
L’Oregon est un des états les plus mystérieux de l ‘Union, il est parsemé de lieux plus ou moins hantés, liés à l ‘histoire tumultueuse de ce territoire que jadis se partageaient plusieurs peuples amérindiens. Aujourd’hui, la culture autochtone connait en relatif renouveau, raison pour laquelle la croyance envers le « Petit Peuple » le long de la côte nord-ouest américaine, est tellement présente aujourd’hui, toutes générations confondues.
Pour débuter, voici un témoignage passionnant publié en 2023 par Jake A. DePoe, un artiste et auteur de la tribu Siletzt . Dans ce texte, Jake DePoe se remémore en détails, sa première rencontre, effrayante, avec un être de petite taille, un nain insaisissable et machiavélique
Extraits: La première fois que j’ai rencontré une personne de petite taille, j’avais environ 19 ans et je campais sur la rivière Wynoochee, près de la côte de Washington.(…)Alors que j’étais encore figée, cette petite chose qui riait s’est approchée de la paroi de la tente, si bien que j’ai pu distinguer sa taille grâce à son ombre, projetée par le soleil levant qui dessinait sa silhouette, à première vue, à hauteur de la paroi. Je dormais contre la paroi, ce qui signifie que je levais les yeux vers cette chose qui me regardait, si seulement la toile de la tente ne m’empêchait pas de la voir… Ce rire, il est juste au-dessus de moi maintenant. J’aurais envie de dire que c’est une fille, au son de son rire, mais c’est difficile à dire avec les petites créatures.
Jake A.DePoe décrit une expérience désagréable au cours duquel il du se libérer d’une emprise mentale, hypnotique exercée par la petite créature qui était à ce moment là toute proche. Cette faculté de jouer avec la conscience des humains, de les priver du contrôle effectif de leurs faits et gestes et très souvent mentionnée dans les récits.
Un peu d’histoire
Admis dans l’Union en 1859 comme trente-troisième État, l’Oregon est surnommé « l’État du Castor » (The Beaver State en anglais). Ce surnom fait référence à l’importance historique du commerce de la fourrure dans la région.
En 1846, La piste Applegate, également connue sous le nom de Route des émigrants du Sud, traversait la vallée de la rivière Rogue et ouvrit la région aux Blancs. En 1850, la loi sur les donations de terres (Donation Land Act) octroya des terres aux colons : 320 acres par homme, et le double pour les hommes mariés.



Des affrontements violents entre les Amérindiens et les colons se dirigeant vers l’ouest se produisirent jusqu’au plus fort de la ruée vers l ‘or. Les Blancs qualifiaient les groupes autochtones – notamment les Takelma, les Tututni et les Shasta – d’« Indiens renégats », reflétant ainsi leurs préjugés envers les peuples autochtones. Les « Indiens renegats’ s’opposaient aux incursions de colons, mais à la fin des années 1850, ils furent contraints de s’installer dans une réserve côtière. Des toponymes tels que Grave Creek, Bloody Run et Dead Indian Road témoignent de ce passé brutal..
Au XXe siècle afin d’ à assimiler les Amérindiens à la société américaine, les politiques économiques et éducatives fédérales visaient anéantir leur vie culturelle. Ces pratiques culminèrent dans les années 1950, période de spoliation où de nombreuses tribus perdirent leurs droits issus des traités et leur statut de nations souveraines. Malgré tout, certaines formes de tradition orale et d’arts populaires ont survécu permettant la transmission de la culture autochtone traditionnelle. Cette résilience a permis à chaque groupe de préserver en partie sa culture jusqu’à ce que les tribus retrouvent la reconnaissance fédérale dans les années 1980.
Aujourd’hui certains programmes institutionnels participent à la conservation de ce patrimoine.

