L’homme sauvage et la preuve : Le Yowie

Nous poursuivons notre revue des preuves et des éléments matériels susceptibles d’ancrer les hommes sauvages dans la réalité. Cet article va être consacré au Yowie, l ‘homme sauvage Australien. Sa présence est ancienne, le folklore qui lui est associé est riche, et aujourd’hui ses interactions avec les humains sont très bien documentées. A mon avis, on ne parle pas assez du Yowie, et on ne se rend pas suffisamment compte à quel point son univers est fascinant. Pour combler nos lacunes, et partir à sa rencontre nous avons la chance d’avoir un excellent guide.

Dean Harrison a prit le temps, un grand merci à lui, de nous affranchir sur le cas de Yowie, et de nous donner des informations. Dean Harrison est le fondateur d’ Autralian Yowie Research, qui est l’un des groupes qui enquête aujourd’hui le plus activement sur ce mystère. Parmi la masse d’informations, de témoignages, d’éléments concrets qu’ils ont recueillis, une image obtenue grâce à une caméra thermique a bénéficié d’une renommée mondiale. Avant de nous pencher sur cet élément plus précisément, commençons avec des éléments anciens, ou historiques.

Carte des observations de Yowie.

Dean Harrison: Il existe des dizaines de noms pour les Yowie dans la culture des aborigènes, selon l’endroit où ils vivaient et la tribu à laquelle ils appartenaient. Les aborigènes n’ont pas de langue écrite – seulement parlée, tant de noms des Yowie se ressemblent, mais s’épellent différemment, selon la façon dont cela sonnait à l’époque, lorsqu’un homme blanc l’a écrit. Yurri, Yowrie, Yarri etc.

Les observations ont été signalées pour la première fois peu de temps après l’arrivée des premiers navires en Australie. Les premières chasses au Yowie sont survenues entre le milieu et la fin des années 1800, lorsque des troupes se formaient et partaient à cheval dans l’intention d’en tuer ou d’en capturer un. Ils publiaient parfois des articles sur leurs efforts. Le terme Yowie a été utilisé la première fois en 1964 par un homme du nom de P.J. Gresser.

Yowie pourrait provenir des termes Yuwaalaraay /yuwi (« esprit de rêve »). Les peuples Mulgoa et Burragorang appelaient les géants poilus Yowies dans les années 1960.

Les variantes sont multiples : singe de brousse australien, Bugaloo (en Tasmanie), Dulugal, Gooligah (en Nouvelle-Galles du Sud), Hairy man, Jingara, Koy-orowen, Makoron koro (en Tasmanie), Moolu-wonk (en Australie du Sud), Moomega ( en Nouvelle-Galles du Sud), Noocoonah (en Australie-Méridionale), Quinkin, Wowee-wowee, Yahoo, Yaroma (en Nouvelle-Galles du Sud), Youree, Yowrie, Yowroo, Yuwi.

C’est un fait, dès que les Européens ont mis le pied en Australie ils ont été confrontés à ce primate velu, d’une manière ou d’une autre.

Le célèbre capitaine Cook prend possession de la majeure partie de l ‘Australie au nom de la couronne britannique en 1770, puis la politique de peuplement consistant en l’envoi de navires chargés de prisonniers début en 1788. Australian Yowie research mentionne une première référence publiée en 1788 évoquant un homme sauvage et velu dans le folklore aborigène. En 1789, nous avons ce récit d’une capture d’un homme sauvage et son transport jusqu’en Angleterre. Une histoire assez rocambolesque.

Les articles de journaux décrivant des rencontres rapprochés se multiplient tout au long du 19ème siècle, jusqu’a aujourd’hui. En 1882, ce témoignage provient d’un scientifique.

Des témoignages d’ observations répétées, sur un temps très longs, concordants et cohérents entre eux. L’enquêteur indépendant Rex Gilroy aurait ainsi collecté plus de 3000 témoignages. Des rencontres qui peuvent être particulièrement désagréables.

Dean Harrison n’est pas chasseur de Yowie par hasard, il en a vu de très près et plusieurs fois. Quelle chance, est-on tenté de penser. Mais en lisant le récit qu’il nous en fait, je ne pense pas qu’il était de cet avis à cet instant précis.

Dean Harrison : En 1995, je vivais au sommet du mont Tamborine dans la Gold Coast hinterland ( sud-est du Queensland). La propriété, une maison faite de rondins, était juchée sur un gros rocher. La clôture arrière était en grillage à poules et au-delà, il y avait un marécage.

Un soir, je rentrais du travail vers 23h. En me dirigeant vers la porte d’entrée, j’entends de forts grognements de colère venant du marais, derrière moi. La capacité vocale était bien au-delà de tout ce que j’avais jamais entendu.
C’était bipède – on l ‘entendait marcher/piétiner sur deux jambes. Il avait des mains – il arrachait le feuillage du sol et le jetait à travers les buissons.

