Homo Erectus est-il toujours vivant ?

Du nouveau sur l’homme sauvage en Afrique

Ce titre peut paraître provocateur car il pose l’hypothèse de la survie à travers les âges d’une espèce humaine ( Homo Erectus, Habilis, Australopithèque …?) censée avoir évoluée et/ou disparue il y a des centaines de milliers d’année.  Si vous connaissez le Cœlacanthe, et bien, il s’agit d’un principe similaire : une espèce humaine fossile, certes, mais en même temps bien vivante. Est-ce possible ?

Homo Erectus, d’Elisabeth Daynés

 Pour l’anthropologue Jacqueline Roumeguère-Eberhard ( JRE) la réponse était simple : oui Homo Habilis, ou son cousin, est toujours vivant. Nous allons revenir dans cet article sur l’apport très important de Mme Roumeguère-Eberhard (décédée en 2006) à l’étude du phénomène de l’homme sauvage à travers l’ouvrage Dossier X : les hominidés non identifiés des forêts d’Afrique.

Si le travail de JRE bien connu par un petit nombre d’amateurs de cryptozoologie ici en France, il reste encore trop ignoré, surtout auprès des lecteurs étrangers, son livre n’ayant jamais été traduit en anglais ou dans une autre langue. C’est pourquoi il peut être judicieux de faire ici en quelque sorte, une piqûre de rappel.

Mais la raison principale qui nous pousse à réouvrir dans cet article le dossier des hommes sauvages en Afrique, c’est l’irruption, (et c’est un fait suffisamment rare pour que l’on y prête attention), d’un nouveau venu sur la carte mondiale de l’homme sauvage…roulement de tambour….

Voici débarqué tout droit des forêts d’Afrique du sud, le Otang ! C’est le nom que lui donnent, là-bas, les habitants locaux d’après Beyond the secret Éléphants l’ouvrage que le naturaliste et défenseur de l ‘environnement sud-Africain Gareth Patterson, vient de consacrer à ce primate mystérieux. Nous aborderons l’Otang un peu plus loin dans cet article.

Jacqueline Roumeguère-Eberhard est inconnue du grand public, car elle fut avant tout une universitaire ayant menée une carrière académique. Elle fut directrice de recherche au CNRS, l’organisme qui coordonne la recherche publique en France, elle était en quelque sorte responsable des publications concernant une partie de l’Afrique. C’était donc une immense experte, une scientifique dont la rigueur était reconnue. Mais aussi une femme forte, au destin exceptionnel, comme il n’est pas rare d’en croiser en cryptozoologie.

Jacqueline Rouméguère-Eberhard a écrit de nombreux livres et articles universitaires, en Français comme en Anglais

Jacqueline Roumeguère-Eberhard a littéralement vécu avec les populations nomades  de chasseurs/cueilleurs du Kenya, c’est justement cette expérience de vie unique qui l’a confrontée à la question de l’homme sauvage. Et le résultat de la rencontre, intellectuelle, mais pas seulement, ( elle entendit son cri «  glaçant »  plusieurs fois)  entre la jeune anthropologue qu’elle fut à son arrivée au Kenya,  et les hommes sauvages du peuple Massaïs fut….détonnant.

Les Massaï constituent une population d’éleveurs et de guerriers semi-nomades d’Afrique de l’Est, vivant principalement dans le centre et le sud-ouest du Kenya et au nord de la Tanzanie. Le fait qu’il occupe de nombreux parcs animaliers a probablement contribué à faire du peuple Massaï l’un des plus connus du grand public occidental.