La source principale d’informations sur le petit peuple de l’ Oregon provient du travail d’un folkloriste autodidacte, Lucullus Virgil McWhorter (1860-1944), Éleveur dans la vallée de la Yakima (État de Washington), il se passionne très tôt pour les cultures autochtones du Plateau Columbia. Contrairement à de nombreux collectionneurs de son époque, il ne cherche pas à parler à la place des peuples autochtones ; il veut que ceux-ci racontent eux-mêmes leur histoire. Il va ainsi se lier d’amitié et interroger les mêmes informateurs pendant près de 30 ans, Il est finalement adopté symboliquement par les Yakama, qui lui donnent le nom de Old Wolf (« Vieux Loup »), marque exceptionnelle de confiance.
Le meilleur résumé du travail de Whorter sur le petit peuple de l ‘Oregon et du fleuve Columbia a été publié en 2001 sur ce forum écrit par l’auteur anonyme Locust Borther, qui prétend être le rédacteur original de ce texte, posiblement un érudit local passionné par le petit peuple, qui partagerait donc certaines des informations qu’ils emble avoir amassées au fil des années. On peut trouver des versions plus ou moins augmentées de ce texte original, ici et ici. Nous allons également puiser largement dans cette souce précieuse, à la fois pour rendre hommage à ce travail mais aussi pour le faire connaitre autant que possible;



Informateur Louis Mann, peuple Yakama, parole recueillie en en 1916.
Les » anciens peuples » ou peuple animal, surnommé : Wah’-tee-tas . Ils étaient décrits comme des nains, ne dépassant pas soixante centimètres de hauteur. On ne les voyait qu’au crépuscule ou à l’aube.
Chaque Wah’-tee-tas dispose d’un pouvoir spirituel -tahmahnawis-avec lequel il faut communer à l ‘aide de talismans pour pouvoir en retirer de sbienfaits. Sinon, la mort s’ensuit invariablement. On prétend que le chef We-yal-lup Wy-ya-cika tirait une grande partie de son pouvoir de guérisseur de Wah’-tee-tas bienveillants.
Informateur Tokiaken Twi-wash, peuple Yakama, parole recueillie en 1912
Je suis vieux maintenant. C’était avant ma naissance que mes ancêtres découvrirent les Wah’-tee-tas, ces petits êtres anciens vêtus de robes tissées de poils de lapin. Ils habitaient la falaise. Mon peuple voyait un petit être, semblable à une personne, marquer les rochers comme vous les voyez aujourd’hui. Il marchait de rocher en rocher, cherchant les endroits lisses. Vous voyez certaines de ces peintures tout en haut de la paroi. Nous ignorons comment les Wah’-tee-tas accédaient à ces sommets pour les réaliser. Nous les voyons là ; nous savons que c’est vrai…Parfois, les gens apercevaient les Wah’-tee-tas une ou deux fois par an, dans la pénombre du soir, ou le matin avant le lever du soleil, alors qu’il faisait encore un peu sombre. Les Wah’-tee-tas étaient des esprits, mais pas maléfiques.

Informateur chef Sluskin + un homme Indien nommé Holite paroles recueillies en 1917 :
Personne ne sait depuis combien de temps datent les Schop-tash ( pétroglyphes), ni ce qu’ils signifient… C’est après le Déluge que l’Homme est arrivé. C’est alors que les Schop-tash ont été peints. Les Schop-tash étaient la loi des Yakamas. Ils venaient la nuit et peignaient les mains. Puis les autres peintures étaient réalisées, une fois achevées. Celles-ci étaient souvent repeintes, rehaussées de couleurs vives pendant la nuit. Mais après l’arrivée des Blancs, cela a cessé. On ne peignait plus rien. Les gens qui réalisaient les Schop-tash étaient petits, petits mais adultes. Personne ne savait où ils vivaient. On pouvait les apercevoir debout au sommet de la falaise, après le coucher du soleil ou avant son lever. Mais quiconque les voyait mourait peu après. Personne ne voulait les voir. Cela portait malheur. Les petits Wah’-tee-tas veillaient sur les peintures, les marques, et ne les laissaient jamais s’effacer.
Lorsque McWhorter demande à un vieil Indien qui avait réalisées ces peintures,il répond qu’elles avaient été faites par d’autres peuples avant l’arrivée des Indiens. »
L’Oregon possède l’un des patrimoines d’art rupestre les plus riches et les plus diversifiés du nord-ouest de l’Amérique du Nord. Répartis sur plusieurs centaines de sites, ses pétroglyphes et pictogrammes témoignent de plus de 8 000 ans d’occupation humaine et de traditions spirituelles toujours vivantes chez les peuples autochtones. Chaque tradition possède son propre vocabulaire graphique.




