord du navire.

– Sans doute un banc de roches qui n’est pas marquĂ© sur la carte, pensa L’ Eost.

Il décida de réparer cette omission et mit le cap sur les roches inconnues.

– Curieux, dit le docteur Lowitz qui se tenait aux cĂŽtĂ©s de L’Eost sur la passerelle, on dirait une tortue.

– Une Ă©norme tortue, alors, si votre hypothĂšse est exacte, rĂ©pondit L’Eost.

Les deux hommes avaient saisi leurs jumelles. Cette roche était curieuse en effet. Des algues paraissaient en couvrir la surface, évoquant des écailles. La couleur était jaune foncé.

– Une Ă©norme tortue, rĂ©pĂ©tait L’Eost.

Ils allaient ĂȘtre fixĂ©s.

Dans le Bulletin de la SociĂ©tĂ© PrĂ©historique de septembre 1936, un article expose les diffĂ©rentes explications biologiques au phĂ©nomĂšne. L’hypothĂšse d’une reprĂ©sentant isolĂ© d’une espĂšce inconnue ou « disparue » est dĂ©battue :
Réfutant les hypothÚses sur de jonques retournées, des poissons géants, de mammifÚres ou des cétacés, Alfred Matthieu Giard, zoologue, privilégie lui, en 1904, la survie de spécimens proches des dinosaures

La DĂ©cidĂ©e approchait. Un canot avait Ă©tĂ© armĂ©, prĂȘt Ă  ĂȘtre mis Ă  l’eau. Tous Ă  bord gardaient un silence tendu.

Comme si la mer s’Ă©tait retirĂ©e brusquement, d’autres rochers apparurent, sur une mĂȘme file, mais trĂšs prĂšs les uns des autres, sĂ©parĂ©s par une distance d’un mĂštre Ă  un mĂštre cinquante.

– Ils remuent !

Cette exclamation du timonier Sourimant ne traduisait pas une impression, mais bien une rĂ©alitĂ© car les rochers se dĂ©plaçaient, en effet, animĂ©s d’une sorte de translation horizontale.

– Un mouvement sismique… murmure L’Eost.

C’Ă©tait une hypothĂšse acceptable. Toutefois, il Ă©tait Ă©tonnant que la mer restĂąt calme, hormis un lĂ©ger remous causĂ© par le dĂ©placement des rochers.

Quelques secondes s’Ă©coulĂšrent encore. L’Eost avait donnĂ© l’ordre de stopper les machines. Il ne croyait plus au mouvement sismique, mais Ă  la prĂ©sence d’un ou plusieurs animaux dont il imaginait mal l’espĂšce.

– Je mets Ă  l’eau le canot, commandant ?

L’Eost n’eut pas le temps d’en donner l’ordre. Les rochers venaient de subir une fantastique mĂ©tamorphose. Aux yeux stupĂ©faits de l’Ă©quipage de la canonniĂšre, apparaissait une masse allongĂ©e, ondulant sur une longueur de vingt mĂštres et Ă©voquant un Ă©norme reptile Ă  la peau rugueuse, de couleur brune.

La tĂȘte restait invisible. Soudain, le serpent disparut.

Mosasaurus est un reptile marin gĂ©ant qui vivait au CrĂ©tacĂ© supĂ©rieur, il y a entre 70 et 65 millions d’annĂ©es. Il mesurait 17 mĂštres de long. C’est un proche parent des varanidĂ©s et des serpents. Comme les baleines et les dauphins, Mosasaurus Ă©tait adaptĂ© Ă  la vie marine et respirait Ă  l’air libre. Il occupait le sommet des chaĂźnes alimentaires, il chassait des tortues, des plĂ©siosauridĂ©s, des ptĂ©rosaures, des calmars, des poissons et des mosasauridĂ©s plus petits. (wiki)
Ichthyosaure et Plesiosaure  par Édouard Riou, 1863

– Vous avez vu, commandant? demanda un matelot.

L’Eost ne rĂ©pondit pas Ă  la question naĂŻve.

– Ce qui m’Ă©tonne, dit enfin le docteur Lowitz, c’est que je n’ai pas aperçu la tĂȘte.

– Il m’a semblĂ© la distinguer, dit L’Eost. Elle Ă©tait plate et triangulaire.

Les deux hommes guettaient la surface de l’eau, dans l’espoir d’une seconde apparition.

– LĂ -bas !

A 150 mĂštres de la canonniĂšre, prĂ©cĂ©dĂ© d’un tourbillon d’Ă©cume, le corps rugueux surgissait de nouveau, comme une Ă©nigme posĂ©e sur la mer. Cette fois il avançait avec rapiditĂ©.

