Par Richard Freeman

Dragons ailés
Une thĂ©orie intĂ©ressante a Ă©tĂ© avancĂ©e par l’auteur Peter Dickinson, dans un livre remarquable publiĂ© en 1979. Dans The Flight of Dragons, Dickinson tente quelque chose qui n’a pas Ă©tĂ© fait depuis les Monstres mythiques de Charles Gould – expliquer les dragons ailĂ©s et le feu qu’ils crachent comme s’ils Ă©taient de vrais animaux dans le cadre reconnu de la zoologie.

ImpressionnĂ© par le caractĂšre universel des lĂ©gendes de dragons, Dickinson croyait qu’ils avaient une base vĂ©ridique. Mais la premiĂšre et principale pierre d’achoppement Ă©tait la taille des dragons – des animaux qui, aprĂšs tout, Ă©taient censĂ©s avoir volĂ©. En regardant les reconstructions mĂ©diĂ©vales, il a estimĂ© leur poids Ă environ 9 tonnes. Pour pouvoir ĂȘtre soulevĂ© grĂące Ă la puissance musculaire de ses ailes, un dragon de ce poids aurait besoin d’une envergure de plus de 180 mĂštres – beaucoup trop massif pour ĂȘtre rĂ©el. Et comment un animal pourrait-il projeter du feu ? Ces problĂšmes lui semblaient insurmontables, jusqu’Ă ce qu’ il tombe par hasard sur des images de l’accident du Hindenburg.

« … un jour, il m’est arrivĂ© de voir Ă la tĂ©lĂ©vision un vieux film dâactualitĂ© sur la chute du dirigeable Hindenburg, et presque en un Ă©clair, toutes mes idĂ©es ont changĂ©. Alors que je regardais la forme monstrueuse se froisser et sâĂ©crouler en flammes, avec les nuages de fumĂ©e tourbillonnant au-dessus, je me suis dit : il s’est enflammĂ©, puis il est tombĂ© ; et mon esprit nâa fait quâun tour. Toutes les piĂšces du puzzle que jâavais assemblĂ©es jusque-lĂ volaient en Ă©clat et se retrouvaient dans une place diffĂ©rente. J’ai compris que le Hindenburg n’Ă©tait pas seulement une trĂšs grosse machine qui volait- c’Ă©tait une machine qui ne pouvait voler que parce qu’elle Ă©tait trĂšs grande. De mĂȘme, les dragons pouvaient voler parce que la plupart de leurs corps Ă©taient creux et remplis d’un gaz plus lĂ©ger que l’air. Ces dragons avaient besoin d’un corps Ă©norme capable de contenir suffisamment de gaz pour garantir lâĂ©lĂ©vation complĂšte de la bĂȘte malgrĂ© son poids. Les dragons n’avaient donc pas besoin d’Ă©normes ailes, parce qu’ils les utilisaient uniquement pour le dĂ©collage et les manĆuvres.
Les dragons respiraient du feu parce cela leur était nécessaire, une condition indispensable pour réussir leur mode de vol spécialisé.


Aldrovandi (1522-1605) mĂ©decin et naturaliste de Bologne, auteur de 3 600 livres imprimĂ©s et d’environ 300 manuscrits dont une histoire naturelle, il possĂ©dait un cabinet de curiositĂ© de 18 000 piĂšces, dont d’aprĂšs lui, un squelette de dragon
La thĂ©orie de Dickinson postule que le dragon a Ă©voluĂ© Ă partir de grands dinosaures carnivores rapides comme Tyrannosaurus rex. Ils auraient ensuite dĂ©veloppĂ© d’Ă©normes estomacs ballonnĂ©s qu’ils ont remplis d’hydrogĂšne gazeux, rendant ainsi possible le vol. L’hydrogĂšne se formait Ă partir d’un mĂ©lange d’acide chlorhydrique dans l’intestin, mĂ©langĂ© au calcium des os de leurs victimes. Mais le gaz provoquait en consĂ©quence la digestion partielle de leur propre structure osseuse. Le calcium prĂ©levĂ© sur leurs propres os Ă©tait donc constamment remplacĂ© par une consommation rĂ©guliĂšre de calcaire. Cela pourrait expliquer la passion lĂ©gendaire des dragons pour l’antre des grottes.