LV McWhorter : « Les Te-chum’ mah, ou peuple de la terre, sont de minuscules nains invisibles, habitant les sommets et les chaînes sommitales les plus boisées des montagnes Cascade, en particulier autour du lac Keechelas… De plus, dans la région boisée de la source de Wenas, se trouve un petit lac connu des Yakamas sous le nom de Wat-tum wat-tum, « Lac-lac », où résident également les Te-chum’ mah… On sait aussi qu’ils résident autour du lac Fish… Leur demeure est la cavité d’un arbre renversé. »
Informateur : un homme Indien Chelahis-Yakama :
« Il m’arrive d’entendre des êtres Te-chum’ mah lorsque je voyage la nuit. Ils sont minuscules. On ne peut pas les voir en les regardant. Une fois, je les ai vus en rêve, comme si j’étais éveillé. Mais je dormais. Je les ai vus dormir. Ils sont plutôt mignons, d’environ quarante-cinq centimètres. Ils ressemblent à de grandes personnes, mais ils sont tout petits. Je les ai entendus parler. Ils ont peur des étrangers. Quand ils voient quelqu’un arriver, ils se disent entre eux : « Docteur [guérisseur] arrive ! » » Ils ont couru se cacher. La nuit, dans les bois, dans n’importe quel endroit isolé, on les entend siffler comme des oiseaux. Mieux vaut ne pas leur répondre, mieux vaut ne pas les suivre. Sinon, ils vous rendent fou. Vous ne savez plus où vous allez. Vous courez ! Vous courez ! Vous courez ! Vous courez jusqu’à la mort. Vous ne regardez pas où vous allez. Vous ne vous arrêtez pour rien au monde. Peut-être tomberez-vous de hautes falaises et mourrez-vous. Peut-être vous perdrez-vous et ne serez jamais retrouvé. Si vous ne leur prêtez pas attention, il ne peuvent pas vous faire de mal. Ils chantent comme un oiseau la nuit. Ils chantent ainsi : « Ouaf-ouaf ! Ouaf-ouaf ! »
« Vous les avez entendus. Une fois, ils ont appelé tout près de moi dans le noir. J’ai eu peur ! J’avais l’impression que ma tête était cuite ! Je n’ai pas répondu ! Je n’ai pas voulu suivre cet appel. Je ne voulais pas devenir fou ; je ne voulais pas mourir. J’ai continué, j’ai continué à voyager pour m’éloigner de cet endroit. »
Les Indiens Tenino (aussi appelés Sahaptin des Sources Chaudes) occupaient une partie de la rive sud du fleuve Columbia, dans le centre-nord de l’Oregon, ainsi que le bassin versant inférieur de ses affluents méridionaux. Ils parlaient des Pah-ho-ho-Klah, le « peuple de la terre », décrits en des termes similaires à ceux des Te-chum-mah.
Informateur Ah-nah-chu Pick-wah-pah (« Derrière le Rocher »), un jeune homme intelligent de la tribu des Sources Chaudes, aussi nommée Tenino.
« À la chasse en Oregon, je me suis perdu dans le brouillard et la pluie. J’ai tué un cerf. Je n’ai pas paniqué ! Je n’ai pas couru comme un dératé. J’ai décidé de rester où j’étais quand le brouillard est arrivé, d’attendre que le ciel se dégage. C’est ce que je fais quand je suis perdu. Il n’est pas prudent de voyager quand on est perdu. On risque de se tuer. Il y a des rochers très hauts où l’on peut tomber et mourir. Je me suis abrité sous un grand arbre, un arbre à la cime imposante. Avec beaucoup de bois sec, j’ai allumé un feu au pied de l’arbre ; je me suis installé entre le feu et l’arbre. J’étais tout près de l’arbre, en sécurité. J’ai rôti la viande du cerf et je l’ai mangée. »
Peu après, j’entendis des appels, des cris d’oiseaux dans les arbres, près de mon campement. La nuit tombait ! D’autres voix, comme des oiseaux, répondirent au loin. Je savais que les oiseaux n’étaient pas là. C’étaient les Pah-ho-ho-klah, le petit peuple des montagnes. J’avais peur ! Je ne leur répondis pas ! Je restai immobile ! Je ne bougeai pas, je ne fis aucun bruit. Si j’avais répondu à leurs appels, j’aurais perdu la raison, je me serais perdu pendant cinq jours et cinq nuits. Il aurait plu et fait du brouillard pendant cinq jours et cinq nuits. Assis contre un arbre à la lueur du feu, je tenais mon fusil. Je veillais comme un soldat ! Je ne dormis pas de la journée. J’entretenais le feu, surveillant les alentours. Le soleil se cacha derrière les nuages ; aucune lumière ne perçait dans les bois.
La nuit tomba, sombre, un épais brouillard, une pluie fine. Il fallait que je dorme ! J’alluma un grand feu pour éclairer tout le camp. Je m’allongeai, les pieds près du feu et la tête contre l’arbre. Je dormis profondément. Je ne savais pas si j’avais bien dormi ; puis je me réveillai. Là ! J’avais bonne mine ! J’étais alerte ! À quelques pas de moi, dans la lueur du feu, je le vis ! Je vis Pah-ho-ho-klah ! Il était assis, une flèche à la main ! Oui ! Il mordait sa flèche, l’ajustant de l’œil ! Il la pointait droit.

