Témoignage: La bête de Belleville

     Après le précieux témoignage de Marion sur un mystérieux lutin de la Haute-Savoie (voir l’article « Témoignage : Le nain velu de Morillon »), Florent poursuit son enquête de terrain dans le massif alpin en collectant le récit oral très intriguant de la « bête de Belleville ».

Créée en 1990 dans la Tarentaise, la reserve naturelle nationale du Plan de Tuéda est située à une altitude variant de 1650 à 3153m, ce qui lui permet d’abriter une grande variété d’espèces végétales et 400 espèces animales.

Tout comme les vallées alpines du Valbonnais et du Valgaudemar (voir les deux articles sur les « Nains mystérieux des Ecrins »), la vallée de Belleville en Savoie doit retenir notre attention par son grand isolement et son rattachement à une réserve naturelle, Plan de Tuéda, aux règles strictes : pas d’habitations, pas de chasse, pas de cueillette, pas de camping sauvage. Toutefois, une localité n’est pas concernée par les restrictions de cette vallée préservée : la commune de Saint-Martin-de-Belleville, rattachée au domaine skiable éminemment touristique des Trois Vallées.

    Avant les années 1980, la vallée de Belleville fut longtemps repliée sur elle-même, les populations vivant d’élevage et de l’exploitation des alpages et des forêts. Elle fut depuis toujours un point de départ de l’exode rural. L’électricité est arrivée dans les années 1950, et dès les années 1960, la construction des stations de ski des Ménuires et de Val Thorens démarre. L’aménagement du chef-lieu Saint-Martin-de-Belleville lui-même n’a démarré qu’en 1983 avec la volonté de préserver son authenticité avec la non prolifération des remontées mécaniques et le respect du bâti montagnard traditionnel : construction en groupes serrés, toitures en lauze ou en gris foncé, murs en enduit de couleur rose typique (la grilla). C’est dire si l’aire de la vallée de Belleville a su conserver cet environnement préservé propice à l’irruption d’un mystérieux homme sauvage. Passons le relais au témoin qui nous confiera un souvenir d’enfance.

le lieu de l ‘observation : St Jean-de-Belleville, Savoie, environ 550 habitants

Témoignage de Delphine T.

Juillet 1987 (Saint-Jean-de-Belleville)


C’était dans les Alpes, à Saint-Jean-de-Belleville, au mois de Juillet. J’avais 10 ans à l’époque, et je m’en souviens comme si c’était hier. J’étais avec une autre gamine un peu plus âgée que moi, sur le balcon de la maison de location. Et soudain, toutes les deux, on a vu une créature de taille humaine à coté du tas de bois en lisière de forêt (une petite route séparait la location de la forêt). On était au premier étage, on est descendu à toute vitesse, et là on se retrouva face à une espèce de nasique géant, avec le derrière d’un chimpanzé. On était à peine à trois mètres de lui ! Ce qui m’a bouleversé, c’est son regard, qui semblait vouloir dire : « Ca vous étonne, hein ? ».

Il est reparti et a disparu dans la forêt. Plus tard, mes parents m’ont rappelé un fait que j’avais oublié : le soir, on entendait des cris de bêtes sauvages, mes parents pensaient à un chien errant, mais ne savaient pas exactement.
La bête était très massive, un mètre quatre-vingt-dix, mais courbée. Elle ne se tenait ni comme un homme, ni comme un singe, entre les deux. Il n’était pas du tout agressif, et avait vraiment un regard humain. C’était en plein jour, et toutes les deux, on a dessiné la bête après cet incident, exactement la même chose. Ce n’est que bien plus tard que j’ai vu pour la première fois un nasique à la télévision. J’ai tout de suite fait des recherches, et constaté que ça ne pouvait pas en être un, car les nasiques ne sont pas de taille humaine. Il marchait courbé vers l’avant, avait l’air d’être assez lourd, et contrairement à tous les sasquatchs que j’ai pu voir sur internet ou à la télé, celui-là n’avait pas un pelage abondant et foncé, mais un poil ras et clair. Je me souviendrais toute ma vie de son regard, il paraissait d’une intelligence supérieure, je ne saurai pas dire pourquoi. Mais en même temps, pas effrayant, au contraire. Pour résumer, un gentil nasique géant.

Questionnaire de Philippe Coudray

Le visage :

Voyait-on le blanc des yeux ?

Non, il me semble qu’on ne voyait pas le blanc des yeux, mais son regard était très perçant, pas un regard fuyant. J’ajoute que c’était un regard doux, rassurant, comme si la bête ne voulait pas nous effrayer.

Les lèvres étaient-elles épaisses, minces ou absentes ?

Les lèvres étaient minces.

Le visage était-il imberbe ?

Oui, le visage était imberbe, mais entouré de poils ras, beiges.

Couleur de la peau ?

La couleur de la peau était exactement celle d’un nasique.

Présence ou non d’un goitre (sac vocal comme les orang-outans) sous le menton ?

Pas de goitre.

Arcades sourcilières ?

Arcades sourcilière peu proéminentes.

Menton visible ou fuyant ?

Menton visible.

Front haut ou fuyant ? couvert de poils ?

Front très court, recouvert de poils ras à son sommet.

Présence de cheveux ?

Présence de poils et non de cheveux.

Oreilles ?

Oreilles non visibles.

Longueur du nez ?

Gros et long nez (mais pas autant qu’un nasique male, et plus gros qu’un nasique femelle).


2 – Le corps :

Bras normaux, plus courts, ou plus longs que chez l’homme ?

Bras plus longs que chez l’homme.

Torse plat ou bombé ?

Torse bombé, puissant.

Ventre plat ou volumineux ?

Ventre très volumineux.

Présence d’un cou ou tête enfoncée dans les épaules ?

Tête enfoncée dans les épaules.

Apparence musclée ?

Apparence musclée.

Callosités aux genoux ?

Je n’ai pas fait attention à ses genoux.

Comment étaient les pieds ? Comment étaient les mains ?

Ni à ses pieds, ni à ses mains.

Le sexe était-il visible ? Si oui, mâle ou femelle ? Différence avec l’homme ?

Le sexe n’était pas visible. J’ai juste vu son postérieur rouge et proéminent.


3 – Les cris :

Description des cris entendus.

Ce sont mes parents qui se souviennent de ces cris. Ils avaient peur de fermer les volets le soir car il fallait sortir pour le faire, et ils ont vu un chien sauvage. Ils ne m’en ont pas dit plus.

Portrait-robot de la bête de Belleville (par Philippe Coudray)

5 commentaires

  1. Un berger m’as raconté qu’un « homme des bois » vivrait toujours dans la vallée de la Roudoule (06), on en voyais autrefois des familles qu’il disais.

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  2. Merci de votre retour Vladimir.

    Nos recherches nous ont amené des témoignages dans le massif de la Chartreuse, des Ecrins, du Valbonnais, voir du Vercors… Mais nous n’avions pas d’infos encore sur la vallée de la Rodoule (au pied du Mercantour).

    N’hésitez pas à m’en dire un peu plus sur ce témoignage fort intéressant !

    Cordialement,

    Florent Barrère
    florent.barrere@gmail.com

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