Sa forme mĂȘme suggĂ©rait une sorte poche de gaz. (…) j’avais rĂ©ussi Ă mettre en place tout ce que je savais sur les dragons – pourquoi ils se promenaient dans des grottes, autour desquelles rien ne poussait jamais, et oĂč des tas d’or pouvaient ĂȘtre trouvĂ©s, pourquoi leur rĂ©gime prĂ©fĂ©rĂ© Ă©taient les princesses, comment et pourquoi ils crachaient du feu, pourquoi ils n’avaient qu’un seul endroit vulnĂ©rable et pourquoi leur sang fit fondre la lame de l’Ă©pĂ©e qui les a tuĂ©s, etc. â tout cela formait une thĂ©orie cohĂ©rente qui montrait autant d’ Ă©tapes nĂ©cessaires dans l’Ă©volution vers le vol plus lĂ©ger que l’air.
Leur vaste corps rempli par ce gaz, l’animal a agi essentiellement comme un dirigeable vivant. Comme tout chimiste le sait, l’hydrogĂšne mĂ©langĂ© Ă l’oxygĂšne est trĂšs inflammable. C’est lĂ que l’attribut le plus cĂ©lĂšbre du dragon â le feu qu’il crache- entre en jeu. Les dragons avaient besoin dâexpirer des flammes afin de contrĂŽler leur vol. Pour dĂ©coller, ils gonflaient de gaz leurs estomacs, et pour descendre ils brĂ»laient le gaz en le respirant – peut-ĂȘtre avec un catalyseur chimique, comme le feu.
Son souffle ardent reprĂ©sentait aussi une arme redoutable – un jet de flamme vengeur pour tuer les proies et pour impressionner les autres membres de son espĂšce. Une arme similaire est utilisĂ©e par le colĂ©optĂšre bombardier (Brachinus) qui crache un jet de produits chimiques bouillants sur ses ennemis. Les deux composants chimiques sont produits Ă partir de glandes diffĂ©rentes, et n’atteignent des tempĂ©ratures aussi Ă©levĂ©es quâune fois Ă l’extĂ©rieur du corps du colĂ©optĂšre.

Les ailes des dragons partent elles de lâĂ©norme cage thoracique – un peu comme celle du lĂ©zard moderne Draco volans, une petite espĂšce utilisant le vol planant, souvent appelĂ©e le «dragon volant». Chez le dragon, les ailes Ă©taient recouvertes d’une membrane ressemblant Ă celle dâune chauve-souris et Ă©taient utilisĂ©es par l’animal pour naviguer en vol.

Dickinson croit aussi qu’il peut ainsi expliquer certains des aspects les plus Ă©sotĂ©riques des lĂ©gendes du dragon. Le culte de l’adoration des dragons aurait surgi de la peur des gens primitifs d’une crĂ©ature aussi terrifiante. Les fameux trĂ©sors auraient Ă©tĂ© amassĂ©s pour apaiser les monstres. Dickinson dit que les dragons auraient utilisĂ© l’or comme matĂ©riau de nidification car il est non-combustible et assez doux. Leur affection pour les vierges peut avoir sa genĂšse dans le culte humain et le sacrifice de victimes de haut-rang, peut-ĂȘtre nĂ©es et Ă©levĂ©es spĂ©cifiquement pour des sacrifices aux dragons.

Sa thĂ©orie fournit Ă©galement une bonne raison pour laquelle il n’y a pas de fossiles de dragons connus. En vie, une Ă©paisse couche de mucus le long des parois de l’estomac piĂ©geait le puissant acide chlorhydrique nĂ©cessaire pour produire de l’hydrogĂšne. AprĂšs la mort, la muqueuse n’Ă©tait plus gĂ©nĂ©rĂ©e, et l’acide a tout simplement dĂ©truit le corps de l’animal. La crĂ©ature s’est littĂ©ralement digĂ©rĂ©e. D’oĂč lâabsence d’os et de fossiles de dragon. C’est pour cette raison mĂȘme que la thĂ©orie de Dickinson est impossible Ă prouver. En effet, il sâest pris Ă son propre jeu, et sa merveilleuse thĂ©orie doit – pour l’instant – rester juste une hypothĂšse allĂ©chante.
Mais les observations de dragons ailĂ©s se produisent encore dans l’Ăšre moderne. Imaginez un globe fantomatique et Ă©thĂ©rĂ© de lumiĂšre qui semble flotter dans le ciel nocturne. En occident, cela serait sans doute appelĂ© un ovni, et certains le qualifierait de vaisseau spatial extraterrestre.