Je l’observai réparer sa flèche. Je le vis bien. Il portait des vêtements en peau de daim, une chemise trouée, une chemise d’été. Je pourrais en faire une comme ça. Il avait un bandeau de cèdre de la largeur de deux doigts, noué autour de la tête. Ses cheveux étaient tressés comme les miens, lui arrivant au milieu de la poitrine, peut-être un peu plus courts. Au-dessus de son épaule gauche, je vis les plumes d’une dizaine de flèches et un arc, le tout dans un étui sur son dos. Le Pah-ho-ho-klah était bien un Indien, de la même couleur que moi. Il redressait les flèches avec ses dents, en mordant les parties tordues. Je n’avais plus peur. Je restai immobile. J’avais très sommeil. Je me rendormis.
Le lendemain matin, le jour se levait ; j’entendis les mêmes voix ! Elles s’éloignaient de plus en plus ! Après avoir appelé cinq fois dans les bois, elles se turent. Le chef Pah-ho-ho-klah avait appelé son peuple de là. La pluie avait cessé ; le brouillard était fin et ondulait comme le vent.
Le soleil se leva, brillant d’une douce chaleur. Je montai sur une colline et regardai partout. Je connaissais ce pays ; je savais où j’étais. Je portai le cerf et retournai au campement en environ trois heures. J’étais sain et sauf ! Je vous le raconte ce soir.