Cela excluait tous les animaux australiens indigènes présents dans ce pays.

Quoi que ce put être, c’était trop intimidant pour aller enquêter seul dans le noir, alors je suis entré et j’ai verrouillé la porte. C’est comme un sixième sens qui te dit: quoi que tu entendes, tu ne vas pas voir.

Dean Harrison

En Juin 1997, je vivais dans un canton rural nommé Ormeau. A cette époque, je courais la nuit pour rester en forme et perdre du poids. Cette nuit-là, au lieu de courir sur une piste forestière obscure, je me suis arrêté à l’entrée pour passer un rapide coup de fil.

Au bout de quelques minutes, un bruit de fracas s’est déclenché dans la brousse derrière moi. Des branches et des petits arbres étaient piétinés, écrasés.

J’ai pensé à ce moment-là que c’était peut-être un groupe d’enfants qui s’étaient faufilés la nuit. Le bruit s’est calmé et j’ai continué ma conversation. Après environ une minute, j’ai entendu des brindilles se briser sous un pied, signe que quelqu’un s’approchait. Chaque fois qu’ils faisaient du bruit, ils s’arrêtaient un moment et recommençaient.
Maintenant les bruits se rapprochaient, il était clair que j’étais traqué, car je pouvais entendre des feuilles et des branches s’écarter pour laisser quelqu’un passer prudemment à travers.

Alors qu’ils arrivaient directement derrière moi et juste à la lisière du bush, j’ai eu une sensation soudaine sur tout mon corps. J’ai eu des frissons. Tous les poils de mon corps se sont dressés et je ne pouvais pas bouger.

Je savais que j’étais en danger. Tous mes instincts étaient en alerte maximale et je devais faire un effort pour bouger. Au moment où j’ai bougé mon pied, cette chose a laissé échapper le plus grand rugissement que j’aie jamais entendu de ma vie.
J’ai commencé à courir et il s’est mis à me poursuivre. Le fait qu’il reste juste à la lisière du bush l’a obligé à parcourir environ 3 fois ma distance, mais il m’a rattrapé en quelques secondes. Je n’avais aucun d’échappatoire.

A chaque foulée, chaque fois que son pied venait frapper bruyamment le sol, son diaphragme rebondissait, entraînant un grognement profond. En même temps, il criait et rugissait contre moi. Il cassaient de petits arbres en courant, sautait par-dessus des rondins et agrippait des arbres plus gros pour se propulser plus rapidement.

il est arrivé juste à côté de moi, je pensais que c’était la fin. Pas d’échappatoire. Trop gros, trop précis, trop rapide et trop agressif. Mes pensées à ce moment-là furent « Je suis sur le point de mourir, et je ne peux rien y faire ».

Il a ensuite commencé à courir juste devant moi pour couper ma route, mais j’ai réussi à tourner sur ma droite et à atteindre un réverbère, mais entre temps il avait franchi la lisière du bush. Heureusement maintenant j’étais trop loin.

Il a fait demi-tour, est retourné dans le bush, s’est accroupi et m’a regardé.

Un événement comme celui-là, vous le gardez en vous toute votre vie. A partir de ce moment-là, j’ai eu une soif de connaissances et de réponses.

D’après Dean Harrison, il semble y avoir différents types de Yowies dans le pays. Pour faire simple, un grand et un petit. La grande variété est signalée jusqu’à 10 pieds (3m), tandis que les petites mesurent environ 4 pieds (m) à maturité. Il est souvent décrit avec deux grandes canines. C’est un primate considéré comme nocturne, solitaire, à la démarche traînante. Il peut utiliser un bâton. Il pousse des cris, des grognements, dégage une puanteur accablante. Les chiens semblent avoir particulièrement peur de lui. Les juvéniles grimpent aux arbres.

Australian Yowie research a compilé une impressionnante collection de croquis faits par des témoins.

De nombreuses empreintes de pas ont été relevés à toutes les époques. Les pieds font en moyenne 18 pouces de long-45cm, (les légendes aborigènes les disent « tournés à l’envers »). Les orteils sont longs proportionnellement au pied, environ 5 pieds, une douzaine de cm. Elles sont très diverses, montrent souvent que trois à quatre orteils, sans aucune trace d’un gros orteil opposé. Les tailles et les formes varient considérablement.

Des empreintes de mains ont été photographiées également, certains commentaires pointent un pouce et un petit doigt semi-opposables.

Il y a très peu de documents photographiques du Yowie lui-même, mais en 2021, Australian Yowie research a obtenu un résultat spectaculaire, grâce à un procédé technique qui pourrait être décisif pour les enquêtes sur les hommes sauvage: la photographie thermique.

Dean Harrison : Mon conseil est de ne jamais utiliser de pièges caméras. Ils ne fonctionneront pas. En fait, tout ce qui fonctionne à l’infrarouge ne fonctionnera pas – ils peuvent le voir ou le détecter. Les caméras thermiques changent la donne.