Pour le peuple Namaqua de Namibie, cependant, cette lumiĂšre signifierait quelque chose d’infiniment plus terrifiant – un dragon de l’apocalypse. Les Namaqua signalent de telles crĂ©atures depuis des dĂ©cennies. Leur serpent volant est dĂ©crit comme Ă©tant de la taille d’un grand python, jaune, mouchetĂ© de brun. De son crĂąne, deux cornes germent, et une paire d’ailes ressemblantes Ă des chauves-souris poussent derriĂšre la tĂȘte. Le plus Ă©trange : une boule de lumiĂšre rougeoyante est censĂ©e briller sur son front. Cela rappelle de façon frappante les perles ou les bijoux magiques qui Ă©taient selon les lĂ©gendes incrustĂ©s dans les tĂȘtes des dragons asiatiques. Il serait facile de cataloguer cela comme du folklore indigĂšne, cependant des colons europĂ©ens les ont vus ainsi.
En janvier 1942, Michael Esteruise, 16 ans, s’occupait des moutons lorsque quelque chose sort d’une grotte au sommet d’une colline voisine et lance une attaque.
« J’ai entendu un bruit comme du vent soufflant Ă travers un tuyau, puis soudain le serpent sâest mis Ă voler dans les airs, vers moi… .il a atterri avec un bruit sourd et je me suis jetĂ© hors de son chemin. Le serpent a dĂ©rapĂ©, jetant du gravier dans toutes les directions. Puis il sâest Ă©levĂ© dans l’air Ă nouveau, passant juste au-dessus d’un petit arbre, et est retournĂ© sur le sommet dâune colline tout proche «

Michael avait Ă©tĂ© envoyĂ© par son pĂšre – propriĂ©taire d’une vaste ferme Ă Keetmanshoop, dans le sud de la Namibie – pour sâoccuper du « mumbo-jumbo » indigĂšne qui lui avait coĂ»tĂ© Ă la fois des hommes et l’argent. Tous ses ouvriers agricoles Ă©taient partis aprĂšs qu’il eut ignorĂ© leurs histoires d’un serpent volant gĂ©ant qui flottait dans les airs au-dessus des montagnes oĂč paissaient ses moutons. Il a finalement mandatĂ© son garçon pour montrer Ă ces « sauvages ignorants » la folie de telles croyances. Le garçon n’est pas revenu. Il a Ă©tĂ© retrouvĂ© plus tard inconscient, et quand il est revenu Ă lui, a racontĂ© son histoire dramatique. Curieusement, il a racontĂ© que le serpent sentait le « laiton ( alliage zinc + cuivre) brĂ»lĂ© ». La police et l’agriculteur sont venus enquĂȘter juste Ă temps pour apercevoir le serpent ailĂ© ramper dans sa grotte. Des bĂątons de dynamite allumĂ©s ont Ă©tĂ© lancĂ©s Ă sa suite. AprĂšs les explosions, ils ont entendu un faible gĂ©missement pendant un certain temps, qui a finit par sâĂ©teindre.
Cet incident a fait l’objet d’une enquĂȘte par une autoritĂ© non moins compĂ©tente que le Dr Marjorie Courtenay-Latimer, une femme immortalisĂ©e Ă jamais dans les annales de la cryptozoologie comme la dĂ©couvreuse du coelacanthe (Latimeria chalumnae) – un poisson archaĂŻque que l’on croyait Ă©teint depuis 65 millions d’annĂ©es. Elle a interviewĂ© le garçon qui l’a emmenĂ©e sur les lieux de l’attaque. Elle ne pouvait pas voir la bĂȘte, mais observa le grand sillon qu’elle avait creusĂ© dans la poussiĂšre. Elle a Ă©galement remarquĂ© lâabsence de petits animaux comme les oiseaux et les rats.