Locust Brother : « Entre le mont Adams et le mont Rainier se trouvent de nombreux petits lacs, dans une région où les Amérindiens venaient autrefois, à la fin de l’été, cueillir des myrtilles et chasser. Dans ces lacs sombres et profonds, entourés de grands arbres, croyaient-ils, vivaient des esprits qui contrôlaient la pluie… On disait que certains de ces lacs abritaient d’étranges animaux… La nuit, quand tout était sombre et silencieux, les esprits sortaient et se nourrissaient sur les rives. Dans certains de ces lacs vivaient les esprits de petits enfants qui avaient vécu du temps des anciens. Leurs cris déchiraient parfois le silence de la nuit. Le lendemain matin, on retrouvait dans le sable humide, au bord du lac, les empreintes de leurs petits pieds nus. »
Informateur Umatilla inconnu à une date inconnue: » le peuple nain des montagnes vit dans les Blue Mountains » .
(Les Indiens Umatilla vivaient à l’embouchure de la rivière Umatilla, là où elle rejoint le fleuve Columbia, à l ‘est du territoire des Teninos.)
« Trois frères, Cee-wal-tis-cou-cou, Tem-mot-Cio-soota-cots et We-yow Yets-chit-con, chassaient dans les Montagnes Bleues enneigées. Cee-wal-tis-cou-cou, guerrier tribal dont la veuve et la fille étaient encore vivantes (1927), chevauchait seul. Il aperçut une trace de cerf fraîche et se mit à la suivre. Il remarqua alors une empreinte de mocassin qui suivait le cerf, pas plus grande que celle d’un bébé. Il ne comprenait pas, mais pensa : « Peut-être qu’il suit lui aussi la trace du cerf. »
Au bout d’un moment, regardant un peu plus loin, il aperçut un vieil homme, pas plus grand qu’un bébé, vêtu d’une peau de faon tachetée, debout sur une bûche. Il portait un arc et des flèches dans un étui en peau de faon. S’approchant à cheval, Cee-wal-tis-cou-cou vit que le petit était très vieux, le visage ridé, les yeux enfoncés dans les orbites. Il pensa l’emmener chez lui. Il lui parla, mais il n’y eut pas de réponse. Il lui fit alors signe de monter sur le cheval derrière lui. L’animal tendit une main qui paraissait très vieille, et lorsque Cee-wal-tis-cou-cou la saisit, il sauta sur la selle. Cee-wal-tis-cou-cou le serra fort contre lui, dans les plis de sa couverture, comme une mère serre son bébé contre elle.

« Poursuivant leur route, Cee-wal-tis-cou-cou rencontra ses deux frères. Ils se concertèrent et décidèrent de l’emmener chez eux, pour voir ce qu’il ferait, ce qu’il adviendrait, et ainsi permettre aux gens de voir le petit vieillard. Ils continuèrent leur chemin et, bien qu’il fît jour et que le soleil brillât, bientôt ils ne le virent plus, caché dans la couverture que Cee-wal-tis-cou-cou serrait contre lui. Nul ne sut quand il disparut, ni comment. On ne revit jamais le petit vieillard. Personne ne savait où vivaient ces gens, mais on supposait qu’ils vivaient dans des grottes creusées dans la roche. Peut-être qu’ils avaient le feu. Nul ne le sait. »



