L’Ă©trange photographie du Verdon
     Afin de revenir, une fois nâest coutume dans les rĂ©centes enquĂȘtes de Strange Reality,  sur lâhistoire oubliĂ©e et quelque peu bafouĂ©e du petit peuple en France, existe-t-il des traces de ces crĂ©atures Ă©tranges dans les Alpes du Sud, et notamment en Provence ?
     Les Grecs, en fondant Massilia au VIĂšme siĂšcle avant J.C, Ă©voquaient dĂ©jĂ les « Pitikos », une population pygmĂ©e hantant lâarriĂšre-pays, et qui nâest pas sans rappeler le peuple Ligures, arrachĂ© Ă lâoubli du temps dans un prĂ©cĂ©dent article.
     Au-dessus du Vintimille, Ă la frontiĂšre franco-italienne, le cryptozoologue aguerri Jean Roche a patiemment collectĂ© des tĂ©moignages circonstanciĂ©s des annĂ©es 1990 sur lâ« Homme-gorille de Voronov » (site Internet Daruc, 2005).
Dans lâarriĂšre-pays niçois, un lecteur assidu du blog, Vladimir Olovsky, nous a fait part de ses discussions Ă bĂątons rompus avec un berger de Puget-Rostang qui voyait Ă lâoccasion un homme sauvage mĂąle solitaire et trĂšs craintif, surnommĂ© familiĂšrement « Baba ».
La Provence entretien un historique riche avec lâhomme sauvage, mais le site le plus prometteur est sans conteste possible le Parc naturel du Verdon, agrĂ©gĂ© autour du magnifique lac de Sainte-Croix, immense Ă©tendue dâeau turquoise Ă©tincelante !

La photographie mystĂ©rieuse dâun nain sauvage
Le site touristique des gorges du Verdon, trĂšs apprĂ©ciĂ© des kayakistes, est le théùtre de plusieurs tĂ©moignages dâhommes sauvages, dont lâun des plus probants remonte aux annĂ©es 1980. Nous devons Ă la sagacitĂ© de notre collĂšgue Christian Le NoĂ«l lâexhumation de ce tĂ©moignage, glanĂ© dans le Bulletin dâune association de la ville provençale de Digne-les-Bains (Pedro, « Lâhomme du Grand Canyon », Turlututu n°4, Juin 1982) : « Au-dessus de la corniche, je vis alors un bipĂšde entre lâhomme actuel et le singe. Jâavais repris mon sang froid. Je lâobservais scrupuleusement. Or, dâun bond, il sauta Ă mes pieds en grognant de plus belle, il se rua sur mon sac quâil arracha de mes Ă©paules et fouilla le tout sans prĂȘter attention aux laniĂšres qui le fermaient. Velu des pieds Ă la tĂȘte, ses immenses yeux noirs nâĂ©taient pas allumĂ©s de vengeance ni de dĂ©sir de meurtre. Bien au contraire, il avait lâair piquĂ© dâune certaine curiositĂ©. En fait, je ne lâintĂ©ressais pas. Il sâempara simplement du pain, des tomates et des oranges et « Lâhomme du Grand Canyon » partit en trottinant et en grognant. Il escalada des rochers abrupts avec une surprenante agilitĂ© et disparut dans les bois ».
     Ce tĂ©moignage, trĂšs surprenant, piqua la curiositĂ© de Christian qui enquĂȘta sur une autre affaire qui agita les gorges du Verdon au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle : la photographie oubliĂ©e et mystĂ©rieuse dâun nain sauvage Ă Comps-sur-Artuby.

Le secteur Ă©tait connu au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle pour une piĂšce historique importante : une stĂšle reprĂ©sentant un nain dans la chapelle rupestre de Saint-Trophisme. Cet indice matĂ©riel local, dâune valeur historique inestimable, est dĂ©sormais Ă©garĂ©.

Dans lâhistoire locale de Castellane et de ses alentours, ses nains, trĂšs discrets et furtifs, aux mĆurs nocturnes, Ă©taient accusĂ©s dâenlever des gens aux champs que lâon ne revoyait jamais. ExcĂ©dĂ©, le maire du village de Castellane aurait fait poser une lourde grille cadenassĂ©e sur lâentrĂ©e de leur antre rocheuse afin de les empĂȘcher de sortir la nuit et de commettre des rapines et des exactions en tout genre.
     A quelques kilomĂštres de Castellane, Ă Comps-sur-Artuby, une histoire comparable Ă celle de Mouton-Bourre et Joues-Noires apparaĂźt dans les archives du dĂ©but du XXĂšme siĂšcle : deux spĂ©cimens velus Ă l ‘apparence humaine, de petites tailles, ont Ă©tĂ© aperçus dans une grotte avant dâĂȘtre capturĂ©s par les villageois. Ces deux misĂ©rables crĂ©atures furent conduites en cellule Ă la gendarmerie de Comps-sur-Artuby. Dans un Ă©tat de tristesse inquiĂ©tant, ne sâalimentant plus et se laissant dĂ©pĂ©rir Ă petit feu, les deux Ă©nigmatiques nains furent relĂąchĂ©s dans un gouffre prĂšs de Trigance, pris en pitiĂ© par les gendarmes (et peut-ĂȘtre un peu par superstition).
     Or, fait incroyable, une photographie dâĂ©poque de cette capture existerait, arrachĂ©e de lâoubli du temps par lâĂ©crivain Didier Audinot, qui se passionnait pour le patrimoine surnaturel des rĂ©gions et de l’histoire de France, auteur d’innombrables ouvrages sur le sujet. Ce document photographique montrerait lâune des deux petites crĂ©atures, entiĂšrement nue, tĂȘte baissĂ©e, jambes arquĂ©es, encadrĂ©e par deux gendarmes et tenue en laisse dans les rues de Comps-sur-Artuby.