En 1988, le professeur Roy Mackal – mieux connu pour ses excursions au Congo – a enquĂȘtĂ© sur des tĂ©moignages fantastiques issus dâ une propriĂ©tĂ© isolĂ©e appartenant Ă des colons allemands. Les habitants ont dĂ©crit une crĂ©ature massive sans plumes, dâune envergure de neuf mĂštres, qui a planĂ© entre deux collines distante l’une de l’autre dâenviron 2km, au crĂ©puscule. La chose semblait avoir des repaires dans les crevasses des collines. Les membres de l’Ă©quipe ont dĂ©couvert les restes de carcasses d’autruches dans des zones trĂšs inaccessibles, et ont conclu que les crĂ©atures avaient chassĂ©, avant de ramener leur proie dans la zone du nid. Mackal est retournĂ© aux Ătats-Unis sans avoir trouvĂ© l’animal, mais peu de temps aprĂšs, un membre de son Ă©quipe a eu de la chance. James Kosi – qui Ă©tait restĂ© en Namibie pendant un certain temps – a vu le monstre d’une distance d’environ 300 mĂštres. Il l’a dĂ©crit comme un planeur gĂ©ant, noir, avec des marques blanches.
Au milieu des annĂ©es 1970, la plus intense vague d’observations modernes de dragons a atteint son apogĂ©e. La scĂšne de cet Ă©pisode se trouvait ĂȘtre la vallĂ©e du Rio Grande, et sa star principale : une horreur reptilienne que la presse a alors surnommĂ© « Big Bird ». La rĂ©gion n’Ă©tait pas une friche dĂ©solĂ©e, mais une zone semi-urbaine cosmopolite du Texas. Des hordes d’adolescents armĂ©s erraient alors dans les rues dans l’espoir d’encaisser la rĂ©compense offerte pour la capture du monstre. Les ornithologues ont essayĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©ment dâexpliquer la apparitions comme Ă©manant de quelques espĂšces banales et connues. Les pĂ©licans, les hĂ©rons et les hiboux figuraient parmi ces thĂ©ories hĂątives. Ceux qui avaient vu la chose savaient qu’il ne sâagissait pas d’ un oiseau au pedigree normal. Certaines des observations ont Ă©tĂ© faites par des tĂ©moins multiples.


Ă la mi-janvier 1976, deux sĆurs – Libby et Deany Ford – ont vu un oiseau noir de la mĂȘme taille que « big bird » qui se cachait au bord d’un Ă©tang prĂšs de Brownsville. En comparant plus tard avec ce quâelles ont trouvĂ© dans les livres, elles l’ont identifiĂ© comme un Pteranodon – un gigantesque ptĂ©rosaure Ă crĂȘte Ă©teint il y a 65 millions d’annĂ©es.
L’observation suivante n’Ă©tait pas seulement une observation collective, mais elle a impliquĂ© trois enseignants d’Ă©cole primaire. Le 24 fĂ©vrier, Patricia Bryant, Marsha Dahlberg et David Rendon se rendaient en voiture le long d’une route isolĂ©e au sud-ouest de San Antonio. Ils ont pris peur quand un Ă©norme animal ailĂ© a volĂ© prĂšs du sol sur la route, jetant une ombre Ă©norme avec ses ailes. Le trio a estimĂ© son envergure Ă plus de six mĂštres. Tous ont dit qu’il avait d’Ă©tranges ailes osseuses. Rendon a Ă©tĂ© particuliĂšrement frappĂ© par cela.
« … il avait d’Ă©normes ailes, mais les ailes Ă©taient trĂšs particuliĂšres comme, il avait une structure osseuse, vous savez, comme quand vous tenez une chauve-souris par les extrĂ©mitĂ©s de l’aile, il y a des os au sommet des ailes et entre les deux. «
La bĂȘte Ă©tait pratiquement aussi haute qu’un poteau tĂ©lĂ©graphique et a aurait eu une crĂȘte proĂ©minente. En arrivant Ă l’Ă©cole, ils ont cherchĂ© dans une pile d’encyclopĂ©dies jusqu’Ă ce qu’ils trouvent une correspondance – le ptĂ©ranodon encore une fois.

Ailleurs, d’autres monstres reptiliens volants ont Ă©tĂ© vus au-dessus de l’AmĂ©rique.
En 1783, un orfÚvre et sa fille ont été pris en chasse sur la colline de Rattlesnake Hill prÚs de Silver Run, Maryland. Ils ont décrit la créature comme « un dragon ardent aux mùchoires béantes ».
Dans une lettre au Fredrick News – un journal dans le Maryland – un homme qui s’est signĂ© « R.B » a affirmĂ© avoir vu un dragon. Ă 6h30 un matin ce jour de 1883, alors qu’il se tenait au sommet d’une colline, il vit un dragon monstrueux avec des globes oculaires Ă©clatants, une large bouche et une langue qui pendait comme une flamme de ses mĂąchoires. La crĂ©ature s’Ă©lĂšve dans le ciel puis plonge au-dessus du mont Catotcin. Cela rĂ©sonne comme le mĂȘme type de crĂ©ature dĂ©crite plus haut.
En 1873, dans le ciel de Bonham, au Texas, un serpent volant se manifeste. Des hommes travaillant dans une ferme ont vu un serpent rayĂ© jaune, de la taille d’un poteau tĂ©lĂ©graphique, flottant dans le ciel. La crĂ©ature s’enroulait, puis se prĂ©cipiterait vers l’avant comme si elle frappait quelque chose. Peu de temps aprĂšs, la bĂȘte a Ă©tĂ© vue au-dessus de Fort Scott, Kansas.