« Si vous êtes perdu dans les bois et que vous entendez un appel, ne répondez pas. Ce sont les Petits Êtres, et ils vous prendront pour un imbécile. Il est dangereux de répondre à des appels inconnus dans les forêts de montagne. »
A l ‘époque moderne, les rares témoignages évoquant le petit peuple en Oregon proviennent du travail de collecte de Ray Crowe, qui fut le créateur et l ‘éditeur de la revue de cryptozoologie The Track Record.
informateur Mike McCabe 1992 botaniste du district forestier d’Oakridge, rencontré dans la forêt nationale de Willamette. Il travaillait pour les services forestiers depuis trois ans. Mike raconta l’histoire d’une dame d’un autre district forestier qu’il avait écoutée avec attention. Elle avait un ami indien qui lui avait parlé d’étranges tas de pierres que Bigfoot aurait soi-disant faits dans les montagnes près de la réserve naturelle du Mont Jefferson. C’était au début du printemps lorsqu’il l’emmena, et effectivement, il y avait d’étranges tas de pierres (Bigfoot les avait faits en cherchant des rongeurs des rochers hibernants à manger).
Ce qui l’étonna le plus cependant, ce furent… des empreintes dans la neige, qui ressemblaient à des empreintes de bébé, certainement humaines et non d’ours. L’Indien lui dit que les petits êtres les avaient faites. Guidés à nouveau par le même Indien dans les très hautes terres entre le Mont Jefferson et la réserve de Warm Springs, ils randonnaient en haut d’une crête surplombant des champs de myrtilles bien en contrebas. Elle fit remarquer à son compagnon que tous les ours récoltaient les baies. Son ami indien lui dit que ce n’étaient pas des ours, mais « les petits êtres ». En regardant dans ses jumelles, elle constata rapidement qu’il ne s’agissait pas d’ours. Mike n’avait pas plus de détails, mais il serait intéressant de discuter avec quelques gardes forestiers du district.

informateur Bud Darcor : « Tu veux entendre une autre histoire étrange ? » dit Bud. C’était en 1944, expliqua-t-il, et il passait le week-end à chasser le cerf avec son jeune frère près du poste d’observation de Bly Mountain, dans l’Oregon, où un ami qui y travaillait les avait invités. Alors qu’ils observaient la forêt depuis la tour d’observation, une boule lumineuse est apparue et a volé vers un plateau voisin. Il semblait que la boule lumineuse ait atterri à l’extrémité est de la montagne, à environ trois kilomètres de là. Le lendemain, lui et son frère ont fait une randonnée jusqu’au site et ont été surpris de trouver, près d’un point d’eau, dans une petite clairière au bord d’un ruisseau, une zone brûlée. Il faisait environ 30 °C. « à quelques mètres de distance », dit-il. Toujours perplexes, ils retournaient au camp de base lorsqu’ils eurent une drôle de sensation… puis ils aperçurent des empreintes de pas de bébé dans la poussière de pierre ponce du chemin.
Les empreintes traversaient la route et remontaient le talus, puis « s’asseyaient ». L’empreinte de la fesse mesurait environ 15 centimètres de large, dit-il, et les empreintes ne faisaient qu’environ 11, centimètre de long. Nous avons posé une planche sur les empreintes pour les préserver et sommes allés parler au chef local des services forestiers et à un autre fonctionnaire. Ce dernier suggéra qu’un singe était tombé d’un avion, tandis que le garde forestier dira n ‘avoir rien vu, rien entendu.
informateur Thomas C. Pitka publié dans The Track Record Le 12 février 1992, il décrit la découverte d’empreintes de pas nus, mesurant environ 15 centimètres (6 pouces), imprimées dans le sol autour du réservoir supérieur de Green Point Mountain, situé au sud-ouest de la ville de Hood River en Oregon.

Le petit peuple dans le folklore aujourd’hui
il est difficile de trouver des récits situant précisemment la place de ces êtres dans la cosmogonie des peuples amérindiens.
Chez les peuples du Plateau (Yakama, Warm Springs, Umatilla, Nez-Percé), le monde est généralement conçu comme peuplé de plusieurs catégories d’êtres dont des êtres surnaturels liés à des lieux précis (montagnes, sources, falaises, grottes).Dans cette vision, la nature n’est jamais vide : chaque lieu peut être habité par une présence invisible. C’est dans cette catégorie que s’inscrivent probablement les « petits êtres », réputé pour vivre sous la terre. Une source, un chaos rocheux, une montagne ou une caverne n’est pas seulement un paysage ; c’est un lieu où résident des puissances qu’il faut respecter. Les Pah-ho-ho-klah apparaissent presque toujours dans ce contexte.