Gary Lynn de Australian Yowie research et l’une des caméra thermiques utilisées par le groupe.

Nous sommes très fiers des images thermiques prises le 9 avril de cette année.
Nous avons remonté des traces qui nous ont conduits jusqu’à cet endroit. C’est grâce à notre expérience du terrain que nous avons su quels signes il fallait suivre. Et ça a marché!

Notre co-équipier Buck Buckingham s’est aventuré loin du camp tard dans la nuit pour essayer une des nouvelles caméras. C’était un pur hasard, ils se sont approchés alors qu’il filmait un panoramique dans l’obscurité Il n’avait aucune idée qu’ils étaient là. Ils n’ont fait aucun bruit. Nous avons mesurés leur taille d’après les images à environ 9 pieds de haut-2m50 avec une forte corpulence. À peu près la même taille et les mêmes dimensions qu’un autre aperçu en plein jour sur la chaîne de montagnes voisine. Au cours des mois précédents, Gary Lynn de notre groupe en avait filmé deux autres de l’autre côté de cette montagne, mais les images thermiques de Buck étaient les meilleurs que nous ayons vus dans ce pays.

Le résultat obtenu par le groupe Australian Yowie research est un symbole fort. Tout d’abord c’est le signe que le Yowie, (comme les autres hommes sauvage) est un objet filmable. Il ne s’agit pas d’une rencontre fortuite, mais bien d’une enquête de terrain, qui a porté ses fruits parce que menée par une équipe expérimentée, formée à déceler les signes de présence, capable de suivre des traces attribuées à l ‘homme sauvage que d’autres n’auraient pas remarquées. C’est une validation des méthodes et des efforts déployés par les groupes de recherches en cryptozoologie.

D’autre part l’utilisation de la caméra thermique offre une issue à un face à face stérile, une situation bloquée depuis tant d’années : l’impossibilité apparente d’obtenir des photos et vidéos indiscutables. Pour résumer, les performances des dispositifs de prises de vue employés jusqu’à aujourd’hui ne permettent pas d’obtenir la preuve par l ‘image tant attendue : des clichés, ou une séquence claire, nette, sans ambiguïté d’un homme sauvage. les obstacles techniques sont nombreux. Manque de puissance du téléobjectif, faible performance en basse lumière, défaut de stabilité, de résolution pour zoomer dans l ‘image, absence d’anticipation, etc.

L’image thermique permet de s’affranchir à la fois de l ‘obscurité et du camouflage, apparemment, et c’est fondamental, son faisceau n ‘est pas détecté par l’homme sauvage, au contraire des caméras espion fonctionnant à l ‘infrarouge, comme le souligne avec justesse Dean Harrison. La caméra thermique permet de détecter, de localiser avec précision le sujet recherché, de fixer sa présence, et de confirmer des hypothèses. Mais ensuite, l’idéal serait à mon avis, d’obtenir des prises de vues exploitables grâce à la 4k, et à des caméras adaptées à la faible luminosité. Alors l’espoir d’obtenir une image décisive est de nouveau permis.

Magistralement illustrés par le documentaire Night on earth, les progrès réalisés ces dernières années pour les prises de vues nocturnes pourraient tout changer pour les cryptozoologues. Malheureusement ce matériel haut de gamme, est encore onéreux pour les chercheurs qui s’auto-financent. Encore quelques années de patience…

Quelles retombées pour cette preuve photographique obtenue par Australian Yowie research ? Peut-elle déclencher davantage qu’une attention médiatique, l ‘intérêts de la communauté scientifique australienne ?

Dean Harrison : Je suis normalement suivi par les médias et je peux avoir une équipe de tournage à ma porte à tout moment. Cette quête du Yowie représentait quelque chose d’ amusant et ludique jusqu’à ce que nous présentions des preuves. Lorsque nous avons sorti cette séquence, tout ce que nous pouvions entendre, ce sont des grillons. On est passés d’une situation où des médias demandent toujours des histoires, à une panne soudaine. Nous nous sommes finalement retrouvés dans certains journaux et dans quelques interviews télévisées, mais pas comme nous l’avions prévu. Nous avons des contacts dans le milieu universitaire, mais ils préfèrent rester dans l’ombre. Peu de gens dans ce domaine s’expriment publiquement, et ceux qui l’ont fait au fil des ans sont malheureusement décédés. Il n’en reste plus beaucoup.

Notre rôle en tant qu’Australian Yowie Research, n’est pas de convaincre qui que ce soit, mais de produire les faits et de documenter les preuves. Nous sommes aussi là pour soutenir les témoins qui ont eu une rencontre, et soutenir d’autres chercheurs.

L’attitude de déni des savants face à un phénomène aussi complexe et troublant que celui des hommes sauvages est une évidence. Les « chasseurs de yétis » sont plus que jamais livrés à eux même, mais les progrès technologiques s’accélèrent, et vont sans doute permettre davantage de résultats.


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