     Notre collĂšgue Jean-Luc Drevillon a conduisit une premiĂšre analyse de cette image, et en tira quelques conclusions trĂšs pertinentes : « Jâai effectuĂ© une analyse de la photo avec une application permettant de dĂ©tecter si une image est trafiquĂ©e. On perçoit une anomalie dans la trame de compression de lâimage dans lâendroit oĂč se trouve le velu mais elle est trĂšs faible, pas suffisante pour signer un trucage numĂ©rique, mais peut-ĂȘtre suffisante pour indiquer un trucage analogique (silhouette de velu en papier collĂ© avec du scotch). Ce nâest que mon avis personnel, il faudrait soumettre cela Ă un vĂ©ritable expert en analyse dâimage. Cette image est peut-ĂȘtre truquĂ©e mais ce trucage a Ă©tĂ© fait avec des ciseaux et du scotch, ce nâest pas un trucage numĂ©rique ».


Conclusion
     Alors, cette photographie du XXĂšme siĂšcle, si elle ne semble pas retouchĂ©e rĂ©cemment par lâabsence totale dâartĂ©facts numĂ©riques, a-t-elle trafiquĂ©e Ă « l’ancienne »Â ? Et cela dans quel but ? Ou bien est-elle plus simplement une authentique photographie ? Dans ce cas, serait-il pertinent de poursuivre les travaux dâenquĂȘte sur le terrain en se rendant aux archives municipales de Comps-sur-Artuby ?
     Plus mĂ©ridionaux que les carcaris du Valbonnais et les bretous du Valgaudemar, les nains velus des gorges du Verdon seraient-ils le nouveau fil dâAriane Ă suivre dans nos recherches sur le « petit peuple » ? Chers lecteurs de Strange Reality, je vous remercie dâavoir lu attentivement ce bref prolongement au dossier du « Nain des Alpes », qui en constitue lâĂ©pilogue, en vous invitant bien sĂ»r Ă nous transmettre toutes informations que vous jugerez utiles sur les traces du « petit peuple » en Provence. Â


Bonjour,
Merci pour cet article, merci pour ce lien sur mon site. Mais je me suis contentĂ©, sur l’affaire de Vintimille (Sealza plus prĂ©cisĂ©ment, dans la montagne au-dessus), de reprendre des articles de presse fournis en bloc par François de Sarre (si je me souviens bien) dont je donne les rĂ©fĂ©rences. J’ai regroupĂ© des cas d’Europe occidentale, in English, sur la page http://pagesperso-orange.fr/daruc/westeur.htm
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Merci, mon cher Jean Roche, pour tes encouragements ! Ton travail de documentation sur les hommes sauvages en France est tout Ă fait remarquable ! Tu as su exhumer des rapports rares et si prĂ©cieux. Merci pour ton soutien sur ce blog ! L’Ă©quipe de Strange Reality
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The creature in the picture appears to be a young chimpanzee.
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Thank you for your comment! Enjoy the article! The corpulence is little more larger than a chimpanzee, don’t you think? Thank you for animate the problematic.
Cheers,
Strange Reality
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L’uniforme des gendarmes semble bien correspondre Ă l’Ă©poque 1904-1914 (kĂ©pi plus haut derriĂšre que devant, avant c’Ă©tait un bicorne, aprĂšs un kĂ©pi rigide comme on le voit encore chez les militaires).
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Oui, effectivement.
Merci Jean-Roche pour votre analyse et votre Ă©rudition. D’aprĂšs les sources Ă ma disposition (Bulletin des Amis de la BĂȘte du GĂ©vaudan), l’incident impliquant un couple de ces nains velus (dont l’un des deux est prĂ©sent sur le clichĂ© photographique) remonte au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle. Les incidents affectant une commune voisine, Castellane, remonterait plutĂŽt Ă 1880 (Trente annĂ©es auparavant). C’est Ă peu de choses prĂšs la mĂȘme « tranche historique » (1880-1910) que celle des Bretous du Valgaudemar, un peu plus au nord des Alpes (Massif des Ecrins).
Cordialement,
Strange Reality
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Cette histoire m’a d’autant plus Ă©tonnĂ©e que j’ai de la famille Ă trigance, je vais leur en parler.
Merci beaucoup
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Merci Bernard pour votre lecture de l’article et votre soutien. Je vous encourage Ă glaner des informations dans ce secteur gĂ©ographique, moins explorĂ© sur l’homme sauvage que le Valgaudemar et le Valbonnais, mais si prometteur !!! Tenez nous au courant,
L’Ă©quipe de Strange Reality
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