Pourtant le petit peuple n ‘a pas été oublié dans le nord-ouest des Etats-Unis, au contraire, et nous pouvons pour une fois recueillir une parole contemporaine.
Dans son texte consacré au petit peuple, Jake A. DePoe, témoigne de la culture orale de son peuple, il conseille de ne pas s’en approcher, car comme avec les humains, une mauvaise rencontre est possible. Un peu comme une loterie dans laquelle vous risquez de tout, vraiment tout, perdre. L’auteur indique un lieu de naissance légendaire du petit peuple, sa relation avec le peuple sauvage et parle du lien que nous aurions perdu avec eux. L’ article pour plus de détails.
Pour un autre témoignage récent de la vivacité du petit peuple légendaire, nous partons tout au nord de la côte ouest-américaine, face au détroit de Béring, l’Alaska terre bien connue du petit peuple local, parfois surnommé l ‘Ice Gnome.
Le folkloriste inupiaq James Dommek Jr ( auteur, réalisateur, écrivain), s’est lancé dans une quête de connaissances sur ces mystérieux petits êtres tellement présents dans sa culture. Dans la langue inupiaq, le nom donné aux petits êtres est iñuqulligauraq , ce qui se traduit par « petit être mythique ». De nos jours, dans l’Arctique du Nord-Ouest, on les appelle simplement iñukuns. Le dictionnaire inupiaq propose trois définitions en anglais pour le mot iñukun : 1. Esprit ; 2. Rôdeur (personnage inconnu aperçu de loin et tenu responsable d’événements inexplicables) ; 3. Croquemitaine.
Une affaire suivie par James Dommek Jr a récemment défrayé la chronique judiciaire, et elle implique en partie le petit peuple.
Cet article nous raconte l ‘histoire de Teddy Kyle Smith, un homme iñupiaq, qui n ‘est pas le premier quidam venu mais un acteur visiblement reconnu à Hollywood, pour son rôle dans le film « On the Ice » présenté au festival de Sundance en 2011. Il purge actuellement une peine de 99 ans de prison, car en 2014, un jury l’a reconnu coupable de tentative de tentative de meurtre au premier degré, après qu’il a tiré sur les deux frères dans une cabane près de la rivière Squirrel, à une soixantaine de kilomètres de Kiana, une ville du nord de l’Alaska.

Smith a tiré sur les frères Buckel alors qu’il était en fuite après la mort de sa mère. Bien que la police n’ait pas pu déterminer la cause du décès de la mère et n’ait trouvé aucune preuve d’acte criminel, Smith craignait selon lui d’être considéré comme le principal suspect car il se trouvait dans la maison avec elle au moment de sa mort. Probablement atteint d’une crise de démence passagère, Smith a alors pris la fuite, armé, partant se cacher dans la forêt, alors qu’il n ‘avait sûrement rien à se reprocher à ce moment là. Ce qui s’est passé durant les douze jours précédant la réapparition de Smith reste flou selon cet autre article. Lors de son arrestation, il affirma avoir été conduit dans les montagnes par des iñukuns.
L’excellent documentaire « Blood and Myth » de James Dommek Jr et Kahlil Hudson contient la transcription d’un enregistrement où Smith explique à son avocate que chaque nuit, des iñukuns le harcelaient en sifflant, en imitant le chant des oiseaux et en lui jetant des pierres et des bâtons. Il les a même aperçus une nuit. Ils mesuraient environ un mètre, étaient vêtus de peaux et avaient le visage sombre et tannée. Ils ont prononcé quelques mots : « Faible. » « Vulnérable. » « Mort. »
Blood & Myth présente la première interview de Smith depuis son arrestation, une conversation filmée en prison, le film contient également des entretiens avec les forces de l’ordre impliquées dans l’enquête et des autochtones d’Alaska qui connaissaient Smith et sont versés dans la tradition iñukun.