– La tĂȘte !

Elle avait Ă©mergĂ© brusquement. On discernait le crĂąne triangulaire, l’oeil plissĂ©. Le diamĂštre de la tĂȘte Ă©tait de 80 centimĂštres environ. Elle soufflait un fin jet d’eau vaporisĂ©e.

– Il vient vers nous !

L’animal ondulait en direction de la canonniĂšre qu’il ne semblait pas voir. L’Ă©quipage eut le loisir de l’observer, comme une illustration d’une lĂ©gende de la mer qui s’animerait sous leurs yeux, la lĂ©gende de ce serpent de mer dont le nom fit trembler des gĂ©nĂ©rations de marins, mais qui, en cette occurrence, semblait inoffensif.

Il plongea Ă  l’arriĂšre de la coupĂ©e, surgit de nouveau quelques secondes Ă  tribord. Enfin, il disparut, cette fois dĂ©finitivement.

Il s’agit d’un cas intĂ©ressant car il a de nombreux tĂ©moins, tous des marins expĂ©rimentĂ©s, qui ont observĂ© le monstre Ă  partir d’un certain nombre de points de vue diffĂ©rents.

Ce mĂ©galithe est situĂ© sur la montagne Mokhnataya dans la rĂ©gion de l’AltaĂŻ, Ă  environ 20 kilomĂštres de la ville de Belokurikha. Les traits de ce dragon sont uniques, diffĂ©rents du dragon chinois. Ce mĂ©galithe a Ă©tĂ© dĂ©couvert en 2017, est considĂ©rĂ© comme ĂągĂ© d’au moins 12 000 ans ce qui en ferait une des plus anciennes reprĂ©sentation de dragon connues. Des recherches doivent ĂȘtre entreprises pour tenter d’en savoir plus sur ces formations rocheuses, que certains soupçonnent ĂȘtre d’origine naturelle.

Bizarrement, l’ExtrĂȘme-Orient russe a produit des histoires aussi.

L’explorateur russe Alexander Remple a Ă©tĂ© racontĂ© de nombreuses histoires sur des crĂ©atures ressemblant Ă  des dragons dans la taĂŻga. Connus par les indigĂšnes sous le nom de paymurs, ils sont dĂ©crits comme ayant des tĂȘtes comme le poisson de karissme, mieux connu sous le nom de poisson-chat wels (Silurus glanis) et les corps comme les crocodiles. Il convient de noter ici que les dragons d’ExtrĂȘme-Orient ont Ă©tĂ© dit d’avoir des barbeaux comme ceux sur le museau d’un poisson-chat.

Le silure glane (Silurus glanis) est le plus grand poisson d’eau douce d’Eurasie et le troisiĂšme plus grand au monde, pouvant atteindre plus de 2,7 m de longueur et 130 kg

Un homme, Anatoly Komandigu, a parlĂ© de trois chasseurs qui ont Ă©tabli leur campement prĂšs d’un monticule couvert de neige au crĂ©puscule, et ont allumĂ© un feu. Ils se sont assis avec le dos face au monticule et se sont rĂ©chauffĂ©s prĂšs du feu. Soudain, ils ont senti le monticule dans leur dos vibrer. En se tournant, il vit que le  «monticule» Ă©tait un Ă©norme reptile recouvert d’Ă©paisses Ă©cailles grises et noires. Il avait les jambes courtes et une longue queue. Nul besoin de prĂ©ciser que les hommes ont fui. Trois jours plus tard, ils sont revenus pour rĂ©cupĂ©rer l’Ă©quipement laissĂ© dans la panique. Ils ont dĂ©couvert les restes d’un animal, peut-ĂȘtre la proie du dragon de cette rĂ©gion.

Huit boucles de ceinture Ă  effigie de dragon, datĂ©e de plus de 2000 ans, ont Ă©tĂ© trouvĂ©es au milieu des annĂ©es 1970 dans un champ labourĂ© de la rĂ©publique de Kakhassie. On retrouve ici le caractĂšre trĂšs ancien et unique du dragon de SibĂ©rie : «En Chine Ă  cette Ă©poque, c’est l’Ăšre Han, et l image stable d’un dragon, plus tard l’un des principaux symboles de l’identitĂ© nationale, n’existait pas encore. Pourtant, Ă  la mĂȘme pĂ©riode en SibĂ©rie, nous avons de nombreuses images de dragons dans une pose serpentine typique  », a dĂ©clarĂ© Andrei Borodovsky, chercheur Ă  l’Institut d’archĂ©ologie et d’ethnographie, qui fait partie de la branche sibĂ©rienne de l’AcadĂ©mie russe des sciences.