C’Ă©tait peut-ĂȘtre le mĂȘme animal que lâautrice Mari Sandoz avait dĂ©crit plus tĂŽt :
« Dans les moments difficiles de 1857-1858, il y avait ces histoires dâun serpent volant qui planait au-dessus d’un bateau Ă vapeur de la riviĂšre Missouri, ralentissant comme pour un atterrir… Au crĂ©puscule, c’Ă©tait comme un grand serpent ondulant, entrant et sortant des bas nuages, expirant du feu semblait-il, avec des stries Ă©clairĂ©es le long des cĂŽtĂ©s. «
La scĂšne sâest dĂ©roulĂ©e dans le comtĂ© de Darlington, Caroline du Nord en 1888. Des tĂ©moins ont affirmĂ© avoir vu un reptile ailĂ© de plu de 4m de long qui volait aussi vite qu’un faucon et qui avait fait un sifflement. Des rapports ont Ă©galement Ă©tĂ© signalĂ©s dans trois comtĂ©s voisins
En 1891, les cieux au-dessus de Crawfordsville, Indiana furent hantĂ©s par un reptile ailĂ© de 6m de long et 2m50 de large qui avait lâhabitude de fondre en piquĂ© jusquâau niveau du sol en battant ses ailes frĂ©nĂ©tiquement. Le dragon sâest manifestĂ© pendant deux nuits puis a disparu.

[Il Ă©tait] d’environ 6m de large et se dĂ©plaçait rapidement dans l’air grĂące Ă plusieurs paires de nageoires latĂ©rales. . . . Il Ă©tait d’un blanc pur et n’avait aucune forme dĂ©finie, ressemblant quelque peu Ă un grand linceul blanc Ă©quipĂ© d’ailettes propulsives. Il n’y avait ni queue ni tĂȘte visibles mais il y avait un grand Ćil enflammĂ©, et une sorte de sifflement plaintif a Ă©tĂ© Ă©mis par une bouche qui Ă©tait invisible. Il flottait comme un drapeau dans le vents au fur et Ă mesure qu’il avançait et donnait frĂ©quemment un grand tortillement comme s’il souffrait d’une agonie inexprimable. Pour certains il ne s’agissait que d’un essaim de pluviers kildir dĂ©sorientĂ©s par la rĂ©cente installation de l ‘Ă©lectricitĂ© en ville.
Dans une lettre publiĂ©e dans Occult review de dĂ©cembre 1917, (par un homme qui se qualifiait lui-mĂȘme dâ « aviateur philosophique ») – l’auteur avait Ă©tĂ© informĂ© d’une rencontre entre un pilote aĂ©rien de la PremiĂšre Guerre mondiale et un dragon. Alors quâil se trouvait Ă une hauteur considĂ©rable, le pilote avait vu un dragon s’approcher rapidement de lui. Il fit plonger son avion pour Ă©viter une collision avec le reptile colorĂ©. En atteignant la terre, il ne dit rien Ă ses collĂšgues de peur qu’ils le pensent ivre. Ce tĂ©moignage est suspect dâabord parce que les dĂ©tails manquent. L’auteur, le tĂ©moin sont anonymes, et l’emplacement n’est mĂȘme pas mentionnĂ©. L’observation peut avoir Ă©tĂ© causĂ©e par la privation d’oxygĂšne Ă une grande hauteur. Pourtant, un autre tĂ©moignage semblable suffit Ă re-donner du poids Ă l’histoire du pilote.


Une nouvelle fois, l’Occult Review a repris l’histoire avec une lettre de Georges Lajuzan-Vigneau imprimĂ©e en avril 1918. Il affirme avoir vu une lettre dans un journal Français en 1909. L’histoire implique trois aviateurs qui ont rencontrĂ© dans le ciel un dragon bleutĂ© Ă©norme, qui a rattrapĂ© leurs avions, et a continuĂ© Ă gentiment voler Ă la mĂȘme vitesse, parallĂšlement Ă eux. Les hommes paniquĂšrent, et commencĂšrent Ă descendre de lâavion, aprĂšs quoi le dragon s’empara d’un des trois pilotes, et s’envola avec lui. Une histoire sombre, avec peu de preuves pour lâĂ©tayer.