Jacqueline Eberhardt naît dans la province du Transvaal en 1927, elle grandit dans une ferme, dans une famille protestante d’origine suisse. À la puberté, elle est initiée chez les Tsonga en compagnie des enfants de sa nourrice, puis chez les princesses venda où elle reçoit une initiation ésotérique. Elle obtient ensuite un master à l’université de Johannesburg mais doit fuir vers la France car elle est contre le régime d’apartheid. Elle obtient deux doctorats, notamment auprès de Claude Levi-Strauss et entre au CNRS en 1954. Mariée elle séjourne dans plusieurs pays d’Afrique pour ses recherches, puis en 1966 elle rencontre le peuple Massaïs ce qui va tout changer. Elle abandonne son époux, sa vie d’avant et restera chez les Massaïs le reste de ses jours, elle éduquera ses filles comme les autres petites filles de ce peuple.

C’est en 1984 que paraîtra son ouvrage sur les hommes sauvages du Kenya, un livre non pas publié par une université, ni dans une revue prestigieuse, mais par un éditeur grand public, Robert Laffont…et qui écrit la préface ? Un certain Bernard Heuvelmans. L’ouvrage contient plus de 7 0 témoignages quasiment tous des récits de première main.

Au tout début, l’attention de JRE a été alertée par le comportement d’un jeune guerrier à la vue d’une couverture du magazine Time. Il s’agissait de l’annonce de la découverte des fossiles d’Homo Habilis, et l’hominidé relique, du moins un masque de lui, ornait la couverture de l’hebdomadaire américain. Le jeune homme Massais, qui ne savait pas lire, se mis à raconter comment en réalité l’être qu’il reconnaissait parfaitement par son visage, était plus robustement bâti, il le savait car il l’avait vu, et avait été effrayé, un ami à lui s’était même fait brièvement capturer par cette créature. La curiosité de JRE en éveil, elle commença son travail de recherche sur ces mystérieux primates.

JRE obtint des informations sur des créatures similaires du Burundi, d’Ethiopie, du Congo, et du Gabon mais préféra rester concentrée sur le Kenya

Au fil de nombreux témoignages recueillis, sur le terrain, dans plusieurs régions différentes la scientifique se forgea une conviction : oui, des populations humaines archaïques vivent réellement, discrètement, à nos côtés.

Dans son ouvrage JRE postule l’existence réelle de plusieurs espèces d’hominidés inconnus dont certains s’apparenteraient à Homo Habilis, ou encore à Homo Erectus, dénommés par l’appellation X1, X2, X3, X4 et X5.

X1 : le plus grand et le plus massif, velu aux empreintes énormes, il assommerait les buffles avec une massue.

X2 : grand mince, avec une peau de couleur beige sans poils mais des cheveux noirs bouclés. Vivrait en famille dans des grottes.

X3 : d’apparence très âgés, mais puissant, aperçu se servant d’une sorte de lance pour couper les organes internes du buffle et les consommer sur place.

X4 : celui là est un pygmée, velu et musclé qui se servirait d’un bâton pour déterrer des tubercules.

X5 : cas particulier du propriétaire de l ‘arc

Pour elle, une telle découverte, prompte à changer radicalement le regard de la science sur notre évolution, ne pouvait être cachée. Le monde entier devait savoir.

Nous sommes en octobre 1978, dans un grand hôtel de Nairobi, et Mme Roumeguére-Eberhard, maître de recherche au CNRS, s’apprête donc, à révéler au monde entier l’existence réelle du yéti, ou plutôt d’un yéti, celui des Massaïs.

JRE dévoile publiquement, dans une conférence de presse, l’ensemble de ses résultats de recherche : des dizaines de récits récoltés, 32 témoins identifiés, dont deux enfants, constituent le socle de la masse de témoignages, couvrant une période allant de 1918 à 1978.