Car vous l ‘avez compris, ce qui interessent Dommek et Hudson( originaire de Juneau, en Alaska, et membre de la tribu tlingit) ce n’est pas la trajectoire épique et tragique de Smith mais plutôt l’histoire des iñukuns.
Selon les conteurs Iñupiak comme l’arrière-grand-père de Dommek, les iñukuns seraient un peuple nomade de petite taille vivant dans des « endroits où les humains ne vont pas », au cœur de la toundra alaskienne, comme l’explique Dommek dans le documentaire. On dit qu’ils sont très forts et qu’ils parlent leur propre langue. Certains Iñupiak, comme la mère de Dommek, croient qu’il s’agit d’êtres surnaturels dotés de pouvoirs chamaniques. Comme l’explique Hudson, le documentaire suggère que « ces iñukuns pourraient être faits de chair et de sang. Ils ne seraient peut-être pas des êtres surnaturels, mais plutôt une tribu isolée, une tribu non contactée qui choisit de vivre à l’écart du monde occidental. »

Dommek Jr. envisage que les récits des iñukuns n’ont rien de « surnaturel » :
« Quand les missionnaires arrivaient, les gens mouraient de maladie les uns après les autres. À l’époque, la maladie était associée aux esprits, alors les gens croyaient que les missionnaires apportaient de mauvais esprits pour les tuer. Ils s’enfuyaient et se cachaient aussi loin que possible pour se protéger », a déclaré Dommek Jr. « Ce n’était pas si lointain. Il y en a peut-être encore quelques-uns. Je me demande si ceux que nous voyons avec les iñukun sont des personnes qui ont fui et ne sont jamais revenues. »
Pour appuyer sa théorie, le film Blood and myth annonce une découverte architecturale pouvant prouver l ‘existence réelle de Iñukuns. Des équipes travaillaient pour le Bureau of Land Management (BLM) dans le cadre des relevés prélables au lancement de la construction de l’Ambler Road (la future route minière traversant le nord de l’Alaska), un garde chargé de la surveillance des ours aurait aperçu, à la longue-vue, de petites constructions en pierre ; deux agents de liaison autochtones auraient immédiatement reconnu un lieu associé aux récits sur les iñukuns.
D’après les sources disponibles, une agente de liaison tribale, Marie Back aurait estimé que ces structures ne ressemblaient pas aux habitations traditionnelles iñupiaq, et qu’il pouvait s’agir des demeures des iñukuns et elle aurait demandé d’e quitter ‘évacuer les lieux.
Il est tout a fait imposible de trouver la moindre confirmation de ce qui reste une rumeur de découverte de minuscules maisons de pierres. Par contre, eaxctement dans cette région, les archéologues ne sont pas inactifs, les découvertes se multiplient comme ici sur les rives de la rivière Kobuk, ou encore ici avec ce réseau complexe de tunnels reliant des maisons enterrées qui ont stupéfait les chercheurs. Mais pour l ‘instant, officiellement aucune référence aux Iñukuns.
FIN






Bonsoir,
Merci pour ce partage ! Ca m’a d’autant plus intéressé que Ray Crow (pas de e à la fin) a été mon hôte dans l’Oregon ! https://daruc.fr/pnw.htm Je ne me rappelle pas avoir entendu parler de ce sujet particulier.
J’ai retenu que la chaine des Cascades est immense, mais peu impressionnante. La chaine côtière, qui parait insignifiante sur une carte, l’est bien plus avec une végétation dense et de fortes pentes.
Un détail, peut-être un hasard : l’histoire des trois frères fait penser aux Three Sisters, un groupe de volcans.
Cordialement,
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Bonsoir Jean, merci pour votre retour parmi tous les temoignages recueillis par Ray Crowe les little foot sont en effet en minorité. J ai vérifié il y a bien un « e » à son nom d’ailleurs vous l’écrivez vous même tel quel sur votre page. Bien à vous.
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Alors j’ai dû confondre, désolé.
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