En octobre 2001, Stevenson Fisher de Camden, Minnesota a vu un monstre volant avec une envergure de 7m. La crĂ©ature grise avait des ailes de cuir ou de peau fine au lieu de plumes. Fisher a dit qu’il pouvait voir la lumiĂšre Ă travers les ailes. Il a volĂ© prĂšs des fils tĂ©lĂ©graphiques et le toit de sa maison. Fisher a utilisĂ© ces repaire pour Ă©valuer la taille du monstre. Il a encore vu la mĂȘme crĂ©ature (ou une autre de la mĂȘme espĂšce) cet hiver-lĂ .
Linda S. Godfrey, chercheuse en cryptozoologie a Ă©tĂ© contactĂ© par des tĂ©moins qui ont affirmĂ© avoir vu des dragons dans le Wisconsin en 2007. Un jeune homme qu’elle appelle «Jim» (un pseudonyme) a Ă©crit ce qui suit …

« Le 7 octobre 2007, Ă Oconto Falls, Wisconsin, certains de mes amis et moi Ă©tions Ă une arcade maintenant fermĂ©e. Alors que nous Ă©tions Ă l’extĂ©rieur sur le froid, sous une nuit partiellement nuageuse, l’un des gars qui Ă©tait lĂ , de Green Bay a dit qu’il pensait avoir vu quelque chose dans le ciel. La plupart des gens Ă©taient sceptiques, mais nous avons alors dĂ©cidĂ© de nous allonger sur l’herbe et sur les fourgonnettes et les camions ainsi peut-ĂȘtre nous pourrions voir ce que c’Ă©tait.
AprĂšs une quinzaine de minutes de conversation et de rires, ces Ă©motions ont changĂ© pour la surprise et la stupĂ©faction, tandis que nous regardions un Ă©norme dragon blanc mais bronzĂ© voler au-dessus des nuages. Nous savions qu’il devait ĂȘtre un dragon, parce que comment d’autre voulez-vous dĂ©crire quelque chose dont le vol Ă©tait presque silencieux, qui Ă©tait plus grand qu’un avion, avait une queue et des ailes de chauve-souris, long cou, une Ă©troite tĂȘte pointue et des Ă©cailles?
Je me souviens avoir remarquĂ© les Ă©cailles parce quâelles reflĂ©taient faiblement la lumiĂšre des lampadaires en dessous. Nous avons pensĂ© que peut-ĂȘtre nous inventions des choses, mais cinq minutes plus tard, il a volĂ© Ă nouveau, cette fois dans la direction opposĂ©e. Les huit habitants de Green Bay voulaient rester, mais ils ont dĂ» partir. Ils espĂ©raient en voir d’autres Ă la maison.
Moi et mon ami K, cependant, a dĂ©cidĂ© d’aller Ă ma maison et se sont couchĂ©s dans la cour et regarder. Ma mĂšre s’est jointe Ă nous, ne croyant pas vraiment tout cela. Mais alors qu’elle Ă©tait sur le point de partir, un autre grand a volĂ© juste au-dessus de la maison. Si je me souviens bien de ses mots » Je n ‘en crois pas un mot… Je suis fatiguĂ©e et je vais me coucher…..oh !! …nom de dieu !! «
Nous en avons vu quelques un plus petits aprĂšs cela, mais pas autant que cette nuit-lĂ . Je crois qu’ils Ă©taient en migration Ă cette Ă©poque. J’espĂšre que je vais les revoir en Octobre prochain. Quand on en a parle Ă lâĂ©cole, l’une des filles de notre groupe a affirmĂ© avoir vu la mĂȘme chose avec son cousin deux ans plus tĂŽt ».