Des exemples de témoignages :

informateur 42 : soudain nous avons débouché sur une clairière où le soleil très brillant illuminait les rochers. Assises sur un de ces rochers se trouvait deux créatures étranges, des X1. Ils étaient tous les deux poilus sur tout le corps, nus, l ‘un un mâle, l ‘autre une femelle, et ressemblaient par ailleurs à des personnes, et pas à des animaux. Le mâle était étendu sur le dos, les jambes fléchies. A côté de lui, la femelle, assise, ôtait la vermine du corps poilu de son compagnon; tantôt elle la portait à la bouche et la mangeait, tantôt elle l ‘écrasait entre le pouce et l ‘index après l’avoir bien examinée. Nous nous sommes cachés derrière les arbres pour observer ce couple étrange. Après un moment, le mâle s’est levé, a étiré les bras en baillant, et nous avons vu alors malgré son pelage, à quel point il était robuste et fort, bien que de petite taille. La femelle était plus petite et menue que lui. Ils semblaient tenir une conversation pendant que la femme enlevait la vermine des poils de l ‘homme.

Craignant que cette énorme créature découvre notre cachette, nous avons rebroussé chemin, mais à quelques pas du rocher, dans un ruisseau, nous vîmes cinq petits jeunes jouant et s’éclaboussant dans l ‘eau. Ils semblaient être d’une couleur plus clair que les adultes, (sans doute leurs parents), qui étaient gris-brun, le corps des petits également poilu, était recouvert de poils roux.

Informateur 42, suite : j’ai eu l ‘occasion de voir un X1 mort et d’examiner son cadavre.(…) c’était une femme qui était encore jeune, mais qui avait certainement allaité des petits, car ses seins étaient allongés, environ 20cm ( il montre la longueur de sa main). Ils étaient lisse et glabres bien que tout son corps soit recouvert de poils courts et foncés. Son visage était lisse sans poils, ses yeux, son nez et ses oreilles ressemblait à ceux d’une personne, bien que ses oreilles fussent très grandes. La bouche était en avant car elle avait des dents proéminentes, toutes en bon état. Les ongles étaient longs, et les cheveux foncés, longs et ébouriffés, très sales même. Ils ressemblaient en texture au cheveux des somalis.

Informateur 21 : Il y a 3 ans , j’ai vu X4 dans cette même forêt c’était une personne avec de grandes oreilles et une grosse tête, le coup ressemblait à un taureau, il était très puissant; les cheveux étaient longs et pendaient comme un sac de toile de jute. Les bras étaient courts mais très musclés, il était très petit, environ 1m30. Sa peau était noire, il portait une vieille cape de fourrure toute déchirée. On aurait cru qu’il s’était laissé pousser les cheveux depuis sa naissance.

Informateur 16 : ma dernière rencontre avec lui est assez récente, lorsque nous avons installé notre village ici ( 1977). Celui-là, (X3) n’est pas comme les autres X. Il est grand, avec de longs cheveux qui couvrent son dos, et touchent ses cuisses. Celui là doit être très vieux, mais il est encore très robuste, et il a la peau noire, contrairement à X2. Et il a les yeux et le nez semblables aux nôtres.Il porte deux massues et un long couteau, alors que X1 et X2 que j’ai souvent vu, n ‘en ont pas. Il est le seul à porter un couteau, à chaque fois que je le voie, je me cache derrière un arbre, car je le crains. Je l ‘ai vu tuer un buffle, soit il lui fend le crâne avec sa massue, qui est en fait un petit arbre, avec des racines taillées en pointe, soit il lui casse les pattes avant, et lorsque le buffle s’écroule, il l’achève en lui frappant le front, toujours avec sa massue. puis il perce une des veines jugulaires avec son couteau et boit le sang. Il retire ensuite le foie, les rognons, le pancréas, et le cœur et les mange crus sur place. Il ne consomme que ces cinq choses, le sang et les quatre organes. Il s’en va en laissant la viande. J’avais l ‘habitude de prendre la viande, car il ne revenait jamais la chercher. je ne sais pas ou il vit et ou il dort je n ‘ai jamais eu le courage de le suivre.

Mais, l’exposé de Jacqueline Roumeguère Eberhard ne s’arrêtait pas à une collection de récits. Elle avait également des éléments bien plus concrets à mettre en avant. Rien moins qu’une série d’objets censés appartenir à l’homme sauvage du Kenya !