Alexander Remple a interviewĂ© un homme de 71 ans, Vladimir Semyonovich Kuzetsov. C’était un chasseur chevronnĂ© dans la taĂŻga russe. Quelques annĂ©es avant la Seconde Guerre mondiale, il est tombĂ© sur ce qui semblait ĂȘtre un rituel paĂŻen exĂ©cutĂ© par des nomades de la taĂŻga. Il avait repĂ©rĂ© un feu de joie et entendu chanter. Il s’approcha tranquillement du clearing et observa un demi-cercle de personnes autour du feu, chantant des chansons dans une langue qu’il ne comprenait pas. Par le soleil couchant, il les vit accomplir des gestes incomprĂ©hensibles avec leurs mains. Ils ont commencĂ© Ă  s’incliner. De la direction du coucher du soleil, il percevait quelque chose d’Ă©norme rampant hors de la forĂȘt. La forme est finalement apparue ĂȘtre un serpent noir gĂ©ant d’une dizaine de mĂštres de long. Kuzetsov croit qu’il a vu des petites pattes avant de la crĂ©ature, mais ne peut pas ĂȘtre sĂ»r. Le peuple a haussĂ© la voix dans un chant guttural et Kuzetsov a eu peur. Tournant, il s’enfuit follement Ă  travers les arbres ne voyant pas la piste. Il a oubliĂ© combien de temps il a couru, mais ses mains et son visage Ă©taient couverts de coupures quand il s’est finalement arrĂȘtĂ©.

Lac Labynkyr, Yakoutie le « Loch Ness » sibĂ©rien. SituĂ© Ă  5000km Ă  l ‘est de Moscou, le lac n ‘est qu’Ă  60km de la colonie d’Oymyakon, l ‘endroit habitĂ© le plus froid sur terre. Or, le lac Labynky ne gĂšle pas pendant l ‘hivers, contrairement Ă  tous les autres lacs de la rĂ©gion
Lyudmila Emelyanova, professeure agrĂ©gĂ©e en biogĂ©ographie, de l’UniversitĂ© d’État de Moscou travaille avec un sonar pendant une expĂ©dition au lac Labynkyr en Yakoutie
Lyudmila Emelyanova : avec le sonar, nous avons enregistrĂ© une« ombre » Ă  quelque 15-17 mĂštres sous notre bateau, il faisait environ 6,5 mĂštres de long. C’Ă©tait assez clair, ce n’Ă©tait pas un poisson et pas un arbre. Il ne peut pas y avoir de poisson aussi gros, et un tronc aurait eu une signature diffĂ©rente. Quelle est donc cette chose qui peut nager sous l’eau?  » les scientifiques ont dessinĂ© en rouge Ă  quoi ils imaginaient que la crĂ©ature aurait pu ressembler

Comment les grands reptiles pourraient-ils survivre dans des climats si froids ? Nous savons que certains dinosaures ont fait face Ă  des climats frais, mais rien d’aussi extrĂȘme que les hivers sibĂ©riens. L’Ă©norme tortue luth Ă  dos de cuir (Dermochelys coriacea) est un reptile qui peut survivre dans les eaux froides en Ă©tant gigantothermic. Sa taille l’aide Ă  conserver sa chaleur corporelle. La tortue luth n’est pas une crĂ©ature allongĂ©e comme nos dragons sibĂ©riens. Les animaux allongĂ©s font des gigantotherms beaucoup moins efficaces que les crĂ©atures de forme plus trapue comme les tortues. Peut-ĂȘtre que nos dragons hibernent et sont actifs pendant les brefs mois d’Ă©tĂ©. Mais cela n’explique pas les observations des monstres dans la glace et la neige.

Les lĂ©gendes de dragon ont beaucoup de fils tissant une tapisserie riche des lĂ©gendes remontant Ă  l’Ă©poque prĂ©historique. Il semble qu’au moins certaines de ces histoires sont basĂ©es sur des rencontres avec plusieurs types de reptiles massifs inconnus de la science moderne.

FIN

Richard Freeman, membre Ă©minent du Center for Fortean Zoology, http://www.cfz.org.uk/, il est la dĂ©finition mĂȘme du cryptozoologue : un passionnĂ©, un aventurier, un Ă©crivain, un libre-penseur, quelqu’un qui consacre sa vie Ă  enquĂȘter sur les mystĂšres du monde animal, aux quatre coins du monde. Son dernier ouvrage est disponible notamment ici : https://www.bookdepository.com/Adventures-Cryptozoology-Richard-Freeman/9781642500158

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