Linda a plus tard Ă©tĂ© en contact avec la mĂšre de Jim qu’elle surnomme « Janet ». Jim avait tĂ©lĂ©phonĂ© Ă sa mĂšre pour quâelle vienne le chercher et lui avait racontĂ© ce qu’il avait vu. Janet pensait que son fils plaisantait et elle est partiele chercher. Elle a remarquĂ© une ombre traversant un parking, puis a vu une boule de feu, bleu avec orange autour traverser d’est en ouest le ciel. Jim lui a dit que lui et ses amis avaient vu la mĂȘme chose avant l’arrivĂ©e du dragon. Janet a ensuite ramenĂ© son fils Ă la maison.
Linda a Ă©galement parlĂ© Ă Jill, la sĆur de Jim. Jim l’avait poussĂ©e Ă rester en place. Le couple gisait sur un trampoline dans leur derniĂšre annĂ©e en regardant le ciel. Ils ont vu une boule de feu foncer d’est en ouest, suivie rapidement d’une autre qui se dĂ©plaçait d’ouest en est. Puis ils ont entendu un cri fort qui a fait aboyer tous les chiens du voisinage. Jill :
« Alors que nous regardions le ciel, venant de l’ouest, de la riviĂšre jusque chez nous, nous avons vu ce qui semblait ĂȘtre – et c’est la seule façon de le dĂ©crire, un dragon. Il voltigeait de haut en bas, ne battant jamais ses ailes, un peu comme une sirĂšne est … en fait il n’a jamais battu ses ailes, du tout. Et il avait l’air presque crĂšme. Le dessin le montre une vue de dessous. C’est l’estomac m’a rappelĂ© le dessous d’une vache, torse baril, et d’oĂč nous Ă©tions oĂč il avait l’air aussi grand qu’une vache. Je me souviens que la lune Ă©tait trĂšs brillante et pleine cette nuit-lĂ . Il avait une tĂȘte en forme de serpent et une queue longue. «
La crĂ©ature volait seulement 50m au-dessus de leur maison de deux Ă©tages. AprĂšs avoir regardĂ© des photos de ptĂ©rosaures ils ont jugĂ© que la structure de l’aile Ă©tait trĂšs diffĂ©rente. La famille a Ă©galement vu de plus petits dragons qu’ils ont pris pour ĂȘtre les jeunes des plus grands. Les petites crĂ©atures semblaient jouer en s’encerclant les unes les autres. Elle a poursuivi son tĂ©moignage :
« Je me fiche de ce que disent les scientifiques, ce n’Ă©tait PAS un ptĂ©rodactyle. Je pouvais voir qu’il avait des Ă©cailles nacrĂ©es et pĂąles. Et la boule de feu est venue de sa bouche. Ils Ă©taient beaux et volaient gracieusement. Je pouvais voir qu’ils avaient quatre jambes, aussi. Ils Ă©taient cachĂ©s sous eux comme quand un oiseau vole. «


En 2010, le volcan islandais Eyjafjalljokull est entrĂ© en Ă©ruption en crachant des nuages titanesques de cendres dans l’atmosphĂšre et en clouant au sol des avions pendant plusieurs semaines. Un local regardant l’Ă©ruption a vu quelque chose autour du volcan. Il s’est rendu compte que ce qu’il a vu devait ĂȘtre Ă©norme en raison de la grande distance depuis laquelle il observait. Au dĂ©but, il pensait que c’Ă©tait un avion jusqu’Ă ce qu’il discerne un battement dâailes..
Dans un e-mail Ă Lars Thomas, biologiste danois et cryptozoologue, il a dit ce qui suit:
» Comme je le vois, il n’y a que deux explications possibles, soit j’imaginais le tout, soit ce que j’ai vu Ă©tait en fait un dragon. Je trouve cela trĂšs difficile Ă croire, mais lĂ encore, je ne pense pas que je pourrais imaginer quelque chose comme ça. «
Le 18 mars 2012, dans la partie sud du comtĂ© de Fayette en Pennsylvanie. Un homme promenait son chien dans une zone rurale vers 23 h 45. Il Ă©tait devant chez lui et loin de toutes les lumiĂšres quand son attention et son regard ont Ă©tĂ© attirĂ©s en hauteur aprĂšs avoir entendu un bruit de hurlement provenant dâau-dessus de sa tĂȘte.
Volant au-dessus de lui Ă une distance d’environ 150 mĂštres Ă©tait une grande crĂ©ature volante qui, «ressemblait Ă un dragon« . Comme la crĂ©ature volante passait, il a Ă©tĂ© en mesure d’obtenir un bon aperçu de l’Ă©trange animal volant. Le corps Ă©tait long d’environ 7 mĂštres, dâenviron 5 mĂštres 50 de large, et semblait ĂȘtre brillant avec un corps comme rĂ©flĂ©chissant, sans Ă©cailles. Sa couleur Ă©tait foncĂ©e, brun auburn. Au bout des ailes, il semblait y avoir 3 Ă 4 doigts en formes de serres. Les bras autour des ailes semblaient musclĂ©s. Les ailes Ă©taient assez Ă©paisses, pas comme de la peau. Il semblait y avoir une nageoire arriĂšre des deux cĂŽtĂ©s de son corps, et la crĂ©ature montrait une queue en forme de tĂȘte de flĂšche. Le tĂ©moin a Ă©galement vu ce qui semblait ĂȘtre deux pattes arriĂšre allongĂ©es. La crĂ©ature avait une forme de cĂŽne autour de la tĂȘte qui finissait par sâaplatir sur la base du cou.
La caractĂ©ristique physique la plus Ă©trange que le tĂ©moin m’a mentionnĂ©e Ă©tait que la bouche et les yeux Ă©taient illuminĂ©s avec, «une lueur orange trĂšs inquiĂ©tante». Alors que la crĂ©ature survolait un arbre au bas de la cour et s’Ă©loignait au loin, le type entendit un bruit profond, semblable Ă la corne de brume d’un bateau. L’observation a durĂ© environ 20 secondes.
A suivre : les dragons asiatiques