Fruits des rencontres multiples avec les locaux, des objets, laissés par X dans sa fuite furent ramassés, conservés et finalement acquis par JRE. Et présentés ce jour là à la presse. Parmi ces objets : un sac, un carquois, un arc et des flèches. Tout ces objets suggèrent l’utilisation, pour le moins, d’une aiguille à coudre, ce qui marque pour beaucoup d’anthropologues, un trait spécifique à Homo Sapiens.

Voici comment le témoin Massai décrit ces objets : « il avait abandonné une sandale très étonnante, elle était fabriquée, comme la cape qu’il portait, en peau de bushbuck ( antilope) mais elle se prolongeait, presque comme une botte, pour couvrir la jambe, presque jusqu’au genou, comportant des lacets, qu’il était sans doute en train d’ajuster lorsque qu’on le surprit (…) nous avons emporté son arc et ses flèches car nous ne voulions pas prendre le risque d’être attaqués.

Le témoin a quitté précipitamment les lieux car il s’est rendu compte qu’X, et ses congénères possédaient manifestement le savoir-faire nécessaire à la confection de flèches hautement empoisonnées. L’arc, décrit comme très petit, est d’une forme inconnue des chasseurs Massais. La corde de l’arc est un tendon d’éléphant, alors que les Massais utilisent eux un tendon d’antilope. L’arc est de ce fait inutilisable, par aucun être humain. Les flèches sont faites d’un bois inconnu, et une plume entière d’aigle, non taillée, est placée en contrepoids. Une quantité extravagante de poison recouvre les flèches. Le carquois est en bois renforcé de peau de buffle, d’antilope et d’élan. Un champignon noir en forme d’éponge destiné à être consumé a été retrouvé dans la besace, une aiguille également.

L’arc le carquois et les flèches censés appartenir à X

Tous ces objets et la façon «  brute » mais à la fois très efficace, dont ils sont confectionnés provoquent l’incompréhension des chasseurs Massaïs mais ils montrent que X possède de nombreux traits propres au genre humain, et notamment l’utilisation du feu. Voici comment les témoins ont décrit le propriétaire de ces objets :  «  Bien que bizarre, il était pourtant un homme, il était court ( pas plus de 1m50), chauve sur le haut de la tête et le front, ayant une couronne de longs cheveux blancs qui tombaient sur ses épaules. Il était certainement très âgés, plus de 70 ans, mais il nous avait prouvé qu’il était encore fort et agile, puisqu’il avait pu se sauver à une vitesse impressionnante ! »

On peut voir la différence entre les objets de X à gauche de l ‘image et ceux provenant de chasseurs traditionnels Massaïs à droite, dont le grand arc, le petit arc en dessous est celui de X. De nombreux chasseurs Massaïs émérites tentèrent de se servir de cet arc aucun n ‘y réussit. Aucun ne parvint non plus à lancer de ces flèches trop lourdes. Ces objets furent montrés aux conservateurs du British Muséum, et après une sérieuse vérification leur savoir faire ne correspondait à rien de connu.

Ces créatures et leur mode de vie correspondent de près aux espèces d’hominidés décrits dans les livres de sciences, celles qui parsèment l’arbre généalogique de l’humanité. Jacqueline Roumeguère-Eberhard en était persuadée : certains de ces hommes des cavernes, quelques-uns de ces hommes préhistoriques, n’ont jamais quitté le berceau de l’humanité. Ils ont continué à vivre à nos côtés, ici en Afrique, défiant les lois de l’évolution.  Et elle proclamait sa ferme conviction haut et fort.

Pour quel accueil en retour ? Devinez….

Si elle reçut de maigres soutiens, comme le professeur Jean Guiart, du musée de l’Homme de Paris, pour qui «  les créatures X existent probablement », le travail de JRE fut très officiellement et très sèchement dénoncé par l’autorité scientifique la plus éminente en matière de paléoanthropologie à l’époque, le Pr Charles Leakey qui déclara : «  si c’était vrai ce serait la découverte scientifique la plus importante du siècle. Mais ce n’est pas vrai. Toutes les recherches nécessaires ont été effectuées il y a de nombreuses années, ces créatures n’existent pas ce sont des mythes.».

Reléguée au rang de d’amatrice crédule de paranormal (elle-même fait une comparaison avec les fées et les lutins dans l’introduction de son ouvrage), déchue de son statut de chercheuse objective, Jacqueline Roumeguère-Eberhard fait front dans un premier temps puis se retire du devant de la scène, poursuivant sa carrière universitaire désormais loin des projecteurs.

Dans le livre, Un tableau reprend les caractéristiques propres à chacun des X

La découverte scientifique du siècle ? peut-être que Jacqueline Roumeguère-Eberhard était très proche d’obtenir un résultat décisif, car ce qu’elle a collecté, en quelques années de recherches de terrain seulement, est vraiment impressionnant. On ne peut s’empêcher d’imaginer ce qu’elle aurait pu accomplir si quelqu’un, une institution, un mécène, avait pu lui permettre de poursuivre son étude, car elle affirmait vouloir organiser une expédition scientifique qui n ‘a finalement jamais eu lieu..  Mais Jacqueline Roumeguère-Eberhard souhaitait-elle vraiment que le monde découvre les X?  

Plusieurs raisons, pourraient expliquer ce rendez-vous manqué, un de plus, entre l’homme sauvage et la science. Son ouvrage est, c’est frappant, délibérément non scientifique, dans la forme. Ce n’est certes pas un problème en soi, mais c’est particulièrement remarquable de la part d’une chercheuse rompue à la rédaction de publications en sciences humaines. Et tout sauf anodin lorsqu’il s’agit potentiellement de « la découverte scientifique du siècle ».

Le livre commence par un récit autobiographique sous forme de poème. Il n’y a pas de cartes, un seul tableau, pas de camemberts, de liste, quasiment rien sous forme de données utilisables par autrui. Les lieux exacts sont d’ailleurs tenus secrets, indiqués par des numéros. Il n’y a pas de moulages d’empreintes, pas vraiment de croquis de témoin, ni de portrait-robot.

A peu près au même moment, Bernard Heuvelmans publiait cet ouvrage important

C’est une démarche ambiguë, que Bernard Heuvelmans n’a pas manqué de relever. Dans sa longue préface il tente notamment d’imaginer à quelles espèces connues peuvent se rapprocher les X, ( par exemple, les australopithèques se divisent en variété graciles ou robustes) mais il exprime aussi clairement son désarroi. J’avoue que je n’ai jamais lu une préface être aussi critique avec le livre qu’elle précède. Bernard Heuvelmans semble dénoncer ce qu’il ressent comme une mise à l’écart, l’absence de partage, une sorte de manque de confiance de la part de Jacqueline Roumeguère-Eberhard. ( Il la surnomme «  la mystérieuse madame X » !). Comme si les X ne pouvaient exister sans elle. (par ailleurs, nommer chaque type de créature par une lettre et un numéro, nous prive du nom traditionnel, vernaculaire, que doivent, on l ‘imagine donner les Massais à leurs yétis)

D’après la théorie dites East Side story, proposée par Yves Coppens en 1983, l’humanité est née dans l ‘est de l’Afrique ( Tanzanie, Kenya, Ethiopie)

Amer, il semble ici prévoir le destin qui guette ces travaux, la curiosité amusée puis le risque de l’oubli. On peut éprouver un sentiment de gâchis, face à ce travail immense, jugé injustement, mais qui subsistera tout de même à travers cet ouvrage.