Richard Freeman, membre Ă©minent du Center for Fortean Zoology, http://www.cfz.org.uk/, il est la dĂ©finition mĂȘme du cryptozoologue : un passionnĂ©, un aventurier, un Ă©crivain, un libre-penseur, quelqu’un qui consacre sa vie Ă enquĂȘter sur les mystĂšres du monde animal, aux quatre coins du monde. Son dernier ouvrage est disponible notamment ici : https://www.bookdepository.com/Adventures-Cryptozoology-Richard-Freeman/9781642500158


Tout aussi passionnant…
L’imaginaire et la rĂ©alitĂ© s’entrechoquent, s’Ă©pousent mĂȘme !
Cet article est une belle dĂ©monstration de ce que l’humanitĂ© est capable de produire Ă diffĂ©rents endroits de la planĂšte, avec diffĂ©rentes croyances, diffĂ©rents peuplements, sans mĂȘme se croiser. Au final, tous ces ĂȘtres-humains arrivent Ă produire une communautĂ© de mythologie, qui n’est pas sans incidence. On est obligĂ© de se poser la question, comment se fait-il qu’il y ait autant de corrĂ©lations entre certaines manifestations, visions, rĂ©cits, traces orales ou Ă©crites ?
En lisant ces articles, on comprend qu’il existe de maniĂšre assez universaliste une sorte de « communautĂ© de l’inconscient et du symbolisme », une sensibilitĂ© au monde oĂč toutes nos peurs ancestrales se matĂ©rialisent dans la crĂ©ation de tous ces univers de fascination.
Je pense que je vais introduire votre blog en dĂ©crivant trĂšs humblement ce que sont la cryptozoologie et la cryptoanthropologie, et puis je mettrai le dĂ©but d’un de vos articles, pour la suite il faudra cliquer sur « suite ».
Je dois trouver l’article qui fonctionne le mieux avec mon blog, afin de ne pas dĂ©router mes abonnĂ©(e)s.
Je vous prĂ©viendrai, en ce moment je manque de temps…
Corinne
P.S: les aurores boréales sont époustouflantes et si mystérieuses !
JâaimeJâaime
Exactement c’est ce que nous aimons , quand les frontiĂšres entre imaginaire et rĂ©el s’estompent. Dissiper des brouillards en abordant sĂ©rieusement le fantastique, l’obscure. Croiser les disciplines, mais pas l’orthodoxie, flirter avec l ‘incongru, l ‘inconvenant, et plus que tout un respect infini pour la parole humaine, la croyance, le tĂ©moignage.
Plus concrĂštement, les articles oscillent entre histoire du folklore et science » freaks », avec une certaine obsession pour les autres humanitĂ©s, qu’elles soient naines, velues, couvertes d’Ă©cailles…
C’est bien dommage, mais on doit le constater, ce n ‘est pas dans l ‘air du temps. Corinne, merci de l ‘idĂ©e d’introduire notre blog mais je pense que cela ne sera pas facile Ă vendre Ă vos lecteurs. pardonnez moi l ‘expression, mais vous ĂȘtes un oiseau rare !
JâaimeAimĂ© par 1 personne
Merci pour votre rĂ©ponse, vous ĂȘtes adorable !
Le film Freaks notamment, je ne suis pas sĂ»re qu’aujourd’hui il jouisse d’une bonne rĂ©putation. Ă l’heure de la cancel culture, ce genre de cinĂ©ma est surement considĂ©rĂ© comme une abomination. Alors que l’histoire est magnifique. j’adore ce film.
Bien Ă vous et surtout continuez !!
La mode n’est pas une rĂ©fĂ©rence, la culture se fout bien de ce qui est ou pas Ă la mode. Et votre travail est Ă la fois culturel, scientifique et historique. Il a sa place en ce monde.
Corinne
JâaimeJâaime