Cet livre est en fait la suite d’un précédent intitulé The Secret Elephants, dans lequel l’auteur mentionnait brièvement l ‘Otang

Espérons seulement que Beyond the secret Elephants recevra l’écho qu’il mérite. Gareth Patterson est auteur de 10 ouvrages, beaucoup de best-sellers, en Afrique du sud. Gareth Patterson, est une célébrité là-bas, c’est un défenseur emblématique de la faune sauvage, un écologiste à la mode sud-Africaine, un personnage à l’allure à mi-chemin entre un explorateur et Tarzan.

Attention, s’il pourrait sembler déplacé de s’afficher dans une telle proximité avec des animaux sauvages, il faut savoir que Gareth Patterson mène un travail acharné pour sauvegarder la faune d’Afrique du Sud. Il a développé notamment un réseau de parcs zoologiques, qui ne se visitent pas, dont le seul but est de recueillir et de soigner des animaux sauvages blessés.  Il fut très proche de Georges Adamson, activiste de la cause animale, défenseur des lions, assassiné par des braconniers en 1989 au Kenya.

Derrière le bus de l ‘équipe de France, les forêts qui abriteraient l’Otang

Knysna, pour les français, est très connue, c’est plus que le nom d’une localité, depuis l’échec rocambolesque de l’équipe de France de football lors de la coupe du monde de 2010, c’est un synonyme de honte nationale comme la Berezina, Waterloo, ou Trafalgar.

Cela ne rend pas hommage à cette ville située sur la côte sud-Africaine, à 500 kilomètres à l’est du Cap. Au nord, débute une région de montagnes recouvertes de forêts tropicales, d’environ 60000 hectares, bordée par le Tsitsikamma National Park. C’est une zone très humide, de type Afromontane, terme qui désigne les éco systèmes très riches propres aux forêts africaines de montagne. On y trouve notamment l’éléphant, le léopard, l’antilopes imbabala, le céphalophe (une antilope naine), le potamochère ( sorte de phacochère), le Vervet bleu, un singe de la famille des Cercopithèques, sans compter les nombreuses espèces oiseaux, reptiles, amphibiens et insectes. Les X du Kenya, comme l ‘Otang d’Afrique du sud vivent dans un environnement de type Afromontane.

Au début des années 2000, les autorités locales déclarèrent que la population locale d’éléphants était éteinte, car il n’y restait plus qu’un seul vieux mâle. Les éléphants de Knysna sont particuliers, ils vivent en pleine forêt tropicale, et sont les représentants de leur espèce qui vivent le plus au sud de la planète.

Gareth Patterson, choqué par cette nouvelle, et à la fois animé par l’intuition qu’il y avait encore quelque-chose à sauver quitte alors les paysages de savane du nord du pays, pour venir enquêter lui-même. Pendant près de 10 ans, il parcourt à pied les sentiers des forêts de Knysna, refusant de croire que ces bois sombres et humides, immergés dans la brume une bonne partie de la journée ne puissent pas abriter une population viable d’éléphants.

Les forets de Knysna, aujourd’hui protégées, ont été exploitées pendant longtemps, Gareth Patterson a pu prouver qu’Adam un des éléphants avaient été abattu non pas par des braconniers, mais par un garde chasse en 1971.
Un éléphant de Knysna récemment prit sur le vif

Finalement Gareth Patterson avait raison, les éléphants sont encore là bien présents. Au fil de son étude de terrain, il va accumuler des éléments sérieux : des traces de passages, des empreintes, puis il aperçoit lui-même certains spécimens, car il identifie une zone dans laquelle il se rendent fréquemment. Enfin en liaison avec un généticien américain ( Pr Logi Eggert) qui développe un protocole d’analyse spécifique, il réussit à prouver définitivement la survie des éléphants de Knysna (dont au moins cinq jeunes femelles), et il raconte tout dans son ouvrage paru en 2009 :  Beyond the secret Elephants.

Mais voilà, très rapidement, alors qu’il recherchait des preuves de vie laissées par les éléphants, Gareth Patterson s’aperçu qu’il n’était pas tout seul dans ces forêts. Il va ainsi faire lui-même plusieurs rencontres avec l’Otang, qu’il raconte chacune dans son livre. La première survient alors qu’il guide un groupe de touristes allemands sur la piste d’éléphants, en plein cœur de la forêt. Ils observent un humain étrange disparaître derrière des rochers.

Gareth Patterson «  Quand vous apercevez une sorte d’humain, bipède et complètement velu, votre vie change à  jamais. (…) C’était il y a 17 ans que j’ai vu mon premier Otang, et cela m’a laissé dans un état de choc profond, et d’incompréhension. (…) » Gareth Patterson insiste, à juste titre dans son ouvrage sur ce trouble ressenti à la suite d’une observation. Pour lui c’est systématique, chaque observation d’un homme sauvage s’accompagne, chez le témoin, d’un syndrome de stress post traumatique. Pour Gareth c’est l’effet ressenti lorsque l’on voit quelque-chose d’impossible.

Un jour alors qu’il marche le long d’un sentier peu fréquenté il se sent observé. Il repère à  sa gauche, à couvert sous des sapin, un hominidé recouvert d’une fourrure roussâtre qui semble le regarder. Habitué aux rencontres animales fortuites, Gareth Patterson continue de marcher comme si de rien n’était. Mais quelques instants après il est rattrapé par le choc de la rencontre et doit rester un long moment assis par sur le sol. Cette fois ci il a un meilleur aperçu de la créature, qui pour lui était une femelle : «  La fourrure était rousse, elle mesurait environ 1m80, et elle s’est décalée légèrement vers la droite de l ‘arbre derrière lequel elle se cachait. Je savais qu’elle m’observait, avec une sorte de curiosité » Un témoin dans le livre affirme avoir longuement observé un spécimen de plus de 2 mètres de hauteur.

Un autre raconte ce qui serait arrivé à son frère, contremaître pour une grande compagnie forestière de Knysna. Un jour il trouve un de ses employés assis par terre, au lieu de travailler. Le contremaître le prévient qu’il risque de se faire renvoyer sur le champ, mais l ’employé proteste vigoureusement. Comment pourrai-je travailler je suis trop choqué parce que j ‘ai vu. Mais qu’est-ce que tu as vu lui demande le contremaître. Le gros homme-singe qui était juste là derrière dit l ’employé en montrant un espace entre deux arbres, vide. N’importe quoi dit le contremaître, retourne travailler. Chef il est revenu ! le contremaître se retourna et pu observer l’Otang qui s’éloignait en se faufilant entre les arbres. Les autres travailleurs les trouvèrent assis tous les deux, muets, par terre, plus d’une demi heure après la rencontre.

Selon Gareth Patterson, les forêts de Knysna sont également le théâtre de disparitions mystérieuses. En 2004, Seteline Moos, âgée de 13 ans, disparaît dans la forêt au cours d’un pic-nic. Au cours des recherches les sauveteurs ont repéré une courte suite de pas, attribuée à Seteline, et immédiatement derrière, à quelques mètres, d’étranges traces de grands pieds nus. Pour certains elle était suivie par un Otang.

Croquis de Gareth patterson

Au contraire de l’ouvrage de Jacqueline Roumeguère-Eberhard, les témoignages, bien moins nombreux, ne sont pas très précis quant à la description de la créature. Là encore on peut regretter que vraisemblablement, cet ouvrage n’arrive pas à prouver l’existence réelle de l’Otang, à ma connaissance aucune investigation scientifique n’est encore venue tenter de vérifier l’affirmation de Gareth Patterson. Néanmoins on ne peut que constater le courage avec lequel il prend parti publiquement, avec enthousiasme, en faveur de l ‘existence réelle des hommes sauvages.

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